Rétablissement de la faune sauvage au Zimbabwe
Rétablissement de la faune sauvage au Zimbabwe
Des caméras confirment le retour des lions et des éléphants
Au cœur de Matetsi Unit 5, au nord du parc national de Hwange, une petite caméra est fixée à un mopane le long d’un sentier animalier très fréquenté. Discrète et constante, elle capture des scènes que peu de personnes ont l’occasion d’observer, des éléphants traversant les lieux au crépuscule, des lions se déplaçant à la faveur de la nuit.
Ces images permettent de mieux comprendre comment la faune sauvage revient peu à peu dans ce paysage en cours de restauration.
Une vision plus claire des déplacements de la faune sauvage
Cet équipement s’inscrit dans un effort plus large visant à surveiller et analyser les déplacements de la faune. Il reflète une approche de conservation fondée sur les données, dans laquelle la technologie guide les stratégies de protection et de gestion des habitats.
En février 2026, IFAW, ZimParks, et Munchkin ont installé onze pièges photographiques dans ce paysage clé de l'initiative Donnons de l'espace. Matetsi Unit 5 joue un rôle essentiel en maintenant la connectivité pour les éléphants et d’autres espèces qui se déplacent entre différents écosystèmes.

Les pièges photographiques sont déclenchés par le mouvement et la chaleur, et capturent des images des animaux qui passent. Installés le long de sentiers identifiés grâce aux traces, aux excréments et à d’autres signes d’activité, ils offrent un aperçu précieux de la manière dont la faune utilise ce territoire.
« Pour donner aux caméras les meilleures chances de raconter toute l’histoire, nous les plaçons là où les signes de présence animale sont évidents, le long de chemins marqués par des empreintes, près des amas de déjections et là où des crottes récentes indiquent des passages récents », explique Walter Mupezuweni, chargé de projet pour IFAW à Matetsi Unit 5.
Chaque image vient enrichir une base de données en constante évolution, aidant les équipes de conservation à mieux comprendre l’utilisation du paysage par la faune. Les premiers résultats sont déjà marquants.

Des signes du retour de la faune sauvage
« Les résultats sont extrêmement encourageants. Nous avons capturé des images rares de lions et de léopards traversant la zone, des animaux discrets que l’on observe rarement. Les voir revenir et utiliser ce territoire rappelle avec force l’importance de ce travail », souligne Walter Mupezuweni.
Le déploiement de ces caméras marque le début d’un inventaire de référence visant à cartographier la répartition des espèces et l’utilisation de l’habitat à Matetsi Unit 5.
« À Matetsi Unit 5, ces pièges photographiques travaillent en silence », explique Henry Ndaimani, responsable de la conservation des habitats chez IFAW. « Leur installation lance une étude fondamentale destinée à comprendre quelles espèces considèrent réellement ce paysage protégé comme leur foyer. »
Les données préliminaires, collectées quelques semaines après l’installation, indiquent qu’un écosystème montre déjà des signes précoces de rétablissement. Les images confirment la présence d’espèces clés, notamment des éléphants, des buffles, des lions et des léopards.
Un paysage en pleine mutation
Depuis 2019, IFAW et ses partenaires œuvrent à la restauration et à la protection de cette zone, en soutenant à la fois la faune sauvage et les habitats dont elle dépend. L’objectif est simple, permettre à Matetsi Unit 5 de retrouver sa capacité à abriter des populations animales saines et durables.
Ce travail accompagne également une évolution plus large de la gestion du site. Autrefois principalement destiné à la chasse, Matetsi Unit 5 s’oriente désormais vers un modèle axé sur la conservation et le tourisme photographique. Cette transition crée des opportunités de tourisme plus durable, bénéfiques à la fois pour la faune et pour les communautés locales.
« Notre action repose sur une conviction profonde, celle que la nature peut se régénérer lorsqu’on lui en donne la possibilité. En restaurant des habitats fragiles, en soutenant le retour de la faune et en développant des infrastructures compatibles avec l’écotourisme, nous contribuons au rétablissement de ce territoire et à sa protection pour les générations futures », affirme Henry Ndaimani.
La zone de safari de Matetsi, qui tire son nom de la rivière qui la nourrit, s’étend entre le parc national de Hwange et le fleuve Zambèze. Cette situation en fait un couloir essentiel pour les éléphants qui se déplacent entre le Zimbabwe et le Botswana.
En regardant vers l’avenir
Matetsi joue un rôle crucial dans le cadre de l’initiative Donnons de l'espace d'IFAW. Il s’agit d’un écosystème qui mérite d’être protégé si nous voulons assurer la pérennité des espèces migratrices telles que les éléphants, souligne Phillip Kuvawoga, directeur principal de la conservation chez IFAW.
Organisation guidée par la science, IFAW continue d’utiliser des outils comme les pièges photographiques et la plateforme EarthRanger afin de renforcer le suivi de la faune et d’orienter les décisions de conservation à l’échelle du Grand écosystème de Hwange.
Au fil des images recueillies, une histoire porteuse d’espoir se dessine. Celle du mouvement, du retour et d’un habitat qui commence à se rétablir. Avec une protection pérenne, Matetsi Unit 5 pourra de nouveau abriter des populations sauvages prospères pour les générations à venir.
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