Le premier plan panafricain de lutte contre le trafic de faune et de flore voit le jour

Le premier plan panafricain de lutte contre le trafic de faune et de flore
Jeudi, 30 Avril, 2015
Brazzaville, Republic of Congo

Brazzaville, capitale du Congo, accueillait la semaine dernière de nombreux chefs d'État africains, représentants de gouvernements et experts scientifiques à l'occasion de la Conférence internationale sur l'exploitation illégale et le commerce illicite des produits de la faune et de la flore sauvages d'Afrique.

Avec 22 pays représentés au niveau ministériel, cette conférence témoigne clairement de la volonté des nations africaines d'adopter une politique de tolérance zéro à l'égard de la criminalité environnementale, et plus particulièrement du braconnage des éléphants et des rhinocéros et du commerce illégal d'espèces sauvages.

La conférence a accouché de la première stratégie et du premier plan d'action panafricains destinés à endiguer le trafic de faune et de flore sauvages.

« Comme révélé par le rapport d'IFAW de 2013, La Nature du crime, le trafic de faune et de flore sauvages détruit la biodiversité et les écosystèmes, sape le développement des communautés et met en péril les ressources économiques de millions de citoyens africains », explique Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone d'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux).

Céline Sissler-Bienvenu rappelle à cet égard l'étude coordonnée par la Wildlife Conservation Society en 2013, qui avait montré que 65 % de la population d'éléphants de forêt africains avait été tuée entre 2002 et 2013.

« L'éléphant de forêt d'Afrique a perdu chaque année 9 % de sa population au cours de la période d'étude en raison du braconnage », précise-t-elle.

Le Congo Brazzaville est depuis quelques années au cœur de la lutte contre le braconnage des éléphants. IFAW s'est associé au Ministère du développement durable, de l'économie forestière et de l'environnement (MDDEFE) du Congo dans le cadre d'un projet de trois ans visant à démanteler les marchés d'ivoire de contrebande du pays. Ce projet a vu le jour en 2012 et s'articule notamment autour de la sensibilisation des services de forces de l'ordre, de la coopération et du renforcement des capacités.

« En appelant à la tenue de cette conférence essentielle et en jouant un rôle clé dans son organisation, le Congo s'impose une nouvelle fois comme le fer de lance de l'Afrique dans la lutte contre la criminalité faunique », conclut Mme Sissler-Bienvenu.

Mercredi 29 mars, le Président du Congo, Denis Sassou-Nguesso, a embrasé l'intégralité des stocks d'ivoire du pays, soit cinq tonnes, devant une foule à laquelle le Président du Tchad, Idriss Déby Itno, s'était joint.

À l'occasion de cet événement, le Président Sassou-Nguesso a déclaré : «  Les forêts et la vie sauvage font partie du patrimoine africain. Hélas, elles disparaissent aujourd'hui à une vitesse alarmante. Nous avons le devoir de travailler ensemble, en tant que continent, pour protéger cette biodiversité unique, au nom des générations présentes et futures, et d'élaborer des solutions collectives et pertinentes pour mettre un terme à cette tragédie. »

La conférence de Brazzaville fait suite à la réunion de l'Union africaine qui s'est tenue le 23 juin 2014 à Malabo, en Guinée équatoriale, et au cours de laquelle l'urgence d'une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la criminalité faunique dans sa globalité s'était imposée. D'autres sommets sont également allés en ce sens, notamment la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement (CMAE), au Caire, et la conférence de Kasane sur le commerce illégal d'espèces sauvages, qui ont toutes deux eu lieu en mars dernier.

La stratégie et le plan d'action seront évalués lors de la prochaine réunion de l'Union africaine, qui devrait avoir lieu en Afrique du Sud en juin prochain.

Consultez le texte de la déclaration de Brazzaville.

En juin 2012, IFAW et le Ministère du Développement Durable, de l'Économie Forestière, et de  l'Environnement (MDDEFE) du Congo réunissaient plus de 20 cadres de la République du Congo. A l'issue de 3 jours de travail, les participants avaient posé les bases d'une initiative nationale sans précédent destinée à endiguer le commerce illégal de l'ivoire au Congo synthétisée et actée par les participants.

De janvier à mai 2013, INTERPOL et IFAW ont uni leurs forces pour déployer l'opération WENDI destinée à frapper les organisations criminelles responsables du trafic d'ivoire qui sévit en Afrique centrale et occidentale notamment en République centrafricaine, en République du Congo, en Côte d'Ivoire, au Libéria et en Guinée Conakry.

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