La Coalition pour l’éléphant d’Afrique décidée à se faire entendre

Le Kenya a réuni, à Nairobi, du 26 au 29 juin, les membres du comité exécutif de la Coalition de l’éléphant d’Afrique et certains de ses alliés parmi lesquels IFAW, représentée par Céline Sissler-Bienvenu, Directrice d’IFAW France et Afrique francophone. Photo @CEA

Il y a quelques mois, lors de la clôture de la 17ème CoP de la CITES, les membres de la coalition pour l’éléphant d’Afrique s’étaient quittés le cœur lourd, tristes de n’être pas parvenus à convaincre suffisamment de Parties à la nécessité d’offrir à toutes les populations d’éléphants d’Afrique sans exception cette armure qu’est l’inscription à l’Annexe I de la CITES soit le plus haut degré de protection qu’offre cette convention. À l’énoncé du verdict contraire aux attentes nourries, tous savaient dès lors que des milliers d’éléphants seraient encore victimes des braconniers, que des éléphanteaux resteraient auprès de la dépouille de leur mère, traumatisés et condamnés à une mort certaine pour les plus jeunes d’entre eux, que de l’ivoire illégal continuerait d’alimenter les marchés légaux. Tous savaient qu’il leur faudrait redoubler d’efforts.

Mais les membres de la coalition en avaient oublié certains succès essentiels obtenus de façon concomitante et aux enjeux majeurs : les Parties et les non-Parties sous la juridiction desquelles existe un marché intérieur légal d’ivoire contribuant au braconnage ou au commerce illégal, prennent toutes les mesures nécessaires, législatives, réglementaires et de lutte contre la fraude pour fermer, de toute urgence, ce marché intérieur au commerce de l’ivoire brut et travaillé. C’était acté par les Parties à la CITES et la Chine y a fait écho. Cette année, le pays a entamé un processus de fermeture de son marché et Hong-Kong s’est dit prêt à le faire d’ici à 2021. L’Union européenne, se sentant, à tort, moins directement concernée, y travaille cependant, pressée par une coalition d’ONG dont IFAW.

Il était donc temps pour les membres de la Coalition de l’éléphant d’Afrique de faire le point, de mesurer les progrès réalisés, les succès engrangés mais aussi d’identifier les défis qui les attendent d’ici la prochaine CoP de la CITES qui se tiendra au Sri Lanka en 2019. Dans cette perspective, appuyé par la Fondation Franz Weber, le Kenya - qui préside actuellement la Coalition pour l’éléphant d’Afrique conjointement avec le Bénin - a réuni, à Nairobi, du 26 au 29 juin, les membres du comité exécutif de la Coalition et certains de ses alliés parmi lesquels IFAW.   

Une feuille de route a été élaborée avec des actions claires et la volonté de porter la voix des éléphants plus avant au sein de l’Union africaine, un ancrage politique nécessaire pour que le continent africain soit le premier protecteur de cet héritage planétaire.

Des synergies doivent être trouvées avec d’autres conventions où les éléphants pourraient bénéficier d’une protection renforcée au regard des nombreuses menaces auxquelles ils font face : changement climatique, destruction de leur habitat, conflits avec les hommes. Enfin, les actions de réduction de la demande pour l’ivoire doivent se poursuivre afin que les éléphants d’Afrique qui ont survécu depuis 5 millions d’années aient un avenir auprès des générations futures.

Céline Sissler-Bienvenu

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