Lutter contre la cybercriminalité au Kenya

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La cybercriminalité, c’est un trafic d’espèces sauvages qui a migré sur internet et qui offre un marché beaucoup plus vaste, disponible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Cette pratique illégale ne connaît pas de frontière géographique et les criminels bénéficient d’un certain niveau d’anonymat.

IFAW mène des recherches sur le trafic d’espèces sauvages depuis 2004. Au cours d’une étude exhaustive menée en 2014, nous avons découvert en moins de deux mois que des dizaines de milliers d’espèces menacées, vivantes ou en parties, faisaient l’objet de transactions commerciales en ligne.

Ce rapport, Recherché : mort ou vif, a couvert ce trafic dans seulement 8 % des pays du globe, à travers l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Europe. Imaginez donc un instant l’ampleur que ce trafic revêt réellement tous les mois dans le monde entier…

À l’époque, ce rapport ne faisait aucune mention des pays d’Afrique. Mais comme internet se développe désormais à grande vitesse sur tout le continent et que les cybercriminels ont un accès quasi direct au terrain de chasse des braconniers, nous devons nous assurer que les autorités locales soient suffisamment bien équipées pour combattre et poursuivre ces malfaiteurs.

Le Kenya a fait preuve d’une grande détermination dans la lutte contre la cybercriminalité lors de la Conférence des Parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) qui s’est tenue à Johannesburg en 2016. Le pays peut en effet se targuer d’avoir obtenu l’aval de 183 pays pour soutenir sa proposition, qui plaide pour la répression sévère de la cybercriminalité envers les espèces sauvages via la mise en place de bonnes pratiques au sein des pouvoirs exécutifs et législatifs et en collaborant avec des entreprises du web.

Ces promesses ne tomberont pas aux oubliettes car quelques mois seulement après l’engagement public du Kenya pour lutter contre la cybercriminalité envers les espèces sauvages, les paroles se sont traduites par des actes. En effet, IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) et le Kenya Wildlife Service (KWS) ont collaboré pour former dès le mois de janvier une équipe de rangers kenyans sur la lutte contre la cybercriminalité envers les espèces sauvages.

La cybercriminalité envers les espèces sauvages constitue une grande menace pour la faune sauvage, notamment pour les éléphants, les rhinocéros, les reptiles et les oiseaux. Il est essentiel que tous les pays du monde renforcent leur appareil répressif pour empêcher que ces espèces ne se fassent capturer ou abattre et ne soient commercialisées sur les plus grands marchés internationaux.

Ce mois-ci, j’ai eu l’honneur de rencontrer certains de ces rangers qui font preuve d’un courage remarquable et prennent des risques sur le terrain pour prévenir le braconnage et arrêter et poursuivre en justice tous ceux qui profitent du massacre d’espèces menacées.

Tania McCrea-Steele

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