Interdiction du commerce de l’ivoire et de la corne de rhinocéros: la France presque exemplaire

Interdiction du commerce de l’ivoire et de la corne de rhinocéros: la France pre
Mercredi, 17 Août, 2016
Reims, France

Alors que son discours de Nairobi annonçait une interdiction totale du commerce de l’ivoire en France, c’est une version plus édulcorée qui vient de paraître avec l’Arrêté pris conjointement par Mme Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer et Stéphane Le Foll, Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt.

En fait d’interdiction totale, cet arrêté contient des dérogations permettant un commerce strictement réglementé des ivoires et cornes de rhinocéros sculptés datant d’avant le 1er juillet 1975, date d’entrée en vigueur de la CITES. 

IFAW se demande comment, sans analyse de datation systématique ou sans expert spécialisé dans la distinction de l’ivoire datant du 19ème ou du 20ème siècle, il sera possible de certifier sans aucune hésitation que l’objet mis en vente est antérieur au 1er juillet 1975.

« Si la Ministre a franchi un pas très important en fermant le commerce de l’ivoire et de la corne de rhinocéros à l’état brut, en revanche il est regrettable qu’une quantité non négligeable d’ivoire et de cornes travaillés puisse encore être commercialisée grâce à un système dérogatoire» déclare Céline Sissler-Bienvenu, Directrice d’IFAW France et Afrique francophone. « La Ministre s’est écartée de l’interdiction totale annoncée au Kenya. La France est passée à un doigt de montrer l’exemple.» 

À l’occasion de la plus grande destruction d’ivoire illicite (105 tonnes) ayant eu lieu à Nairobi le 30 avril 2016, Ségolène Royal avait été à la hauteur du débat en annonçant qu’elle mettrait en place une interdiction totale du commerce de l’ivoire dans l’Hexagone et qu’elle s’engagerait à convaincre ses homologues européens à restreindre le commerce d’ivoire au niveau européen. 

Si c’est en Europe que se concentre près d’un tiers des saisies d’ivoire réalisées dans le monde, la France reste l’un des principaux pays de transit et conserve donc sa part de responsabilité dans le maintien de la demande, notamment asiatique, pour l’or blanc. À titre d’illustration, en juillet 2015, IFAW révélait qu’en deux mois, pas moins de deux tonnes d'ivoire s’étaient écoulées dans les maisons de vente aux enchères en France. Dans le rapport Recherché mort ou vif, publié en novembre 2014, IFAW soulignait, en outre, qu'au cours d’une enquête de six semaines menée sur les sites de commerce en ligne français, 446 offres de vente d'ivoire avéré ou supposé avaient été répertoriées.

« La survie des populations actuelles d’éléphants dépend de notre capacité à fermer tous les marchés d’ivoire existants. L’ivoire n’est en rien vital pour l’homme, il l’est pour les éléphants » conclut Céline Sissler-Bienvenu. 

Un sondage Ifop commandé par IFAW en juin 2015 révélait que trois quarts des Français étaient favorables à une interdiction totale des ventes d'ivoire en France.

La majeure partie de l'ivoire de contrebande est destinée à l'Asie, en particulier à la Chine, où cet « or blanc » tant convoité a connu une augmentation considérable de sa valeur en tant que véhicule d'investissement.

Fin

Note aux rédacteurs:

Cette annonce fait suite à plusieurs décisions clés de la part de l’État français:

  • L'interdiction des exportations d'ivoire brut vers les pays tiers;
  • L'appel aux Etats membres de l'UE afin qu’ils interdisent les exportations d'ivoire brut comme l'Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni l’ont déjà fait;
  • Une coopération renforcée entre le Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer et les douanes pour accroître l'efficacité de la lutte contre le trafic d'espèces sauvages.

En outre, la loi sur la biodiversité tout juste adoptée au Parlement prévoit une plus grande sévérité dans les amendes infligées aux trafiquants d'animaux sauvages, passant de 15 000€ à 150 000€ pour les particuliers et de 150 000€ à 750 000€ pour le trafic en bande organisée.

Dans son rapport la Nature du crime, préfacé par Nicolas Hulot, alors Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, et Laurent Fabius, alors Ministre des Affaires étrangères, IFAW rappelle la menace que représente le trafic pour les animaux tels que l’éléphant, le rhinocéros mais aussi pour les êtres humains.

Contact:

Julie Matondo (IFAW France), Tél : +333 26 48 64 79 Courriel : jmatondo@ifaw.org

À propos d'IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux)

Fondé en 1969, IFAW sauve les animaux en détresse tout autour du globe. Grâce à des projets dans plus de 40 pays, IFAW vient en aide à tout animal le nécessitant, œuvre pour prévenir la cruauté envers les animaux et plaide pour la protection des animaux sauvages et de leurs habitats. Pour plus d'informations, visitez notre site web : www.ifaw.org. Suivez-nous sur Facebook et Twitter.

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