Transport des chiens de Bosnie vers l’Allemagne : du refuge à la quarantaine

 

 

Ce blog est le deuxième de notre série retraçant le transport de chiens, par le Fonds international pour la protection des animaux, depuis un refuge en Bosnie-Herzégovine jusqu’à leurs foyers d’adoption en Allemagne. Vous pouvez lire le premier article ici.

Lorsque l’on sauve des chiens, il est toujours déchirant de devoir choisir les heureux élus qui embarqueront à bord du premier convoi et ceux qui devront attendre encore un peu plus.

Notre équipe vétérinaire est restée au refuge local de Jajce pendant deux jours, s’efforçant d’identifier les chiens malgré la boue et la pluie battante au moyen des numéros des puces électroniques et de photographies vieilles de plusieurs mois.

Il nous fallait notamment savoir qui avait été vacciné. La tâche s’est avérée d’autant plus difficile que des erreurs s’étaient glissées dans les rapports. Pour ne rien aider, certains chiens avaient été pucés deux fois, quand d’autres ne disposaient d’aucune forme d’identification, et nous découvrions chaque jour une nouvelle tripotée de chiots.

La chargée de campagne d'IFAW, Ellie Milano, repertorie les chiens avant leur transport.

Nous avons finalement identifié les chiens avec les photos et les descriptifs fournis, enregistrés tous ceux qui n’étaient pas dans le suivi, et vacciné et vermifugé tous les animaux sans distinction. Ces informations ont ensuite été envoyées au vétérinaire local, qui a pu produire des passeports pour animaux. Après une période de quarantaine réglementaire de trois semaines, ces documents officiels permettront aux chiens de traverser la frontière bosniaque et d’avoir une vie meilleure.

Malheureusement, nous ne pouvions transporter tous les chiens en une seule fois.

Nous pensions initialement transférer 38 chiens en deux étapes, mais le refuge comptait déjà 45 pensionnaires. Une fois sur place, nous avons dû rajouter à la liste les différentes portées de chiots, les nouveaux chiens, ceux qui avaient été oubliés, et cette mère qui vivait avec ses nouveau-nés de trois semaines dans le caniveau, portant le nombre à près de 70.

Nous avons aussitôt contacté nos partenaires pour savoir s’il était possible de prévoir un plus gros convoi. À notre grand soulagement, même si les foyers n’étaient pas encore tous trouvés, ils ont accepté de prendre en charge 35 premiers chiens et de faire le nécessaire pour reloger les autres à leur tour.

Peu de temps après, les camions de transport sont arrivés.

Le vétérinaire Kati Loeffler avec les chiens juste avant leur chargement dans le camion.

Tous les chiens qui avaient déjà un foyer en attente ont embarqué à bord des camions.

Ceux qui avaient besoin de soins vétérinaires, ainsi que la mère et ses nouveau-nés, ont également été choisis. Il nous restait donc trois places. Comment choisir ? Il nous fallait prendre une décision difficile, et vite. Nous ne voulions laisser personne derrière.

Heureusement, nous savions que nous reviendrions dans trois semaines pour prendre en charge les chiens restants.

Nous avons donc choisi deux autres chiens. Nous voulions aussi prendre à bord l’adorable Sarabi, car il restait une place dans le refuge de destination, mais le chenil du camion était plein.

Sarabi est la chienne la plus isolée du refuge. Elle avait été abandonnée dans une maison à l’écart des autres, dans les bois, et vivait ainsi depuis probablement plusieurs années.

Quand nous sommes arrivés, chaque fois que nous nous éloignions d’elle, la chienne s’allongeait par terre et gémissait de désarroi.

L'adorable Sarabi avec l'auteure avant son départ pour la mise en quarantaine.Elle m’a brisé le cœur et, malgré nos contraintes, je ne pouvais me résoudre à la laisser sur place trois semaines de plus.

Au moment de mettre le contact, nous comptions donc 34 chiens à l’arrière du camion… et Sarabi sur mes genoux !

Nous avions quelque 120 kilomètres à parcourir. Quelques heures plus tard, nous confions les chiens à un refuge de quarantaine au nord de la Bosnie, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec la Croatie.

L'auteure arrive sur le site de quarantaine avec l'un des chiens.

Les chiens resteront là pendant trois semaines avant de pouvoir reprendre leur route vers l’Allemagne. Nous brûlons tous d’impatience de voir ces chiens enfin accueillis par leur nouvelle famille, dans un foyer où ils recevront l’amour et l’attention dont ils ont tant besoin.

Et nous avons hâte de revenir à Jajce pour offrir aux chiens restants l’avenir qu’ils méritent eux aussi.

Kate Atema

Vous pouvez nous aider à reloger les chiens de Bosnie et à secourir les animaux à travers le monde.

 

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Conseiller principal en matière de programmes
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Responsable du sauvetage d’animaux sauvages, siège d’IFAW
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Vétérinaire, Docteur
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Manager du programme Interventions d’urgence
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