Les douanes thaïlandaises interceptent 4 tonnes d’ivoire

Les douanes thaïlandaises interceptent 4 tonnes d’ivoire
Mardi, 21 Avril, 2015
Bruxelles, Belgique

Alors que la semaine dernière, les douanes vietnamiennes saisissaient, à Hanoï, 65 kilos d’ivoire et 3 cornes de rhinocéros sur un vol parti de France, la presse de Bangkok rapporte que plus de quatre tonnes d’ivoire ont été saisies par les autorités thaïlandaises d’après les informations parues lundi. La valeur de la cargaison, qui compte 739 défenses d’ivoire, a été estimée à quelque 5,8 millions d’euros. En provenance de la République démocratique du Congo, elle était selon toute vraisemblance destinée aux marchés chinois, thaïlandais et vietnamien.

Paradoxalement, le délai accordé aux citoyens thaïlandais pour déclarer l’ivoire en leur possession arrivait à échéance lundi également. En effet, tout objet en ivoire non déclaré peut désormais faire l’objet d’une amende avoisinant les trois millions de bahts (82 125 euros). Plus de 150 tonnes d’ivoire auraient ainsi été déclarées auprès des autorités compétentes. « Les saisies d’ivoire sont toujours une bonne nouvelle dans notre combat contre le trafic d’ivoire et témoignent de l’efficacité des services de répression. Mais elles rappellent aussi l’ampleur du drame qui sévit en Afrique et qui voit disparaître chaque année plus de 35 000 éléphants. Et, malheureusement, cette tendance ne semble pas s’essouffler », précise Jason Bell, Directeur du programme Éléphants d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux).

« La Thaïlande prend désormais ses responsabilités dans la lutte contre le trafic international d’ivoire. Son marché légal en fait depuis longtemps l’une des destinations privilégiées des contrebandiers pour faire circuler l’ivoire illégal provenant d’Afrique », poursuit Jason Bell. « Les défenses d’ivoire qui viennent d’être saisies pourraient provenir du parc national de la Garamba, en RDC, lequel a perdu pas moins de 68 éléphants au cours des deux derniers mois. Le combat contre les réseaux internationaux de trafiquants de faune sauvage ne relève pas de la seule responsabilité des pays sources. D’une part, parce que le trafic d’ivoire est une activité d’envergure internationale aux multiples ramifications ; d’autre part, parce que les animaux victimes de ce commerce illégal font partie du patrimoine naturel mondial », conclut-il.

Brassant près de 17 milliards d’euros (19 milliards de dollars) de revenus annuels, le trafic des espèces sauvages est aujourd'hui la quatrième activité criminelle la plus lucrative au monde juste derrière le trafic de drogues, de contrefaçons et la traite d’êtres humains.

La majeure partie de l'ivoire de contrebande est destinée à l'Asie, et en particulier à la Chine, où cet « or blanc » tant convoité a connu une augmentation considérable de sa valeur en tant que support d'investissement. La quantité limitée d'ivoire légal acheté par la Chine lors de la vente de stocks de certains pays d'Afrique australe en 2008 a fait exploser la demande, encourageant ainsi le trafic de l'ivoire et le braconnage des éléphants pour répondre aux besoins du marché.

Dans le cadre d'une initiative internationale visant à renforcer les capacités de lutte contre ce trafic, IFAW forme les forces de l'ordre à la prévention du trafic d'espèces de faune sauvage dans de nombreux pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Océanie et des Caraïbes. Notre organisation a signé un mémorandum d’entente avec INTERPOL, le tout premier signé entre la Sous-direction sur la sécurité environnementale et une ONG. Les deux organisations ont collaboré sur de nombreux projets depuis 2005, et notamment en 2012 lors de la plus grande opération de lutte contre le trafic d’ivoire jamais menée par INTERPOL.

Note aux rédacteurs :

Dans son rapport la Nature du crime, préfacé par Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, et Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, IFAW rappelle la menace que représente le trafic pour les animaux tels que l’éléphant, le rhinocéros mais aussi pour les êtres humains.

Sont téléchargeables en pièce jointe l’infographie La nature du crime et des cartes interactives des saisies d’ivoire majeures dans le monde au cours des dernières années.

 

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