Afrique du Sud : la haute cour de justice autorise le commerce national de la corne de rhinocéros

Jeudi, 26 Novembre, 2015
Le Cap, Afrique du sud

Afrique du Sud : la haute cour de justice autorise le commerce national de la corne de rhinocéros

Aujourd’hui, les éleveurs de rhinocéros ont remporté  une victoire à l’issue d’une campagne "malhonnête" : la Haute Cour de justice d'Afrique du Sud a en effet décidé d'autoriser le commerce domestique de corne de rhinocéros, décision à effet immédiat.

"Cette question doit être posée: « Qui va acheter la corne de rhinocéros en Afrique du Sud ? Ceci s’inscrit dans une campagne bien plus vaste en faveur du commerce international de corne de rhinocéros, motivée par l’appétit financier de quelques-uns qui souhaitent en faire commerce » a déclaré Jason Bell, directeur régional Afrique australe d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux).

La décision a été rendue alors qu’un Comité d'enquête gouvernemental sud-africain sur la pertinence du commerce international des rhinocéros et de leurs parties n’a pas encore rendu ses conclusions. Selon les résultats de cette enquête, le gouvernement décidera ou non de soumettre une demande lors de la Conférence des Parties de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction) à Johannesburg en septembre 2016.

"Les éleveurs de rhinocéros ont gagné la première manche, mais nous ne pouvons qu'espérer que le rapport du Comité d'enquête gouvernemental sur la possibilité du commerce international de la corne de rhinocéros conclura contre toute idée de commerce et que le ministre de l'Environnement fera appel de la décision d'aujourd'hui. "

Sans un marché domestique strictement encadré, il semble peu probable que la CITES permette la levée de l'interdiction du commerce international de corne de rhinocéros.

"À l’heure où les rhinocéros sont abattus à un rythme sans précédent pour leurs cornes, cette initiative légale orchestrée par un petit groupe qui bénéficierait directement du commerce international de la corne de rhinocéros doit être condamnée. Il ne s’agit pas là d’un débat fondé sur la nécessité de conserver et de protéger les rhinocéros mais au contraire d’une démarche fallacieuse et malhonnête. Cette initiative est uniquement motivée par des intérêts financiers et ce sont les rhinocéros in fine qui en paieront le prix», a déclaré Jason Bell.

Les chiffres les plus récents sur le braconnage des rhinocéros ont été publiés en août par le gouvernement sud-africain. À la fin du mois d’août, 749 rhinocéros avaient été braconnés dans le pays, dont 544 dans le parc national Kruger. Au cours de la même période en 2014, 716 avaient été braconnés dans le pays dont 459 dans le parc national Kruger.

Le braconnage des rhinocéros est la conséquence directe de la demande des consommateurs pour sa corne en Asie, en particulier au Vietnam, où on lui attribue d’infondées propriétés médicinales. A l’échelle internationale, la CITES a interdit le commerce des cornes de rhinocéros en 1977 mais l'Afrique du Sud a seulement imposé un moratoire sur le commerce domestique en 2009.

Dans le cadre d'une initiative internationale visant à renforcer les capacités de lutte contre ce trafic, IFAW forme les forces de l'ordre à la prévention du trafic d’animaux sauvages dans plusieurs pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Océanie et des Caraïbes. IFAW a signé un mémorandum d’entente avec INTERPOL, le tout premier signé entre le Programme sur la criminalité environnementale d’INTERPOL et une ONG. Les deux organisations ont collaboré sur de nombreux projets depuis 2005, et notamment en 2012 lors de la plus grande opération de lutte contre le trafic d’ivoire jamais menée par INTERPOL.

Note aux rédacteurs:

Dans son rapport la Nature du crime, préfacé par Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, et Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, IFAW rappelle la menace que représente le trafic pour les animaux tels que l’éléphant, le rhinocéros mais aussi pour les êtres humains.

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