Des tigres sauvés d’une ferme d’élevage, 1re partie

Les tigreaux de cette affiche publicitaire qui date de juillet 2016 souffrent d’une maladie osseuse métabolique. Lorsque les organismes Turpentine Creek Wildlife Refuge et Tigers in America les ont sauvés du zoo où ils étaient retenus en captivité, ils ne pouvaient pas se lever ni marcher. Les radiographies ont révélé plusieurs fractures et une densité osseuse extrêmement faible. Ils sont aujourd’hui âgés de 7 mois et ont appris à marcher grâce aux soins qu’ils ont reçus au Turpentine Creek Wildlife Refuge en Arkansas.Remarque : cet article est le premier d’une série d’articles sur les fermes d’élevage.

Grâce à leur intervention, Turpentine Creek Wildlife Refuge et Tigers in America ont déjà sauvé plus d’une centaine de grands félins de la ferme d’élevage « Colorado roadside zoo », lorsque son propriétaire est tombé malade cette année.

Photo d’un grillage défaillant dans l’enclos des tigres, dans le zoo où Turpentine Creek Wildlife Refuge et Tigers in America ont sauvé les grands félins.

Les deux organisations ont acheté le terrain et se sont arrangées pour donner tous les animaux à Turpentine Creek. Leur objectif était de mettre fin à l’activité de cette ferme d’élevage et de fournir de meilleurs soins à ces quelque 110 grands félins, qui vivaient reclus sur seulement cinq hectares de terre. IFAW a également mis la main à la pâte en donnant des fonds pour transporter certains animaux dans des refuges adaptés, où ils pourront vivre paisiblement en plein air pour le restant de leurs jours.

Les fermes d’élevage utilisent des animaux en bas âge, et notamment des tigres, comme bêtes de foire pour que les clients puissent se prendre en photo avec eux. Ces fermes sont trompeuses car elles jouent avec l’affection des gens pour ces animaux et exploitent leur désir de les prendre dans les bras ou de les caresser, alors qu’elles cachent une réalité bien plus sombre et cruelle.

Leurs premières victimes : les tigres femelles adultes. En effet, certaines fermes d’élevage s’adonnent à ce qu’on appelle « l’élevage accéléré », qui consiste à retirer les petits de leurs mères quelques jours ou parfois même quelques heures après leur naissance. Dans la nature, une femelle reste généralement auprès de sa progéniture pendant au moins deux ans et en prend soin pendant toute cette période, ce qui veut dire que même la plus fertile des tigresses ne peut donner naissance qu’à une portée tous les trois ans. Quand les petits sont retirés à leur mère en captivité dès la naissance, cette dernière est aussitôt en mesure de se reproduire et peut donc mettre bas jusqu’à trois fois par an, mais les gestations à répétition peuvent gravement compromettre l’état de santé de la mère.

Les deuxièmes victimes sont les nouveau-nés eux-mêmes. Retirés à leur mère dès la naissance, ils sont nourris au biberon et passent de mains en mains, parfois pendant plusieurs heures d’affilée. Cela peut provoquer de la déshydratation et de l’anxiété. Ils peuvent également en tomber malades, car leur système immunitaire n’est pas suffisamment solide pour les protéger efficacement contre les maladies auxquelles ils sont exposés, telles que la maladie de Carré qui touche principalement les chiens domestiques. Cette maladie est mortelle pour les grands félins. Quant à l’alimentation au biberon, elle peut mener à la malnutrition si une formule non-adaptée est utilisée ou si les nouveau-nés ne changent pas de régime au bon moment pendant leur croissance. Le passage à un régime solide est parfois retardé pour prolonger le temps d’utilisation des tigreaux et en tirer plus de profits possibles. Cette malnutrition se traduit bien souvent par l’apparition de maladies osseuses métaboliques, qui affaiblissent la masse osseuse des petits et provoquent des fractures à répétition en raison d’une carence en calcium.

Quant à la dernière victime, il s’agit tout simplement du public. En payant pour jouer avec, câliner, tenir ou nourrir des animaux en bas âge, vous aurez peut-être l’impression d’agir en faveur de la conservation des animaux. D’ailleurs, les fermes d’élevage affirment souvent que leur activité contribue à sauver les espèces menacées. Mais en réalité, la plupart de ces tigres élevés dans les zoos aux États-Unis sont des espèces hybrides, c’est-à-dire des tigres issus de croisements entre plusieurs sous-espèces, telles que le tigre du Bengale et le tigre de Malaisie. Cela veut dire que même s’il existait un endroit où les remettre en liberté, une telle initiative s’avérerait impossible car de telles espèces n’ont jamais existé à l’état naturel. Introduire des espèces croisées dans des écosystèmes naturels serait en totale contradiction avec les bonnes pratiques internationales et aurait des conséquences négatives sur les populations sauvages. Perpétuer l’élevage de félins croisés ne contribue d’aucune manière à la conservation des espèces et le message qu’envoient ces fermes d’élevage au public porte atteinte aux vrais efforts de conservation.

Malheureusement, les fermes d’élevage ne sont pas illégales aux États-Unis. IFAW travaille en collaboration avec plusieurs organisations pour encourager le département de l’Agriculture des États-Unis à combler les failles d’un système qui permet au public de manipuler des grands félins âgés de 8 à 12 semaines, la seule tranche d’âge pour laquelle il est encore autorisé à les manipuler. Nous réfléchissons également à la constitution d’un projet de loi national unique visant à protéger les grands félins en interdisant purement et simplement leur élevage ou leur acquisition par des propriétaires.

MW

 

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