Une initiative pour prévenir les catastrophes en Birmanie

Photo © IFAW/M.Felix

La mousson a déjà commencé en Birmanie. Ce blog nous parvient tout juste de notre partenaire Maiken Olsen, qui fait part de son expérience après le passage du cyclone Komen, sa première expérience de mobilisation, et raconte les visites qu'elle a rendues ultérieurement aux villages locaux pour les aider à monter un projet de prévention des risques de catastrophes naturelles. Vivant en Norvège, Maiken est la co-fondatrice de l'organisation Giving a Future Animal Aid (GAF), qui œuvre en Birmanie. IFAW et GAF travaillent en collaboration pour aider les animaux victimes des inondations.--JG

Il est difficile de décrypter les émotions d’une vache. C’est un animal immobile, toujours calme, qui mâche impassiblement de l'herbe. Je ne parviens pas à imaginer ce que peut ressentir une vache immobilisée dans l'eau pendant deux semaines, la peau s’irritant.

Pourtant, malgré ces conditions difficiles, les premières vaches que nous avons secourues lors des inondations sont restées auprès de leurs maîtres, au sein des fermes qu'elles permettent de faire vivre. Dans la région rizicole de la Birmanie, les vaches sont utilisées pour labourer les champs, et la survie des populations pauvres en dépend entièrement. Ces dernières vivent dans des plaines sujettes chaque année aux inondations, et ne peuvent se réfugier dans les hauteurs.

Contrairement aux animaux légers qui peuvent se réfugier dans les maisons surélevées et dans les granges, les vaches, elles, sont trop lourdes pour grimper.

En août 2015, juste après les inondations, nous nous sommes rendus dans un village où 70 personnes s'étaient blotties dans la salle d'un petit monastère avec leurs poules, leurs porcs et leurs chiens pendant deux semaines. Deux interminables semaines, durant lesquelles les villageois sont restés cloîtrés dans une salle, essayant d'échapper tant bien que mal à près de trois mètres d'eau stagnante, et le bétail contraint de rester dehors, de l'eau jusqu'au cou. Certains animaux n'ont pas pu résister et sont morts, exténués.

Dans la région d'Ayeyarwady, la plupart des villageois ne possèdent qu'une ou deux vaches, qu'ils nomment et traitent comme des membres de leur famille. Pendant les inondations, les fermiers tentaient désespérément d'aider leurs vaches à garder la tête hors de l'eau, ne disposant d'aucun moyen pour les soulever.

Même si la situation semblait moins désespérée après les crues, toute la région a été touchée par une pénurie de nourriture pendant trois mois, à cause de la dégradation des sols. D'autres vaches ont succombé ensuite aux maladies et à la malnutrition.

Là aussi, IFAW est intervenu. Étant l'une des premières organisations internationales de protection des animaux à intervenir en Birmanie après des années de totalitarisme, IFAW a collaboré avec le GAF et la Myanmar Veterinary Association (MVA) pour être invité à aider les fermiers dans la région du delta pendant et après la catastrophe.

L'inondation qui a touché la Birmanie en 2015 est la pire que le pays ait connue en un siècle, et les pertes animales enregistrées chaque année sont un vrai dévaste pour l'économie locale.

Nous devions donc absolument penser à une stratégie sur le long terme. C'est pourquoi une deuxième évaluation a été menée en décembre 2015. Les villageois ont été consultés sur leurs besoins et un Comité d'intervention d'urgence a été mis en place pour commencer à réfléchir à la construction d'une plateforme terrestre où les villageois pourraient abriter le bétail en cas d'inondation.

C'est une idée toute simple, mais dans une région dépourvue de collines et de vallées, elle peut sauver des vies. Nous l'avons baptisée « projet terre d'asile ».

Grâce à notre collaboration avec le ministère de l'élevage, du bétail et des soins vétérinaires (LBVD), nous avons obtenu un terrain en janvier et les travaux ont commencé au cours des mois suivants. Le lieu choisi pour le projet pilote se trouve dans la zone la plus touchée par les inondations de la commune d'Ingapu, dans le district d'Hinthada. Les 10 villages de la commune se situent entre deux rivières, ce qui complique le déplacement du bétail.

Nous sommes impatients de voir comment cette nouvelle plateforme et les bateaux de transport vont changer la vie des villageois et de leurs fidèles compagnons au cours des prochaines années.

Le projet terre d'asile n'en est qu'à ses débuts ; il nous faudra un an pour en faire un vrai refuge, mais nous ne manquerons pas de vous envoyer des nouvelles de notre initiative et des formations que nous organiserons après la saison des pluies.

Maiken Olsen

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Conseiller principal en matière de programmes
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Brian Sharp, Chargé des interventions d'urgence, coordinateur échouages
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Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone
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Responsable du sauvetage d’animaux sauvages, siège d’IFAW
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Vétérinaire, Docteur
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Katie Moore, Vice-présidente adjointe, Conservation et bien-être animal
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Loïs Lelanchon, Chargé du programme Sauvetage des animaux
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Manager du programme Interventions d’urgence
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Valeria Ruoppolo, Vétérinaire d’IFAW
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Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
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