France, Allemagne, Espagne : plus d’1.7 tonne d’ivoire saisie à travers l’Europe depuis avril - Peine exemplaire pour le trafiquant en comparution immédiate

Mercredi, 8 Juin, 2016
Reims

©Douane françaiseAu cours des trois dernières semaines, les douaniers français et allemands ont saisi respectivement 350 kg et 625 kg d’ivoire illégal. En avril, la Garde civile espagnole saisissait, quant à elle, 744 kg d'ivoire. Ces trois saisies totalisant plus de 1,7 tonne rappellent l’urgence qu’il y a à mettre en œuvre une politique européenne coordonnée de lutte contre le trafic d’ivoire et plus globalement des espèces sauvages menacées. IFAW appelle donc les ministres européens en charge de l’environnement à soutenir et à adopter le plan d’action de l’Union européenne contre le trafic d’espèces sauvages qui leur sera soumis lors de leur prochain Conseil  le 20 juin.

« Ces trois saisies démontrent encore une fois que l’Europe est sur la route de l’ivoire de contrebande soit en tant que zone de transit entre l’Afrique et l’Asie soit en tant que marché consommateur» souligne Céline Sissler-Bienvenu, Directrice d’IFAW France et Afrique francophone.

Le 20 mai, les douaniers allemands ont saisi 680 kilos d’ivoire contenus dans 11 boites à destination du Vietnam. Cet ivoire est en cours d’analyse afin de déterminer son origine.

Le 25 mai, en France, le Service national de douane judiciaire (SNDJ) a saisi plus de 212 kg d’ivoire dans une entreprise de négoce international de produits divers et d’antiquités de la région parisienne. Le chef d’entreprise, aussi à la tête d’une organisation spécialisée dans le trafic international d’espèces protégées, a été interpelé et écroué. L’enquête se poursuit mais cette saisie reste la plus importante jamais réalisée par la douane depuis décembre 2006.

Le 1er juin, les douaniers de l’aéroport de Roissy interceptent un homme en provenance d’Angola et se rendant au Vietnam, lequel transportait 26 pièces de défenses d’éléphant, soit 142 kilos d’ivoire, dissimulées dans ses six bagages de soute. Jugé en comparution immédiate le 3 juin 2016, l’infracteur a été incarcéré, condamné à 18 mois de prison ferme, 142 480 euros d’amende et à la confiscation de l’ivoire.

« C’est une condamnation exemplaire qui envoie un message fort des autorités judiciaires françaises aux trafiquants d’espèces menacées » précise Céline Sissler-Bienvenu. « Cependant, réprimer fortement le trafic d’espèces sauvages doit être une volonté européenne partagée. Le plan d’action de l’Union européenne est l’instrument qui offre le cadre pour une approche plus stratégique et coordonnée en ce sens » explique Céline Sissler-Bienvenu.

Le plan d’action de l’Union européenne  contre le trafic d’espèces sauvages pour lequel IFAW a œuvré, a été présenté en février par la Commission européenne. Il inclut notamment la reconnaissance du trafic d'espèces sauvages comme une infraction grave et fixe le cadre pour une meilleure application des lois et la coopération accrue entre les forces de l'ordre et les agences gouvernementales au sein d'un même pays mais aussi avec leurs homologues à l'étranger.

Le 2 juin, l’association du transport aérien international (IATA) a adopté à l’unanimité une résolution dénonçant le trafic d’animaux sauvages, plaidant pour un partenariat renforcé avec les états et les organisations de conservation pour arrêter les trafiquants et réclamant des politiques et des procédures à même de décourager ce trafic.

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) a quant à lui rendu public le mois dernier son rapport inaugural sur le crime contre les espèces sauvages dans le monde. Il met en lumière « la manière dont le braconnage et le commerce illégal de milliers d'espèces différentes à travers le monde présentent non seulement de réels dangers environnementaux, mais menacent également à terme l'État de droit en encourageant potentiellement le conflit ».

La ministre française de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer, Ségolène Royal a annoncé le mois dernier sa décision d'adopter une interdiction du commerce de l’ivoire  en France, déclarant qu'elle œuvrerait pour que ses homologues européens adoptent cette même mesure.

La majeure partie de l'ivoire de contrebande est destinée à l'Asie, en particulier à la Chine, où cet « or blanc » tant convoité a connu une augmentation considérable de sa valeur en tant que véhicule d'investissement.

Dans son rapport la Nature du crime, préfacé par Nicolas Hulot, alors Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, et Laurent Fabius, alors Ministre des Affaires étrangères, IFAW rappelle la menace que représente le trafic pour les animaux tels que l’éléphant, le rhinocéros mais aussi pour les êtres humains.

Fin

Note aux rédacteurs:

Pour demander à Mme la Ministre de l’environnement, de l'énergie et de la mer de soutenir l’adoption du plan d’action européen d’action contre le trafic de faune sauvage : https://www.ifaw.org/france/get-involved/soutenons-le-plan-d%E2%80%99action-de-l%E2%80%99ue

 

 

 

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