Sauvons la baleine franche de l’Atlantique Nord
Lire la suitePourquoi la saison de mise bas des baleines franches de cette année est plus importante que jamais
Pourquoi la saison de mise bas des baleines franches de cette année est plus importante que jamais
Avec 23 baleineaux nés, il s’agit de la saison de mise bas la plus forte observée ces dernières années, une avancée significative pour une espèce qui ne compte plus qu’environ 380 individus. Si ces progrès sont encourageants, ils restent fragiles. Les baleines franches de l’Atlantique Nord continuent de faire face à de graves menaces d’origine humaine, et leur rétablissement dépendra de la solidité et de la constance des mesures de protection mises en place.
Pour mieux comprendre ce qui a permis ces avancées, et ce qui pourrait les compromettre, nous avons évalué la saison de mise bas de cette année à l’aide d’un bulletin examinant plusieurs facteurs clés : l’évolution de la population, les menaces, les politiques publiques et les solutions émergentes.

État de la population : stabilité prudente et premiers signes d’amélioration (Note : C+)
Les naissances observées cette année laissent penser que la population pourrait se stabiliser après une période de déclin. Toutefois, les effectifs globaux restent critiquement bas, et une seule année de hausse des naissances ne suffit pas à démontrer un rétablissement durable.
- Par rapport à l’an dernier : la tendance est passée d’un déclin à une possible stabilisation, portée par une augmentation du nombre de baleineaux.
Baleineaux nés : 23, un record depuis 17 ans (Note : B+)
La naissance de 23 baleineaux constitue une avancée majeure : c’est le chiffre le plus élevé enregistré depuis 17 ans. Cela montre clairement que, lorsque les conditions sont réunies, la reproduction peut repartir.
Cependant, la survie des baleineaux reste incertaine. Les jeunes baleines sont exposées dès leurs premiers mois à des risques graves (collisions avec des navires, enchevêtrements dans des engins de pêche et autres menaces) lorsqu’elles migrent et se développent.
- Par rapport à l’an dernier : le nombre de naissances a augmenté, faisant de cette saison la plus productive depuis 17 ans.
Collisions avec les navires : un risque persistant et évitable (Note : C)
Les collisions avec les navires demeurent l’une des principales causes de mortalité des baleines franches de l’Atlantique Nord. Le chevauchement entre leurs zones d’habitat et des voies maritimes très fréquentées — y compris par la navigation de plaisance — continue de créer des situations dangereuses, en particulier pour les mères et leurs petits, qui passent beaucoup de temps près de la surface et des côtes.
- Par rapport à l’an dernier : le niveau de risque reste globalement inchangé, avec une exposition continue au trafic maritime dans des habitats clés, tandis que certaines protections réglementaires aux États‑Unis sont menacées.
Enchevêtrement : une menace persistante, mais des signes de progrès (Note : C+)
Les enchevêtrements dans des engins de pêche constituent depuis longtemps l’une des menaces les plus graves pour les baleines franches. Les blessures qui en résultent sont souvent sévères, provoquant souffrances prolongées, diminution de la capacité de reproduction et parfois la mort. Cette saison a tristement illustré cette réalité avec la mort de Division, une baleine bien connue, victime d’un enchevêtrement.
Dans le même temps, des signes encourageants apparaissent. Des engagements récents, notamment le plan longtemps attendu du Canada visant à réduire les enchevêtrements, montrent une prise de conscience croissante de la nécessité d’actions plus fortes et mieux coordonnées. Les efforts pour tester et déployer des pratiques de pêche plus sûres, comme les engins sans cordage ou à risque réduit, progressent également.
Ces avancées n’ont toutefois pas encore permis de réduire de manière mesurable le risque à l’échelle de la population. Leur mise en œuvre à grande échelle sera essentielle pour obtenir des résultats durables.
- Par rapport à l’an dernier : la dynamique politique s’est améliorée, mais le niveau de menace demeure élevé.

Politiques et protections : des avancées mitigées à un moment crucial (Note : C+)
Les limitations de vitesse des navires restent l’un des outils les plus efficaces pour réduire la gravité et la probabilité des collisions. Elles sont particulièrement cruciales dans les zones où la présence des baleines est avérée.
Cependant, des propositions de modification du règlement clé de 2008 sur la vitesse des navires pourraient affaiblir ces protections. Alors même que les données récentes suggèrent que ces mesures contribuent à de meilleurs résultats, tout recul risquerait d’anéantir les progrès accomplis.
- Par rapport à l’an dernier : les protections sont toujours en place, mais leur avenir est plus incertain en raison de projets de changements réglementaires.
Innovation et solutions : des outils et des partenariats en expansion (Note : B+)
Des avancées significatives ont été réalisées dans l’utilisation de la technologie pour coordonner la réduction des vitesses des navires et limiter les risques pour les baleines. En particulier, l’exploitation des données du Système d’identification automatique (AIS) améliore notre capacité à identifier rapidement les zones à risque et à alerter les marins lorsqu’ils entrent dans des zones de ralentissement.
Les efforts visant à élargir la couverture AIS — notamment grâce à des systèmes installés sur des phares — permettent de combler les lacunes de données dans les zones côtières où se croisent activités humaines et présence des baleines. Ces innovations favorisent une prise de décision plus éclairée et des mesures de protection plus efficaces.
- Par rapport à l’an dernier : l’utilisation de l’AIS et la collaboration entre secteurs ont nettement progressé pour réduire les risques de collision.
Ce que montre cette saison et les prochaines étapes
La saison de mise bas de cette année démontre que le rétablissement est possible lorsque des protections efficaces et des solutions adaptées sont mises en œuvre. La naissance de 23 baleineaux prouve que la collaboration entre les différents acteurs porte ses fruits.
Mais ces avancées restent fragiles. Les collisions avec les navires et les enchevêtrements continuent de menacer l’espèce, et les propositions de modification des règles de vitesse pourraient affaiblir les protections à un moment critique.
La marche à suivre est claire : nous devons renforcer, et non affaiblir, les mesures qui fonctionnent déjà. Cela signifie maintenir des limitations de vitesse efficaces, étendre l’utilisation de technologies comme l’AIS en complément de la réduction des vitesses, et continuer à investir dans des solutions visant à réduire les dommages causés par les activités humaines.
Cette année a prouvé que des avancées réelles sont possibles. La prochaine étape consiste à faire en sorte que ces progrès se poursuivent.
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