Le baleinier islandais ne chassera pas cette année

Kristjan Loftsson, magnat de l’industrie de la pêche en Islande, massacre des rorquals communs dans le cadre de la chasse commerciale depuis une dizaine d’années.Alors que la nuit tombe sur Tokyo, l’heure est aux réjouissances aux quatre coins du globe, et pour cause : Kristjan Loftsson, le très controversé chasseur qui se consacre depuis dix ans à ressusciter le commerce international de viande de baleine, a décidé de ne pas chasser de rorquals communs, une espèce protégée, cette année.

Il s’agit là d’une excellente nouvelle, aussi bien pour les baleines que pour l’Islande. Cette fière patrie au patrimoine viking n’ayant jamais eu un goût prononcé pour la viande de rorqual, M. Loftsson a déboursé des sommes importantes au cours des dernières années pour exporter sa marchandise au Japon, en espérant que le marché nippon aurait plus d’appétit.

En 2014, M. Loftsson a tenté d’exporter 2 000 tonnes de viande de rorqual commun malgré la faible demande et l’opposition des Islandais et de la communauté internationale.

Mais il semblerait bien que la demande de viande de baleine soit aussi sur le déclin au pays du soleil levant. D’ailleurs, l’industrie la plus profitable autour des cétacés aujourd’hui est l’observation des baleines, une forme d’écotourisme qui préserve la vie des baleines et génère de confortables revenu pour les communautés d’Islande, du Japon, de Norvège et des 116 autres pays et territoires s’opposant à la chasse à la baleine.

IFAW, ses partenaires islandais, et tous les bénévoles qui travaillent sur la question se réjouissent de cette heureuse nouvelle. Nous nous opposons depuis longtemps à la chasse à la baleine menée par M. Loftsson, et ne pouvons donc aujourd’hui que le féliciter pour sa décision, qui profitera à l’Islande, aux baleines et aux millions de personnes dans le monde entier qui s’intéressent aux cétacés et à ce beau pays.

Comme le dit si bien mon ami de longue date Vassili Papastavrou, ancien spécialiste des cétacés chez IFAW qui a encadré les premières études de faisabilité sur l’observation des baleines en Islande il y a deux décennies, les animaux, les hommes et l’économie des régions côtières ne peuvent que mieux se porter « lorsque les baleines sont admirées et non pas chassées ».

Patrick Ramage

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