Des clôtures pour le bien commun

À mesure que les populations humaines augmentent, on coupe de plus en plus de forêts, on transforme des prairies en champs cultivés, on construit des routes et des villages. En conséquence, on dégrade ou on élimine des habitats qu’utilisaient les animaux. Où peuvent aller les éléphants et les autres animaux sauvages en pareille situation?

Pour éviter les interactions dangereuses entre les animaux et les humains, l’érection de clôtures s’avère parfois une solution viable. Bien sûr, on peut percevoir ce geste comme un enfermement des animaux – ou des humains – mais dans certains cas les clôtures s’avèrent bénéfiques pour les deux espèces. Les clôtures érigées par l’IFAW et ses partenaires contribuent à protéger les humains, leurs cultures et leur bétail contre le passage parfois destructeur des éléphants. Inversement, les éléphants se trouvent ainsi à l’abri des humains.

Évidemment, les clôtures ne constituent pas une solution universelle parce qu’elles peuvent générer leur propre lot de problèmes (confiner un trop grand nombre d’éléphants dans un trop petit espace, par exemple), mais dans certaines situations spécifiques, elles peuvent nettement favoriser le bon voisinage entre humains et éléphants. Voici quelques exemples.

La clôture des Taveta, au Kenya

La communauté des Taveta, installée le long de la frontière du parc national de Tsavo Ouest, vivait des conflits avec les éléphants depuis plusieurs décennies. Avec l’aide de l’IFAW et des services fauniques du Kenya, les Taveta ont décidé d’ériger une clôture. Résultat : les éléphants ne s’aventurent pratiquement plus dans les champs cultivés, les enfants sont en sécurité, les sources d’alimentation des Taveta sont mieux protégées et on a pu relancer des projets d’irrigation.

La clôture du mont Kenya

La réserve nationale du mont Kenya abrite quelque 2000 éléphants selon les estimations, de même que d’autres espèces menacées comme des rhinocéros et des léopards. En réponse à l’augmentation des conflits avec les humains le long de la frontière de la réserve, un organisme de conservation, le Bill Woodley Mount Kenya Trust, a décidé, avec l’aide de l’IFAW et d’autres organisations, d’ériger une clôture solaire. Les cultures des collectivités qui habitent le long de la frontière sont désormais mieux protégées. De plus, cette amélioration des conditions de vie contribuera aussi à améliorer les relations entre les écologistes et les agriculteurs locaux.

La clôture du parc de Liwonde, au Malawi

Malgré la petite taille du parc national de Liwonde, on estime qu’environ 1000 éléphants y vivent. Par ailleurs, ce parc est complètement encerclé par des zones d’habitation humaine densément peuplées. Comme on peut s’y attendre, la combinaison de ces deux facteurs entraîne souvent des conflits. Depuis près d’une dizaine d’années, l’IFAW est à l’oeuvre sur place pour contribuer à l’apaisement des conflits et à l’application des lois. Nous avons aidé à construire et entretenir un système de clôture électrifiée perfectionné dans les points les plus problématiques autour du parc. L’IFAW participe actuellement à un plan quinquennal pour aider le ministère des parcs nationaux et de la faune du Malawi à mettre au point et à implanter différentes mesures pour assurer la sécurité du parc, apaiser les conflits entre humains et éléphants, et améliorer la gestion des volets de conservation.

La clôture de Laikipia, au Kenya

Dans la région de Laikipia, au nord du Kenya, les conflits entre humains et animaux existent depuis plusieurs années aussi. En 2006, l’IFAW a accordé une subvention de 135 000 $US pour aider les collectivités locales et les services fauniques du Kenya à construire une clôture électrifiée d’une longueur de 150 km. Nous avons aussi fourni de l’équipement pour les captures massives d’une valeur de plus de 93 500 $. Ces mesures ont permis de mieux protéger les éléphants tout en réduisant les conflits avec les humains.