Sauvetage de deux éléphants orphelins dans deux parcs zambiens

EOP

Ce week-end, le personnel du Projet d’orphelinat pour les éléphants (POE) de Game Rangers International (GRI), partenaire d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), a sauvé deux éléphants orphelins en proie à une grande détresse.

Un des éco-gardes du parc national de Mosi-oa-Tunya, pensant avoir repéré un orphelin, a suivi l’éléphanteau plusieurs jours durant pour savoir s’il errait bien sans sa mère. Il a remarqué que le petit essayait de s’intégrer à un autre troupeau, mais en vain car, comme cela arrive souvent, le troupeau n’a cessé de le rejeter. En effet, le lait est une ressource précieuse, que les femelles adultes se gardent bien de partager avec le petit d’une autre.

Une équipe dirigée par le Dr. Innocent Ng’ombwa du Département des parcs nationaux et de la faune sauvage (DNPW) s’est alors mobilisée pour inoculer un sérum anesthésiant à l’éléphant. Mais alors qu’ils s’apprêtaient à tirer, ils se sont aperçu qu’un jeune éléphant du troupeau voisin se démenait de toutes ses forces pour se défaire d’un piège qui lui meurtrissait la patte droite. L’équipe a alors aussitôt changé son fusil d’épaule et décidé d’endormir l’éléphant blessé afin de lui retirer le piège, de soigner sa blessure et de le remettre sur pattes avant de s’occuper à nouveau du petit orphelin, qui s’était éloigné du troupeau dans la confusion.

L’équipe a retrouvé l’orphelin en moins de dix minutes. Une fois que la fléchette tranquillisante a atteint sa cible, les effets du sérum n’ont pas tardé à se faire sentir et l’éléphanteau s’est endormi à proximité de la ligne de chemin de fer de Nanji.

Pendant deux jours, l’équipe a apporté des soins au petit éléphant âgé d’environ un an et demi directement dans le parc national, où elle a pu l’observer alors qu’il broutait de l’herbe et buvait de l’eau et des électrolytes dans un seau. Cette étape s’est avérée cruciale car il souffrait de malnutrition et de déshydratation, et il fallait absolument qu’il reprenne des forces avant d’entamer son long voyage vers le refuge pour éléphants Lilayi du POE.

24 heures après son arrivée, Njanji – c’est ainsi qu’il a été baptisé – a commencé à nouer des liens avec son gardien Elvis. Cette relation vitale lui a donné la volonté de survivre.

 

Une fois que l’éléphant est monté dans la remorque du DNPW, son transfert vers le refuge de Lilayi a pu commencer. Le voyage s’est déroulé sans encombre, et malgré l’agitation causée par le transport, il est parvenu à se calmer en 24 heures et n’a pas tardé à montrer des signes d’affection aux gardiens et à accepter le lait qu’on lui donnait au biberon : un signe très encourageant.

Mais à peine Njanji a-t-il commencé à prendre ses marques au refuge que le POE a reçu un nouvel appel d’urgence, qui provenait cette fois-ci du parc national de Kafue. Des équipes du DNPW et du centre de réhabilitation de Kafue participant au POE ont alors été dépêchées sur place et sont revenues au refuge avec un orphelin âgé de deux ans et demi, lui aussi en état de déshydratation et de malnutrition.

L’arrivée du nouvel orphelin a beaucoup attisé la curiosité du troupeau de réhabilitation, qui s’est empressé de retourner dans le boma, l’enclos où les éléphants se réfugient pendant la nuit. La matriarche du troupeau a même longé la clôture pour renifler le nouveau venu et échanger quelques barrissements avec lui. Quant au jeune Zambezi, il était très réticent à l’idée de quitter le boma le lendemain matin pour sa promenade quotidienne, bien trop intrigué par l’arrivée de ce nouveau compagnon d’infortune.

Le petit a été baptisé « Mwembwe », en souvenir de Namwembwe Hill, la montagne où il a été trouvé.

 

Les orphelins sont encore à un stade précoce de leur réhabilitation et la semaine prochaine sera décisive. Ils doivent continuer à boire les biberons de lait que nous leurs administrons pour ingérer tous les nutriments nécessaires à leur rétablissement et combler ainsi le manque de lait maternel.

Mwembwe est déjà tombé une fois d’épuisement et les deux petits sont surveillés en permanence. Ils resteront enfermés jusqu’à ce que les vétérinaires leur permettent de sortir.

Dans les deux cas, nous ne savons pas comment les éléphants sont devenus orphelins, mais il est certain qu’une mère éléphant n’abandonne jamais son petit, sauf en dernier recours, lorsque sa santé est en jeu ou qu’elle n’est plus en mesure de le nourrir en raison des conditions de vie difficiles.

Aujourd’hui, la recrudescence du braconnage d’éléphants (qui prend souvent pour cible des mères en période d’allaitement) à travers le continent et cette saison particulièrement sèche nous amèneront probablement à intervenir davantage pour sauver des orphelins.

Le Projet d’orphelinat pour les éléphants (POE) de GRI tient à remercier le personnel dévoué du Département des parcs nationaux et de la faune sauvage, qui a travaillé sans relâche pour assurer la sécurité et le transport des orphelins une fois localisés. Nous remercions tout particulièrement Dr. Innocent Ng’ombwa, Dr. Jackson Katempi, M. Mwale, directeur du parc national de Mosi-oa-Tunya, M. Rabson Zimba, M. Elvis Likando, M. Ivan Sihubwa, M. Daka, directeur du parc national de Kafue, M. Charles Chongomoka, M. Daison Mwinga et M. Eric Mwanakezwa.

 Le Projet d’orphelinat pour les éléphants de GRI travaille en partenariat avec IFAW, la David Shepherd Wildlife Foundation et le Département des parcs nationaux et de la faune sauvage.

Rachael Murton

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