À la rencontre des touristes en Islande pour la campagne « Venez à notre rencontre, ne nous mangez pas »

L'auteur et trois touristes qui ont signé notre pétition.L'Islande est tendance en ce moment. Rien que cette année, ce petit pays de 300 000 habitants va recevoir 2 millions de visiteurs, faisant du tourisme l'industrie principale de l'île, devant la pêche. Malheureusement, l'un des effets indésirables de cette croissance, c'est la relance économique de la pêche commerciale à la baleine dans le pays, une activité controversée. Sans le savoir, les touristes payent pour ce qu'ils pensent être, par erreur, une expérience authentique de la gastronomie islandaise. Bien que beaucoup de restaurants utilisent cet argument pour vendre de la viande de baleine, c'est une tromperie de dire qu'elle fait partie de la culture culinaire islandaise. Très peu d'Islandais en mangent et la chasse à la baleine n'est pas une tradition sur l'île. Les baleines sont donc tuées pour nourrir les touristes.

C'est pourquoi, tous les étés depuis 2011, IFAW envoie des groupes de bénévoles issus du monde entier dans le centre-ville très touristique de Reykjavik afin de soutenir notre campagne « Venez à notre rencontre, ne nous mangez pas ». Cette année, j'ai eu la chance de me joindre à eux. Notre mission est d'échanger avec les visiteurs de la ville qui pourraient être tentés par une dégustation de viande de baleine. Nous leur expliquons les tenants et les aboutissants et leur proposons de signer la pétition qu'IFAW transmet au gouvernement islandais afin de faire de la Faxaflói un sanctuaire pour baleines et de mettre un terme au massacre des cétacés.

L'observation des baleines montre que ces animaux ont plus de valeur vivants. C'est une expérience inoubliable pour le visiteur et une source de revenus pour l'Islande. Mais cela va-t-il durer alors que, juste un peu plus loin dans cette baie, les animaux sont chassés à l'aide de harpons explosifs ?

L'Islande continue de tuer des baleines. Ce baleinier dans le port rappelle la triste réalité.

J'ai été agréablement surpris de voir qu'il y avait beaucoup de visiteurs qui étaient ouverts à la discussion dans les rues ! Nous avons eu des échanges très encourageants avec des touristes, collecté des centaines de signatures et reçu des remerciements pour nos actions. Le problème est de plus en plus connu et beaucoup de personnes avec qui j'ai discuté m'ont dit qu'elles ne comptaient pas du tout goûter à la viande de baleine.

Encore plus important, la campagne bénéficie également de soutiens en Islande. Beaucoup de restaurants nous soutiennent et affichent fièrement un logo « Whale friendly » sur leur vitrine, indiquant qu'ils ne servent pas de baleine. Le travail d'IFAW sur ce problème est également mis en avant par des ambassadeurs locaux et lors de sorties en mer pour observer les baleines.

Une vraie avancée a eu lieu lorsque le gouvernement islandais et IFAW ont pu échanger. Au cours de l'été, des groupes de bénévoles ont rencontré des membres du gouvernement afin de remettre en personne les pétitions signées. Cette opportunité nous a permis d'exprimer notre point de vue sur la chasse à la baleine (respectueusement bien sûr !). Lors de ma dernière semaine comme bénévole, nous avons remis 17 000 signatures supplémentaires au ministère de la Pêche et notre objectif de 50 000 signatures pour cet été est presque atteint.

Ce type d'échange constructif et pacifique ne serait tout simplement pas possible en faisant appel à d'autres méthodes. En agissant directement depuis le territoire islandais et grâce à une campagne positive proposant une solution permanente, IFAW a réussi à se faire entendre auprès des décideurs politiques afin d'obtenir un vrai changement.  Pour la première fois, le ministre de la Pêche islandais a déclaré que la politique du pays en matière de pêche commerciale de la baleine devait être revue. Le parlement islandais nous a ouvert ses portes ; nous continuerons à nous y rendre jusqu'à ce que la pêche commerciale des cétacés soit interdite.

Andy Mansell

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