Islandais et touristes signent la plus grande pétition d'Islande en ligne pour lutter contre la consommation de viande de baleine

Les artistes Högni Egilsson (en photo), Sóley, Sindri et DJ Margeir s'exhibent sur la page d'accueil du site ifaw.is, où ils déclarent être Islandais et ne pas manger de viande de baleine.À quelques pas des bureaux insolites d'IFAW, situés sur le port de Reykjavik, la chanson des Beatles « Yellow Submarine » donne la cadence tandis que les volontaires d'IFAW distribuent des gaufres et partent à la pêche aux signatures en abordant les touristes.

Au cours des étés précédents, ces mêmes volontaires ont recueilli 67 000 signatures sur des cartes postales qui ont ensuite été envoyées au Ministère de la Pêche en Islande.  

Cet été, 21 000 signatures supplémentaires ont été recueillies sur Internet.  

Les volontaires arpentent désormais les rues, iPad en main, au lieu de cartes postales, et nos nombreux amis islandais les aident à promouvoir la campagne sur Facebook.

Parmi ces volontaires prompts à brandir leur iPad pour plaider en faveur des baleines, Arda Yaygci s’active. Il vient tout droit de Turquie et malgré les récents événements qui ont secoué son pays, il n'a cessé d'arborer un large sourire pour informer les touristes sur la campagne « Venez à notre rencontre, ne nous mangez pas ». 

Son inquiétude au sujet de ses parents vivant à Ankara ne l'a pas empêché de recueillir avec zèle des signatures à la pelle sur son iPad.

En consultant le tout nouveau site  www.ifaw.is, les touristes ont d'emblée été frappés par cette photo saisissante de Högni Egilsson. Högni est l'archétype même des premiers Vikings qui ont colonisé l'Islande. Högni est éminemment célèbre dans l'île et plutôt bien connu des mélomanes dans le monde, notamment depuis qu'il est à la tête de deux célèbres groupes de musique islandais, Hjaltalín et Gus Gus.

Outre Högni, les artistes Sóley, Sindri et DJ Margeir figurent en page d'accueil du site et déclarent fièrement qu'ils sont Islandais, mais ne mangent pas de viande de baleine.

Ces musiciens islandais se sont engagés à aider IFAW à atteindre les 100 000 signatures.

Une fois cet objectif atteint, cette campagne aboutira à la rédaction de la plus grande pétition du pays, dépassant de loin la dernière, de plus de 23 000 signatures.

Un nombre qui n'est pas négligeable si l'on tient compte des 330 000 habitants que compte l’Islande.

Lorsque la campagne « Venez à notre rencontre, ne nous mangez pas » aura atteint cet objectif à la fin du mois d'août, un concert sera organisé en Islande pour célébrer cette victoire, dans l'enceinte de Whales of Iceland, la plus grande exposition d'Europe sur les baleines. Tous les artistes impliqués dans la campagne monteront sur scène et les tickets sont d'ores et déjà en vente.

Bien que la campagne « Venez à notre rencontre, ne nous mangez pas » s'adresse au monde entier, elle est née et a pris son essor en Islande, à l'instar de la lutte d'IFAW contre la chasse à la baleine, qui a repris son activité dans l'île en 2003.

IFAW sait pertinemment que le changement ne peut pas venir que de l'extérieur, notamment lorsqu'il s'agit d'influer sur des questions aussi délicates que les comportements, les opinions et les croyances d'un pays et qui, n’ayant jamais été remises en cause, font partie de l'identité nationale. Grâce au travail qu'IFAW a mené en Islande, les célébrités du pays ont décidé de prendre des initiatives et de critiquer des croyances aujourd'hui considérées comme archaïques.

Le succès de cette campagne repose en grande partie sur la participation d'Islandais comme moi (avec l'aide précieuse de mon collègue islandais Marvin), qui l'ont promue en tentant de changer les esprits par la diplomatie et non par la force.

IFAW a contribué à changer la donne pour les baleines en Islande. Si les défenseurs de la chasse à la baleine se font de plus en plus rares et que les mentalités ont progressivement évolué sur cette question de fond, c'est parce que nous sommes parvenus avec persévérance à créer des liens entre les différents acteurs.  

Le rorqual commun n'est plus chassé, la chasse à la baleine de Minke est au plus bas et la mairie de Reykjavik, l'office du tourisme islandais et Icewhale (une association d'organismes d'observation des baleines) soutiennent notre proposition de créer un sanctuaire pour les baleines. Quatre des six partis politiques du Parlement islandais se sont également prononcés en faveur.

Quant à l'opinion publique, les sondages indiquent qu'elle va dans le même sens.

Preuve supplémentaire que les mentalités ont changé : la plupart des guides touristiques qui organisent des excursions en bateau pour observer les baleines à Akureyri et Reykavík arborent désormais des sweatshirts de la campagne et font souvent mention de la pétition en ligne.

En outre, plus de 70 restaurants se sont engagés à protéger les baleines en Islande depuis que l'initiative existe, créée il y a deux ans. Les autocollants qu'ils ont placés à l'entrée de leurs établissements font foi de leur promesse de ne pas servir de la viande de baleine. Rien que cet été, 10 restaurants sont venus compléter la liste.

À Husavik, souvent surnommée la capitale européenne de l'observation des baleines, pas un seul restaurant a refusé de s’engager à protéger les baleines. La liste des restaurants qui ne servent pas de viande de baleine est d’ailleurs disponible ici.

Nous remercions chaleureusement l'organisation islandaise SEEDS d'avoir fait venir des volontaires de Slovaquie, de Pologne, de Biélorussie, de Russie, de Corée du Sud et d'Espagne pour l'occasion (les fois précédentes, les volontaires étaient venus du Cameroun, de la Hongrie, de la Croatie et de la Serbie, pour n'en citer que quelques-uns).

Les groupes de volontaires qui viennent nous voir sont divers, intéressants et positifs. Dans une heure, le groupe de cette année sera au ministère et fera un plaidoyer contre la chasse aux baleines et sur ses motivations en regardant les hauts responsables dans les yeux.

Ils se souviendront tous, comme moi, de ce moment de vérité.

Sigursteinn Masson

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