Une étude co-financée par IFAW révèle que 75% des éléphants manquent à l'appel dans les aires protégées

Une étude co-financée par IFAW révèle que 75% des éléphants manquent à l'appel d
Jeudi, 20 Avril, 2017
Cape Town, Afrique du Sud

Une nouvelle étude réalisée par le Département de recherche sur l'écologie de la conservation (CERU, Conservation Ecology Research Unit) de l'université de Pretoria permet de calculer le nombre d'éléphants qu’il devrait y avoir à l'intérieur de 73 aires protégées couvrant 21 pays africains. Les chercheurs sont arrivés à la conclusion qu’il manque, principalement en raison du braconnage, 75% d'éléphants dans les aires protégées, soit environ 730 000 individus. Un tiers des aires protégées compte moins de 5% des éléphants qu'elles devraient normalement regrouper. 

Néanmoins, pour la première fois, nous savons quels endroits doivent être traités prioritairement pour la protection des éléphants.

« Cette étude, menée sur dix ans, a été financée en partie par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) et publiée aujourd'hui dans PLOS ONE (ndt : revue scientifique). Elle est, à ce jour,  l'indicateur le plus complet permettant de montrer, d'une part, l'impact réel du braconnage sur les populations d'éléphants d'Afrique et, d'autre part, la façon dont ces populations pourraient se développer si elles n'étaient pas affectées par les interventions humaines », a déclaré le Dr Joseph Okori, Directeur de la conservation des habitats d'IFAW.

« Cette étude aidera les acteurs de la conservation et les décideurs dans leur prise de décision afin de fournir une meilleure protection aux éléphants ».

Afin de modéliser la densité à laquelle chaque population devrait se stabiliser, les chercheurs ont utilisé la télédétection des ressources vitales pour ces animaux, à savoir la végétation et l'eau, les données de braconnage ainsi que la base de données la plus complète regroupant les populations de toutes les espèces de mammifères.

L'auteur principal de cette étude, Ashley Robson, déclare : « Auparavant, nous avons eu des estimations relativement bonnes du nombre d'éléphants présents et combien avaient été braconnés. Mais aujourd'hui, nous avons d'abord déterminé combien d'éléphants il devrait avoir à l’origine. Malgré l'ampleur dévastatrice des pertes causées par le braconnage et les 730 000 éléphants manquants dans les 73 aires protégées évaluées, je ne pense pas que notre étude soit pessimiste. Au contraire, nous fournissons des objectifs écologiquement significatifs sur lesquels les défenseurs des éléphants devront travailler. C'est donc une avancée positive ».

Rudi van Aarde, superviseur du projet et président du CERU de l'université de Pretoria, déclare : « Les éléphants prospèrent dans une grande variété d'habitats allant des déserts aux forêts luxuriantes, de sorte que leur densité varie en fonction des ressources locales. Il n'existe pas une seule et unique "densité idéale" et les écologistes le savent depuis longtemps, mais cela n'avait encore jamais été quantifié. L'amélioration de la télédétection, les décennies de données de comptage et un important travail de mon équipe de recherche, nous ont permis d'établir des repères pour les populations d'éléphants. Cette étude est l'aboutissement de dix années de travail.

« Le commerce préexistant de l'ivoire et le renouveau du braconnage se répercutent sur les éléphants à travers le continent et masquent la relation entre la taille de leur population et les conditions environnementales », a déclaré Rudi Van Aarde. « Mais nous avons pris en compte l'impact du braconnage dans nos modèles pour prédire les "repères écologiques", c'est-à-dire la taille que les populations devraient avoir si les facteurs environnementaux plutôt que l'influence humaine contrôlaient leur croissance. Cela a été une question très débattue, surtout ici en Afrique australe ».

Selon Ashley Robson, « Toutes les personnes s’intéressant à la protection de l’environnement (les gestionnaires des aires protégées, les décideurs, les bailleurs internationaux et le public) devraient lire notre étude. Nous avons permis de cibler les ressources des aires protégées les plus démunies. Bien sûr, ce n'est pas seulement par amour des éléphants. Ces derniers jouent un rôle majeur dans la formation des savanes qui, en Afrique, couvrent autant de surface que les États-Unis et l'Europe réunis. Perdre des éléphants nuira à nos savanes et aux espèces qui en dépendent ».

« Alors que les objectifs de protection de l’environnement sont une avancée, notre étude est un signal d'alarme. Environ 70% de l'aire de répartition des éléphants d'Afrique se trouvent au-delà des aires protégées. Ces éléphants ne vont pas bien, même là où ils sont protégés, ce qui signifie que nous devons prendre des mesures », déclare Ashley Robson.

Ashley Robson et Rudi Van Aarde sont co-auteurs de cette étude. Ils ont travaillé en collaboration avec Morgan Trimble, écrivain spécialisé en environnement et diplômé du CERU ; Andrew Purdon, assistant de recherche au CERU ; Kim Young-Overton, diplômée du CERU et ancienne post-doctorante et Stuart Pimm, professeur à l'Ecole de l'environnement Nicholas de l'université de Duke.

Le financement provient du Fonds international pour la protection des animaux, de la Fondation nationale de la recherche (National Research Foundation) et de l'université de Pretoria.

FIN

CITATION: “Savanna elephant numbers are only a quarter of their expected values,” Ashley S Robson, Morgan J Trimble, Andrew Purdon, Kim D Young-Overton, Stuart L Pimm, Rudi J van Aarde. PLOS ONE; April 17, 2017.

Doi: 10.1371/journal.pone.0175942

Lien : https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0175942

ÉDITEURS: Images haute résolution disponibles sur www.ifawimages.com

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Fondé en 1969, IFAW sauve les animaux en détresse tout autour du globe. Grâce à des projets dans plus de 40 pays, IFAW vient en aide à tout animal le nécessitant, œuvre pour prévenir la cruauté envers les animaux et plaide pour la protection des animaux sauvages et de leurs habitats. Pour plus d'informations, visitez notre site web : www.ifaw.org. Suivez-nous sur Facebook et Twitter.

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