Déjà 4 000 animaux échoués secourus par IFAW

Trois des dauphins secourus à Wellfleet ont été considérés aptes à retourner à la mer.

L’Équipe de sauvetage et de recherche sur les mammifères marins d’IFAW intervient auprès des mammifères marins échoués à Cape Cod et dans le sud-est du Massachusetts depuis décembre 1998. Il y a peu, l’équipe a franchi le cap des 4 000 interventions. Voici le récit de Jane Hoppe, coordinatrice adjointe en charge des échouages, lors de l’une des récentes interventions ayant permis d’atteindre ce chiffre symbolique. -BS

Quand l’équipe d’IFAW a appris que deux dauphins nageaient à l’ouest du Lieutenant Island Bridge à Wellfleet, dans le Massachusetts, elle a immédiatement contacté un bénévole formé pour confirmer l’information. Pendant que certains membres de l’équipe se rendaient sur les lieux, le bénévole a confirmé la présence non pas de deux, mais de quatre dauphins.

Heureusement pour les animaux, la marée resterait montante pendant les trois prochaines heures et demie, ce qui augmenterait le volume d’eau dans la zone et réduirait le risque d’échouage.

Une fois sur place, nous nous sommes aperçus que les quatre dauphins communs, deux adultes et deux jeunes, s’étaient séparés en deux couples comprenant un adulte et un jeune chacun.

Lieutenant Island est une zone inondable à marée haute, ce qui a permis aux dauphins de nager dans des endroits totalement inaccessibles en temps normal et où il est difficile de les secourir. L’équipe a décidé de guider les quatre cétacés hors des canaux, vers des eaux plus profondes, à l’aide d’un kayak et d’un canot pneumatique. Depuis l’endroit où ils se trouvaient, il n’y avait qu’un seul passage sûr à emprunter pour regagner la mer.

Toutefois, l’opération s’est avérée plus difficile que prévue car les animaux étaient divisés en deux groupes et nageaient dans la mauvaise direction, vers l’intérieur des terres.

 

Nous avons fini par abandonner la manœuvre car ils s’obstinaient à remonter les canaux. Quand l’un des adultes s’est retrouvé coincé sur un haut-fond, l’équipe l’a placé sur une civière et l’a transporté jusqu’à notre remorque spécialement aménagée.

Peu de temps après, deux autres dauphins, un adulte et un jeune, sont arrivés au bout d’un canal, à proximité d’une route. Là encore, nous les avons placés sur une civière et les avons rassurés en attendant que nous soyons assez nombreux pour les soulever jusqu’à la remorque. Enfin, le deuxième jeune s’est lui aussi échoué sur un haut-fond et nous l’avons transporté jusqu’à la remorque à son tour.

Avant qu’il ne soit chargé, chaque animal est pesé à l’aide d’une balance précise afin de savoir quels dosages utiliser si l’animal a besoin de médicaments ou de vitamines pour assurer sa survie pendant ou après l’intervention.

L’équipe n’a pas pu déterminer si les animaux échoués étaient apparentés, ni s’il s’agissait de couples parent-enfant. Dans l’incertitude, nous avons choisi de ne pas défaire les couples lors des examens médicaux.

 

Chaque animal a été examiné à tous les niveaux : prélèvement et analyse de sang sur place, examen externe et morphologique, surveillance des signes vitaux et évaluation du comportement. Après des heures d’examens, il a été conclu que trois des cétacés, deux adultes et un jeune, étaient en bonne santé et pouvaient être remis à la mer.

Le quatrième animal, l’un des deux jeunes, souffrait d’une blessure très profonde à la nageoire caudale depuis un certain temps et n’était pas en mesure de reprendre la mer. Après consultation du vétérinaire, nous avons décidé de l’euthanasier pour mettre fin à ses souffrances.

Les dauphins en bonne santé étaient deux femelles adultes, dont une possiblement gestante, mesurant environ 2,10 mètres et pesant 110 kilos, et un jeune mâle mesurant 1,5 mètre et pesant 33 kilos.

Les animaux ont été transportés par la route sur une remorque jusqu’à Scusset Beach, au bord de la ville de Sandwich, après étude de la direction du vent et des autres conditions environnementales. Cette plage a également été choisie car elle permettait d’accéder facilement aux eaux profondes et donc d’éviter qu’ils ne s’échouent à nouveau.

 

Avant la remise à la mer, nous avons fixé une étiquette d’oreille en plastique sur la nageoire dorsale de chaque dauphin afin de l’identifier rapidement en cas de récidive.

En outre, l’adulte accompagné du jeune restant s’est vu apposer une balise satellite sur la nageoire dorsale afin que nous puissions suivre ses déplacements. La balise temporaire a transmis sa position pendant 30 jours, ce qui nous a permis de voir que le dauphin avait survécu et était retourné vivre dans son habitat.

L’animal ayant reçu la balise satellite a été observé dans les eaux à environ 80 kilomètres au sud des îles de Martha’s Vineyard et de Nantucket.L’équipe d’IFAW a bon espoir que les animaux remis en liberté se porteront bien et continue d’affiner ses protocoles d’intervention pour secourir les 4 000 prochains animaux.

Jane Hoppe

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