Espèces migratrices : leur avenir est notre avenir

L'article ci-dessous a été écrit par Azzedine Downes, Président directeur général d'IFAW, pour être diffusé dans la publication de la COP 12 de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS). Il est publié ici avec autorisation.

Humpback Whale off the coast of Australia

« Nous pouvons être la première génération qui aura réussi à mettre fin à la pauvreté, tout comme nous sommes peut-être la dernière génération à avoir encore une chance de sauver la planète. »

Cette phrase, qui est inspirante, mais donne à réfléchir, apparaît dans la résolution instituant le Programme de développement durable à l'horizon 2030. Ce document présente les 17 Objectifs de développement durable convenus par tous les membres des Nations Unies.

La seconde partie de la phrase, ne pouvait pas mieux exprimer le défi que notre génération doit relever afin de protéger notre planète et les nombreux animaux avec qui nous la partageons. Le thème de la 12e Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS), Leur Avenir est Notre Avenir - Développement durable pour la faune sauvage et les Êtres humains, nous invite à nous charger de la protection des espèces migratrices afin de réaliser les Objectifs de développement durable.

Un slogan tel que « leur avenir est notre avenir » peut paraître creux, mais il n'a jamais été aussi visionnaire. Leur avenir est entre nos mains. Et le nôtre entre les leurs. La faune et la flore, l'écosystème ainsi que tout ce que la nature nous offre sont essentiels à la mise en œuvre d'un véritable développement durable. Si nous ne protégeons pas la nature, cet objectif est sans espoir.

Lorsque nous intervenons sur des cas majeurs de souffrances animales ou de diminution des populations, nous rencontrons souvent des personnes qui luttent pour leur survie. Il est primordial que les personnes en charge de la protection de la faune sauvage comprennent les besoins des communautés qui cohabitent avec cette faune et mettent en place des collaborations avec les habitants pour protéger les animaux.

Les frontières politiques et les limites imposées par l'humain sont incompréhensibles pour des animaux. Et c'est particulièrement vrai concernant les espèces migratrices. Comment relever le défi de la protection animale dans un monde humain imparfait, découpé et divisé selon des barrières artificielles qui n'ont aucune signification pour ces espèces ?

Dans le cadre de nos missions au sein du Fonds international pour la protection des animaux, même si nous comprenons que l'humain est au cœur du problème, nous savons qu'il est aussi la solution. Dans le domaine de la conservation, nous entendons souvent parler du besoin de gérer les populations animales, mais nous oublions qu'il s'agit d'animaux sauvages souvent imprévisibles. La seule chose que nous pouvons vraiment gérer, c'est le comportement humain et c'est ainsi que nous allons sauver les animaux tout en aidant les personnes.

Une famille d'éléphant se déplace dans le Parc national d'Amboseli au Kenya.Que ce soit en travaillant avec les communautés afin de protéger les couloirs de circulation transfrontaliers essentiels aux éléphants ou en protégeant les baleines et les requins lors de leur migration à travers les océans, le défi reste le même. Comment pouvons-nous, en tant qu'humain, vivre en paix auprès des animaux avec qui nous cohabitons ? Comment aider ces communautés à adopter un mode de vie qui comprend l'importance de la présence de ces animaux, sauvages et vivants, parmi nous ? Comment limiter les conséquences négatives de notre vie quotidienne sur ces espèces et leurs habitats ?

Créer des environnements sûrs pour les animaux tout en assurant la sécurité des personnes vivant aux alentours nécessite des ressources supérieures à ce qu'un pays peut fournir tout seul. Concrètement, cela va nécessiter une coopération à grande échelle entre les organisations internationales, les gouvernements nationaux et les communautés locales.

Cependant, c'est avant tout une question de volonté collective. Les États doivent être d'accord, en tant que peuple, avec l'idée de partager la planète avec des animaux, grands ou petits. 

La CMS, contrairement à d'autres conventions portant sur la biodiversité, est la seule convention qui va vraiment dans le sens des animaux. Elle ne s'attarde pas sur des questions portant sur 'l'utilisation' que nous faisons des animaux, mais se concentre sur les manières de travailler ensemble pour les protéger. C'est l'endroit où nous pouvons, en tant que communauté internationale, exprimer cette envie de créer un monde meilleur pour les animaux et pour les personnes.

La faune sauvage fait partie de notre patrimoine mondial commun. Nous tirons d'importants profits de la capacité des animaux à entretenir des écosystèmes sains et à encourager le tourisme, ainsi que des avantages difficilement quantifiables, mais tout aussi importants socialement, de la présence des animaux dans nos vies. Les animaux, et plus particulièrement les espèces migratrices, sont importants pour les cultures humaines dans le monde entier et leur perte appauvrirait énormément nos civilisations. Un monde sans animaux et sans lieux sauvages serait un bien triste endroit pour nous tous.

Azzedine Downes

La Convention sur la conservation des espèces migratrices se déroule du 23 au 28 octobre 2017 à Manille, aux Philippines. Restez avec nous pour plus d'informations.

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