Un projet collaboratif au secours des mammifères marins victimes d’échouage

Un projet collaboratif au secours des mammifères marins victimes d’échouage
Jeudi, 18 Janvier, 2018
Washington, DC

Chaque année, des centaines de dauphins, de baleines, de marsouins et de phoques s’échouent sur les côtes du monde entier. Pour ceux qui touchent terre encore en vie, l’issue ne s’avère heureusement pas toujours fatale, car des réseaux de scientifiques, de vétérinaires et de volontaires s’organisent pour leur sauver la vie. Lors de ces opérations de sauvetage, les scientifiques s’arrangent également pour chercher les raisons qui ont poussé ces animaux à s’échouer. Grâce à ces efforts de recherche, ils ont fait d’intéressantes découvertes sur le rôle des mammifères marins dans leur écosystème, ont pu identifier des maladies émergentes comme des zoonoses et nourrir leurs travaux sur l’histoire naturelle, l’aire de répartition, les données biologiques et la santé des populations endémiques de mammifères marins. L’étude des animaux vivants et morts a, en outre, permis d’importantes avancées en matière de soin et de traitement des animaux échoués, lesquels survivent désormais mieux à ce type d’épreuves, sans parler des avantages que cela apporte à la conservation et à la gestion des espèces de mammifères marins au niveau mondial.

Cependant, plusieurs kilomètres de littoral n’ont encore jamais fait l’objet de recherches malgré les échouages qui s’y sont produits. Abandonnés à leur sort, les animaux en détresse ne sont jamais secourus à temps et, avec eux, d’innombrables données précieuses pour la science se retrouvent perdues. Pour remédier à cela, plusieurs scientifiques renommés d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) et de l’organisation The Marine Mammal Center (TMMC) se sont engagés ces dernières années à améliorer les opérations de sauvetage des mammifères marins échoués dans le monde, afin d’augmenter leurs chances de survie et faire avancer la recherche dans ce domaine.

« En près de 20 ans, l’équipe de sauvetage des mammifères marins d’IFAW est parvenue à augmenter le taux de survie des espèces échouées de 14 % à 75 %. En nous alliant à NOAA et TMMC, nous souhaitons partager nos enseignements et monter un réseau international d’intervenants capables de sauver davantage de vies et renforcer nos connaissances sur les mammifères marins », a déclaré Katie Moore, vice-présidente adjointe de la conservation et du bien-être animal chez IFAW.

Même si ce partenariat s’avère être différent, nous n’en sommes pas à la première initiative de ce genre. Des spécialistes des mammifères marins se sont en effet déjà rendus à plusieurs reprises dans des régions stratégiques pour y effectuer des formations sur les protocoles d’intervention d’urgence. Malgré toute la bonne volonté dont ces scientifiques ont fait preuve, leurs formations ponctuelles se sont révélées inefficaces et n’ont pas permis de constituer des réseaux durables. Par ailleurs, d’après le Dr. Mridula Srinivasan, directeur de la branche des espèces protégées du Bureau des sciences et technologies de la NOAA : « Nous n’étions pas satisfaits des contenus et des ressources de formation qui étaient beaucoup trop denses et complexes pour les stagiaires ou les débutants  auxquels font appel les pays qui tentent de se constituer un réseau d’intervention. »

En 2014, plusieurs responsables du partenariat d’intervention de la NOAA, d’IFAW, de TMMC et d’autres institutions se sont réunis pour remédier à ce problème et développer un modèle de constitution des réseaux de sauvetage de mammifères marins de leur création à leur évolution et croissance sur le long terme. Plus de 34 experts provenant de 12 pays différents ont ainsi contribué à achever la première étape de ce programme, laquelle s’est conclue par la création d’une plateforme d’enseignement sur le sauvetage des mammifères marins échoués, intitulée GMAST (www.gmast.org). Ce portail fournit quelques outils élémentaires pour s’initier à la recherche et au sauvetage des mammifères marins échoués. On y trouve notamment des protocoles à respecter en cas d’intervention sur le terrain, des notions de base sur l’euthanasie et le sauvetage des baleines, des conseils sur les soins à apporter aux animaux en vie et des guides de recherche sur les animaux décédés. Toutes ces données sont mises à disposition gratuitement, moyennant une inscription sur le site https://darchive.mblwhoilibrary.org/handle/1912/8695. Le principal avantage de cette plateforme est qu’elle permet aux réseaux émergeants d’accéder à des conseils d’experts dans de nombreux domaines relatifs au sauvetage des mammifères marins.

Le portail GMAST ne propose pas seulement un ensemble de formations et de protocoles, il fournit aussi un plan détaillé de développement aux réseaux qui souhaitent s’établir, en leur conseillant des cursus de formation adaptés, un programme de recrutement et de formation de volontaires ainsi que des protocoles d’intervention sur le terrain et de collectes de données.L’objectif est de partager les bonnes pratiques en matière de sauvetage des mammifères marins échoués et de permettre aux intervenants du monde entier de s’équiper et de se former afin de devenir à leur tour des passeurs de savoir. À mesure que le réseau grandira, les équipes d’experts se consolideront pour partager leurs connaissances et leur expérience et ainsi donner naissance à une véritable communauté internationale d’intervention, capable d’identifier et d’appréhender les menaces pesant sur les populations de mammifères marins pour mieux les contrer.

Même si nous sommes encore à la phase de déploiement et d’évaluation de l’outil, nous lançons déjà un appel au soutien pour entamer la deuxième phase du programme, qui consistera à proposer des contenus de formation intermédiaires afin que les réseaux puissent progresser dans leur enseignement. Nous souhaitons faire de ce portail un outil de formation ouvert à tous et entretenu en permanence par une équipe centrale d’experts, afin que nos partenaires locaux puissent constituer des réseaux de sauvetage dans le monde entier le plus rapidement possible.

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