Sauvons la baleine franche de l’Atlantique Nord
Lire la suiteUne saison pleine d’espoir pour les baleines franches de l’Atlantique nord
Une saison pleine d’espoir pour les baleines franches de l’Atlantique nord
Alors que la saison de mise bas 2025-2026 prendra fin dans une dizaine de semaines, 22 baleineaux de baleines franches de l’Atlantique Nord ont déjà été recensés au large des côtes du sud-est des États-Unis. Un record inespéré, alors que le nombre de naissances observées était en berne depuis 15 ans. Ce chiffre représente une véritable victoire pour les baleines franches de l’Atlantique nord, une espèce très menacée.
D’après les estimations, il ne resterait que 380 baleines franches de l’Atlantique nord dans le monde, dont seulement 70 femelles en âge de se reproduire. La naissance de ces 22 baleineaux est donc très significative. Les experts affirment depuis longtemps qu’il suffit d’une vingtaine de naissances par saison pour maintenir la population actuelle. Même si le combat n’est pas encore gagné, la naissance de ces 22 baleineaux montre donc que les choses évoluent dans la bonne direction et que les baleines franches n’ont pas dit leur dernier mot
Un sursaut d’espoir
Ces baleineaux représentent bien plus qu’un chiffre prometteur. Ils incarnent la résilience, la détermination et le fruit de dizaines d’années d’efforts de conservation.
La baleine franche n° 4610, âgée de 10 ans, est devenue l’une des plus jeunes mères connues. Il s’agit d’un signe encourageant, qui montre que lorsque les menaces diminuent, les baleines parviennent à retrouver des rythmes de reproduction plus naturels. Magic (n° 1243) et Slalom (n° 1245), déjà mères à de multiples reprises, ont elles aussi eu un baleineau cette saison, illustrant l’impact puissant que peut avoir une baleine femelle sur son espèce lorsqu’elle survit pendant plusieurs décennies.
Il est intéressant de noter que des citoyens ordinaires ont également participé au recensement de ces 22 baleineaux. Ce sont en effet des plaisanciers qui ont signalé avoir aperçu Giza (n° 3020) en compagnie d’un baleineau au large des côtes de Caroline du Sud, soulignant la place importante qu’occupent l’observation publique et la science citoyenne dans la protection de cette espèce.
Une espèce qui remonte la pente
De la Floride à la Caroline du Nord, des femelles et leurs baleineaux occupent en ce moment les eaux côtières de toute la zone de reproduction des baleines franches. Leur présence dans une zone aussi vaste souligne à quel point il est important de protéger l’océan pour garantir la sécurité des baleineaux durant leurs premières semaines de vie. Grâce aux limitations de vitesse saisonnières mises en place au large des côtes du sud-est des États-Unis, les grands navires sont obligés de ralentir et les plus petits bateaux sont fortement incités à faire de même. Sachant qu’au moins 22 couples mère-baleineau peuvent être présents juste en-dessous de la surface, une vitesse réduite et une vigilance accrue peuvent faire toute la différence.
Des signes encourageants
Après des années de tendances inquiétantes, le fait que davantage de femelles mettent bas, à des intervalles plus rapprochés, est un véritable signe d’espoir. Ces dernières années, il n’était pas rare d’observer des intervalles de près de dix ans entre les naissances, sous l’effet des multiples pressions auxquelles sont confrontées les baleines franches : enchevêtrement dans des équipements de pêche, collisions avec des navires, déplacement des proies, pollution sonore… Cette saison, certaines femelles sont revenues mettre bas moins de cinq ans après la naissance de leur dernier baleineau. Il s’agit d’une évolution prometteuse, que nous allons suivre de près afin de comprendre les facteurs qui la favorisent.

À nous de jouer maintenant
Nous connaissons les menaces qui pèsent sur les baleines franches de l’Atlantique nord : ce sont principalement les collisions avec des navires et les enchevêtrements dans des engins de pêche, deux problématiques solidement documentées et évitables. Depuis 2017, les baleines franches sont victimes de ce que la NOAA appelle un « pic de mortalité inhabituel » : plus de 20 % de la population connue a été tuée ou gravement blessée pendant cette période.
Malgré ces menaces, les baleines franches semblent remonter la pente. Alors, plutôt que de nous laisser accabler par les problèmes qui persistent, voyons-y une opportunité de redoubler d’efforts pour mieux protéger les baleines. Cette saison, elles nous ont montré qu’elles étaient capables de rebondir, pour peu qu’on leur en laisse la chance.
Aux États-Unis, la loi sur la protection des mammifères marins (MMPA) protège tous les mammifères marins qui vivent dans les eaux américaines. Depuis son adoption en 1972, cette loi environnementale fondamentale a déjà contribué à prévenir l’extinction et à restaurer les populations de plusieurs espèces, y compris les baleines franches de l’Atlantique Nord.
Or, les législateurs américains envisagent actuellement de remettre en cause la MMPA, faisant planer le risque de réduire à néant un demi-siècle de progrès. Si cette décision était adoptée, il deviendrait plus difficile de protéger les baleines contre des menaces telles que les enchevêtrements et les collisions avec des navires. La charge de la preuve pèserait sur les scientifiques et les défenseurs de l’environnement et la nouvelle réglementation ferait pencher la balance en faveur des priorités commerciales, au détriment des mesures de protection.
Concrètement, un affaiblissement de la MMPA viendrait compromettre la survie des baleines au moment même où elles semblent prêtes à rebondir. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire.
Garder le cap
Pourtant, je garde espoir. Le nombre record de baleineaux recensés cette saison montre que nous pouvons changer la donne lorsque l’on agit rapidement, ensemble, en tenant compte des données scientifiques. Car la conservation n’est pas seulement l’affaire des responsables politiques et des scientifiques : c’est un combat dans lequel chacun peut jouer un rôle.
Le marin qui ralentit lorsque des baleines sont à proximité. Le pêcheur de homards qui teste des engins de pêche à la demande. Le baigneur qui signale une observation. Le décideur politique qui défend des mesures de protection fondées sur des faits scientifiques. Le sympathisant qui s’engage, qui signe une pétition et qui continue d’y croire, même lorsque la situation semble désespérée.
Les 22 baleineaux nés cette saison sont bien plus qu’un simple chiffre. Ils sont le signe que leur espèce peut encore se rétablir et qu’avec suffisamment d’engagement, les baleines franches de l’Atlantique nord ont une chance de s’en sortir.
Alors, d’ici à la prochaine saison de mise bas, continuons de nous battre pour leur offrir cette chance.
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