
On appelle animaux de compagnie « exotiques » les animaux sauvages qui vivent en captivité chez des particuliers. Or, le commerce de ces animaux alimente le trafic d’espèces sauvages, la souffrance animale et la perte de biodiversité.
D’innombrables animaux sauvages, des perroquets gris du Gabon aux servals, sont aujourd’hui capturés, élevés et vendus comme animaux de compagnie, notamment grâce aux contenus viraux qui en font la promotion sur les réseaux sociaux. Loin d’être anodins, ces contenus contribuent à l’essor du trafic international d’espèces sauvages.
La visibilité des animaux sauvages sur les réseaux sociaux leur est fatale.
Tour d’horizon des mythes les plus dangereux sur les animaux de compagnie exotiques et le commerce d’espèces sauvages
La persistance du commerce d’animaux sauvages destinés à servir d’animaux de compagnie repose sur des mythes puissants. Des croyances rassurantes qui s’avèrent hélas erronées…
Mythe n°1 : Les animaux sauvages élevés en captivité sont domestiqués
La domestication est un processus qui s’étale sur des milliers d’années. Elle se traduit par des évolutions génétiques à l’échelle de toute une population, sur plusieurs générations, à mesure que les humains domptent les comportements d’une espèce pour l’adapter à vivre aux côtés de l’homme. Les animaux sauvages élevés en captivité restent donc sauvages d’un point de vue biologique.
Mythe n°2 : Si on prend correctement soin de l’animal, alors il n’y a pas de problème
Les animaux sauvages ont des besoins sociaux, nutritionnels et environnementaux complexes, qui ne peuvent pas être satisfaits dans un logement humain classique.
Mythe n°3 : La détention légale d’animaux sauvages de compagnie n’a pas d’incidence néfaste sur les populations sauvages
Le commerce légal peut aisément servir de couverture au trafic illicite d’espèces sauvages et accroître la demande d’animaux capturés dans la nature.
Mythe n°4 : Il n’y a aucun mal à regarder et à liker des vidéos d’animaux de compagnie exotiques
Les algorithmes augmentent la visibilité des contenus qui génèrent de l’engagement et cette visibilité augmente la demande.
Dans la réalité, un animal sauvage sera toujours sauvage, qu’il soit né en captivité ou non. Ses instincts, ses besoins sociaux et ses comportements sont dictés par son évolution et ne sont pas adaptés aux contraintes de la vie en maison ou en appartement.
Après avoir détaillé les principales idées reçues qui circulent sur le commerce d’animaux de compagnie exotiques, voyons maintenant quelles sont ses conséquences sur les animaux, les écosystèmes et les populations humaines.
Découvrez la vérité sur les animaux sauvages de compagnie >>
Les conséquences pour les animaux
Derrière chaque vidéo virale mettant en scène un animal de compagnie exotique se cache un animal bien réel, qui souffre souvent bien plus que ne l’imaginent les internautes.
Les perroquets gris du Gabon, l’une des espèces les plus touchées
Le gris d’Afrique est l’un des oiseaux les plus intelligents au monde. Originaires des forêts d’Afrique centrale et de l’Ouest, ces perroquets ont une hiérarchie sociale complexe.
Mais ils sont également l’une des espèces les plus touchées par le commerce d’animaux de compagnie.
Les chiffres relatifs au commerce international d’animaux de compagnie montrent que plus de 1,3 million de gris d’Afrique ont été commercialisés à travers le monde entre les années 1970 et le début des années 2000. Nombre d’entre eux meurent pendant leur capture ou leur transport, avant même d’être vendus. Dans certaines parties d’Afrique de l’Ouest, leur capture intensive pour alimenter le marché des animaux de compagnie a entraîné un grave déclin de leurs populations.
En captivité, les perroquets gris du Gabon restent souvent enfermés en cage pendant des dizaines d’années. Privés de stimulation intellectuelle et d’interaction avec leurs pairs, beaucoup développent un stress chronique qui peut les conduire à s’automutiler en s’arrachant des plumes, par exemple.
Le serval : un félin sauvage présenté (à tort) comme animal de compagnie
Le serval est un félin sauvage carnivore, originaire d’Afrique, dont le commerce international est encadré. À l’état sauvage, ces chasseurs solitaires évoluent sur de vastes territoires et ont un régime alimentaire très spécifique.
Pourtant, à cause de leur magnifique pelage, les servals sont parfois vendus comme animaux de compagnie ou sont exploités dans des centres d’élevage pour produire des savannahs, une race hybride obtenue par croisement avec des chats domestiques.
Sur de nombreuses vidéos en ligne, les servals paraissent être des compagnons joueurs et gérables. Mais ces animaux gardent de puissants instincts de chasse et ont des besoins comportementaux complexes qui ne peuvent pas être satisfaits dans un environnement domestique.
Prendre un serval comme animal de compagnie ne permet pas de le domestiquer. Même en captivité, un serval reste un prédateur sauvage.
Le transport et la captivité sont source de souffrances chez toutes les espèces
Qu’il soit question d’oiseaux (comme le gris du Gabon), de chats sauvages (comme le serval), de reptiles ou encore de primates, aucun animal sauvage ne vit sereinement le passage de la vie sauvage au statut d’animal « de compagnie ».
- Durant leur transport, les animaux sont souvent entassés dans des caisses ou des boîtes minuscules et étouffantes.
- Beaucoup meurent de stress, de faim, de déshydratation ou de blessures, avant même d’avoir été vendus.
- Ceux qui survivent se retrouvent dans des environnements inadaptés à leurs besoins sociaux, nutritionnels, comportementaux et spatiaux complexes, ce qui entraîne un stress chronique et diminue leur bien-être.
Les écosystèmes en paient le prix
Lorsqu’un animal est capturé pour être vendu, son écosystème se retrouve amputé d’un maillon essentiel à sa santé et à son équilibre. Chez des espèces comme le gris d’Afrique, les captures extrêmement nombreuses ne font pas seulement chuter les effectifs : elles perturbent la structure et les cycles de reproduction des populations, accélérant ainsi le déclin de l’espèce.
Que fait IFAW pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages
IFAW mène des actions dans le monde entier pour lutter contre le trafic d’espèces sauvages et réduire la demande d’animaux de compagnie sauvages.
Nos actions consistent à :
- Réhabiliter des animaux sauvages confisqués et les relâcher dans la nature dans toute la mesure du possible
- Protéger les habitats naturels des animaux sauvages à travers des projets de conservation et en collaboration avec les populations locales
- Enquêter sur le commerce illicite d’espèces sauvages en ligne
- Travailler avec les gouvernements afin de renforcer les lois de protection de la faune sauvage
- Aider les services de répression à démanteler les réseaux de trafic
- Collaborer avec les plateformes en ligne afin de lutter contre la commercialisation illégale d’espèces sauvages
- Sensibiliser le public aux risques liés à la détention d’animaux sauvages comme animaux de compagnie
En travaillant à la fois sur l’offre et la demande, nous contribuons à protéger la faune sauvage et à maintenir les animaux sauvages dans leurs milieux naturels.

Ce que vous pouvez faire pour contribuer à mettre fin au commerce d’animaux de compagnie exotiques
Chacun, par ses choix quotidiens, peut contribuer à éradiquer le trafic d’espèces sauvages et le commerce d’animaux sauvages « de compagnie » :
- Vous pouvez contribuer à la protection des animaux sauvages en refusant de liker, de commenter ou de partager des contenus mettant en scène des animaux sauvages « de compagnie », car l’engagement autour de ces contenus accroît la visibilité et la demande.
- Ne prenez jamais un animal sauvage comme animal de compagnie et dénoncez les fausses informations relayées à ce sujet sur les réseaux sociaux.
- En vous positionnant en faveur d’un durcissement des lois sur la protection de la faune sauvage et en sensibilisant autour de vous à la face cachée du commerce d’animaux sauvages destinés à servir d’animaux de compagnie, vous contribuez directement à réduire la demande et à favoriser le maintien des animaux sauvages dans leur environnement naturel.