Le Japon sommé d’opter pour la recherche non létale alors que ses baleiniers se préparent à retourner en Antarctique

Vendredi, 27 Novembre, 2015
Tokyo, Japon

Le Japon sommé d’opter pour la recherche non létale alors que ses baleiniers se

Alors qu’elle s’apprête à repartir en Antarctique d’ici quelques semaines, la flotte baleinière japonaise doit absolument ranger ses harpons et se tourner exclusivement vers la recherche non létale.

Le Japon a indiqué son intention de reprendre la chasse à la baleine dans l’océan austral en dépit du jugement rendu par la Cour internationale de justice (CIJ), qui avait conclu en mars 2014 que le programme de « chasse scientifique » dans l’Antarctique mené par le Japon n’avait pas de visée scientifique et était donc illégal. À la suite de ce jugement historique, le Japon avait suspendu la chasse à la baleine dans l’océan Austral pendant un an.

Le jugement rendu par la CIJ a été loué par la Commission baleinière internationale (CBI), l’organisation en charge de la conservation des cétacés, qui a recommandé au gouvernement japonais de ne plus délivrer de permis de chasse à la baleine avant qu’elle n’ait l’occasion d’examiner la nouvelle proposition du Japon lors de sa prochaine assemblée plénière, qui se tiendra en Slovénie en septembre 2016.

IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) encourage depuis longtemps le Japon à se tourner vers des méthodes de recherche qui n’impliquent pas la mise à mort de baleines. Les résultats obtenus grâce à ces méthodes ont une importance bien plus grande pour la communauté internationale que les travaux effectués sur des baleines mortes. IFAW avait salué l’annonce initiale du Japon de se conformer au jugement de la CIJ, ainsi que sa décision de s’adonner à des recherches non létales sur les baleines lors de la saison dernière.

Néanmoins, en novembre 2014, le gouvernement japonais a révélé des détails de son  nouveau programme de chasse à la baleine dans l’océan Austral, baptisée NEWREP-A, qui vise à harponner 333 baleines de Minke au cours de la prochaine saison et près de 4 000 baleines au total au cours des douze prochaines années dans une zone étendue de l’océan Antarctique. La flotte des baleiniers devrait prendre la mer le mois prochain.

Patrick Ramage, directeur du programme Baleines d’IFAW, déclare : « La reprise de la chasse à la baleine dans l’Antarctique serait contraire à la décision de la Cour internationale, aux opinions des experts scientifiques et aux décisions de la Commission baleinière internationale. »

« En début d’année, nous avons eu le plaisir de voir que le Japon se tournait apparemment vers la recherche non létale sur les baleines. Nous avons célébré le fait qu’aucune baleine n’avait été tuée dans l’océan Austral au cours de la dernière saison, et nous avons félicité le Japon pour la réussite de son expédition de recherche qui a permis de collecter des données utiles en étudiant les baleines vivantes. »

« Nous exhortons le Japon à ranger ses harpons une nouvelle fois lors de sa prochaine expédition en Antarctique. Nos gouvernements ne peuvent assister les bras croisés à la reprise du massacre inutile des baleines et nous les encourageons à faire monter d’un cran la pression à l’encontre du Japon pour qu’il abandonne une fois pour toutes cette pratique aussi cruelle qu’obsolète. »

Le groupe d’experts scientifiques qui a examiné la nouvelle proposition de chasse à la baleine en février 2015 a établi que les arguments en faveur du massacre des baleines n’étaient pas convaincants et que des analyses ultérieures étaient nécessaires. Lors de sa réunion en juin 2015, le comité scientifique de la CBI a conclu que les travaux nécessaires n’avaient pas été entrepris ou étaient incomplets.

Le mois dernier, dans une lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le Japon a cherché à s’exempter de la juridiction de la CIJ pour toute affaire future impliquant la chasse à la baleine scientifique ou l’exploitation d’autres espèces de faune marine.

Le Japon s’était au cours des dernières années octroyé des quotas de chasse dans l’Antarctique d’environ 1 000 baleines par saison, mais le nombre de baleines effectivement tuées est en réalité beaucoup plus faible : 252 baleines de Minke ont ainsi perdu la vie au cours de la saison 2013-2014.

IFAW s’oppose à la chasse à la baleine, qu’elle soit conduite à des fins commerciales ou prétendument scientifiques, car il n’existe aucune façon de tuer une baleine sans cruauté. En revanche, l’observation responsable des baleines constitue une réponse pacifique et économiquement viable à l’exploitation des baleines et offre des moyens de subsistance durables aux communautés côtières.

 

Fin

Note aux rédacteurs:

En janvier 2015, un petit nombre de bateaux japonais a mis le cap vers l’Antarctique pour conduire des études d’observation, réaliser des biopsies et photo-identifier des baleines sous la direction de l’Institut japonais de recherche sur les cétacés.

IFAW encourage le Japon à rejoindre le Partenariat sur la recherche dans l’océan Austral (Southern Ocean Research Partnership, SORP), qui a été créé par l’Australie et qui coordonne l’action de 10 pays en matière de recherche non létale sur les baleines.

En février 2013, IFAW a publié un rapport intitulé The Economics of Japanese Whaling (Analyse économique de la chasse à la baleine japonaise) démontrant que l'industrie moribonde de la chasse à la baleine au Japon est maintenue à flot par l'argent du contribuable. Les subventions annuelles octroyées à cette activité s'élèvent en moyenne à 782 millions de yens (6,15 millions d’euros).

Si cette étude prouve que la chasse à la baleine n'est pas rentable et qu'elle alimente un marché en rapide déclin, elle démontre aussi que l'observation des baleines constitue quant à elle un secteur en plein essor.

L'observation des baleines représente environ 2 milliards d’euros par an. Rien qu'au Japon, cette activité a généré quelque 21 millions d’euros en 2008. Une trentaine d'opérateurs répartis sur une dizaine de sites le long du littoral japonais proposent actuellement des excursions d'observation des baleines.

Le Japon chasse les baleines à des fins prétendument scientifiques afin de contourner le moratoire mondial sur la chasse à la baleine commerciale. Mais, si la viande de baleine se retrouve bien sur les étals des supermarchés et dans certains restaurants, le massacre de ces animaux durant toutes ces années n’a pas fait avancer la science.

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Directrice Russie et CEI
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