Le microcrédit au secours des gros éléphants

La province du Yunnan est le dernier endroit en Chine où l’on trouve encore des éléphants sauvages. Ils ne sont plus que 250, peut-être moins. Ces éléphants sauvages – désormais les seuls du pays – ont le statut d’espèce protégée en vertu de la loi chinoise.

Leur habitat est cependant menacé par les activités humaines, ce qui fait que les éléphants s’aventurent parfois près des villages. À partir de 1992, on a commencé à les apercevoir à diverses reprises à Pu’er et Xishuangbanna; ils ont détruit des récoltes, endommagé des maisons et blessé des gens.

Les villageois avaient peur, les éléphants sentaient leur hostilité, et les conflits s’accentuaient sans cesse dans un cercle vicieux.

L’IFAW intervient

Pour faire cesser l’escalade des hostilités, nous sommes intervenus en créant des liens constructifs avec les différentes instances gouvernementales chargées de la conservation de la faune dans la région.

De 1999 à 2003, l’IFAW a mené un programme quinquennal de microcrédit à Pu’er. L’objectif était de prêter de l’argent aux villageois pour qu’ils puissent diversifier leurs activités économiques et réduire leur dépendance aux activités agricoles. Grâce à cette approche, les villageois ont cessé d’empiéter sur le territoire des éléphants et on a réduit les dommages causés par les pachydermes.

De 2003 à 2008, l’IFAW a instauré des programmes semblables dans la région de Xishuangbanna, ce qui a permis d’améliorer le sort d’autres personnes encore – et d’autres éléphants – dans ce territoire. Au fil des ans, nous avons bâti une relation de travail et de collaboration très positive avec les villageois et les gouvernements locaux.

Nous avons également réalisé des recherches scientifiques afin d’aider les responsables de la réserve naturelle à préparer une carte SIG et à tracer un corridor faunique. Grâce à ce corridor, les éléphants pourront prolonger leur habitat vers la région de Xishuangbanna. Nous avons aussi mis sur pied des programmes de sensibilisation destinés aux collectivités rurales, aux écoles et aux touristes, ce qui a permis à des milliers de personnes de mieux comprendre leurs voisins les éléphants et de découvrir l’abondante diversité biologique de cette région.