VIDÉO : Victoire majeure pour les requins et les raies lors de la 11ème session de la CMS en Équateur

Plusieurs décisions historiques viennent d'être prises en faveur des requins et des raies à l’occasion de la onzième réunion de la Conférence des parties de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS), qui s'est tenue début novembre à Quito, en Équateur.

Six espèces de requins et quinze espèces de raies dont le statut de conservation a été jugé critique ont ainsi été inscrites à l’Annexe II de la CMS.

Les Parties à la CMS ont également mis un point d’honneur à renforcer la coopération au niveau international pour améliorer la protection de ces espèces.

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Cette décision d’envergure mondiale constitue une avancée majeure : les squales circulant librement dans les océans et les mers du globe, les législations nationales destinées à les protéger ne présentent en effet que peu d’intérêt.

En outre, l’inscription de ces nouvelles espèces à l’une des Annexes de la CMS permet de faire lumière sur la détresse de ces animaux, dont les populations s’amenuisent dramatiquement depuis plusieurs dizaines d’années déjà.

Au moins 74 espèces de requins sont aujourd’hui considérées en voie d’extinction, et ce chiffre est probablement supérieur si l’on tient compte du manque cruel de données concernant les populations de squales. Le nombre de requins appartenant à ces espèces a diminué d’au moins 80 % depuis les premiers recensements, avec les terribles répercussions que cela suppose pour l’écosystème.

Nous nous réjouissons donc de voir ces six espèces de requins et quinze espèces de raies protégées de la sorte.

Mieux, les quinze espèces de raies (raie manta du prince Alfred, neuf espèces de raies du genre Mobula et cinq espèces de poissons-scies plus précisément) ont également été inscrites à l’Annexe I de la CMS, si bien qu’elles bénéficieront désormais du plus haut niveau de protection de la convention.

La plupart d’entre elles sont menacées d’extinction. Pour ne rien arranger, les données sur leurs populations sont ici aussi lacunaires. Malheureusement, leur nombre semble se réduire comme peau de chagrin, rendant rapidement obsolètes tous les recensements effectués par les chercheurs.

Le développement à outrance des pratiques de pêche et l’augmentation de la demande en branchiospines des praticiens de médecine chinoise traditionnelle sont les deux principaux facteurs pesant sur leur survie depuis quelques années.

Ce fléau d’envergure mondiale ne pourra être endigué sans qu’une solution à l’échelle internationale ne soit mise sur la table. L’inscription de ces espèces à l’Annexe I de la CMS est en ce sens une décision judicieuse et pertinente et je suis ravi que les décisionnaires du monde entier aient mis à profit leur influence et leurs compétences afin de parvenir à un accord, ici à Quito, permettant de mieux protéger ces animaux. Les raies ont désormais une chance de survie face aux massacres incessants dont elles sont victimes depuis plusieurs années.

Et il était temps : les raies sont de moins en moins nombreuses dans nos océans, et il n’existe malheureusement aucune réserve de raies cachée dans une mer lointaine du globe. Pour ne rien arranger, ces espèces ont un taux de reproduction extrêmement faible. La pêche, même à un niveau modéré, constitue donc pour elles une menace sérieuse.

IFAW salue tout particulièrement les Îles Fidji et le Kenya pour avoir proposé l’inscription des raies aux Annexe I et II de la CMS, ainsi que l’Équateur, l’Égypte, le Costa Rica et les pays membres de l’Union européenne pour leurs prises de position en faveur d’autres espèces animales.

Ralf Sonntag

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