Opération sauvetage : les principales étapes

Quand un ou plusieurs animaux malades, blessés ou privés de leur habitat s’échouent sur le rivage, l’IFAW entre en action. La première étape consiste à amasser rapidement le plus d’information possible à propos de l’échouage et des animaux impliqués. Chaque événement est unique et exige une réponse spécifiquement adaptée aux circonstances. L’équipe de sauvetage et de recherche sur les mammifères marins de l’IFAW (MMRR - Marine Mammal Rescue and Research) est en mesure de répondre à tous les types d’échouages de dauphins, de baleines, de marsouins ou de phoques.

Comme chaque minute compte, le fait d’avoir « des yeux et des oreilles » sur place peut parfois faire toute la différence. Dès que nous recevons un appel sur notre ligne d’urgence, nous envoyons aussitôt le bénévole le plus près pour qu’il fasse une première évaluation de la situation et nous transmette les informations essentielles. Combien y a-t-il d’animaux? De quelle espèce? De quelle taille? Quel semble être leur état de santé? À partir de ces informations, nous pouvons rapidement déterminer la meilleure façon de réagir. Faut-il une remorque pour transporter des animaux? Doit-on apporter des tapis spéciaux pour se déplacer dans la boue mouvante de Wellfleet? Combien de bénévoles doit-on appeler?

Les deux facteurs les plus importants pour déterminer notre mode de réaction sont l’espèce impliquée (phoque, dauphin, baleine ou marsouin) et le fait que le ou les animaux soient vivants ou morts. Nous nous intéressons aussi aux animaux morts parce qu’ils nous permettent de recueillir de précieuses informations sur la santé des populations, les maladies et les problèmes d’origine humaine qui les affectent.

Quand on signale un phoque, il faut d’abord vérifier s’il est blessé ou malade (contrairement aux trois autres espèces, les phoques peuvent venir sur le rivage simplement pour se reposer). Les bénévoles ou le personnel font donc une évaluation visuelle de la condition physique et du comportement de l’animal pour déterminer s’il a besoin d’aide. Le cas échéant, ils le font entrer avec précaution dans une grande cage de plastique pour le transporter jusqu’à notre centre de soins, pour une évaluation plus approfondie. On donne ensuite des traitements aux animaux qui en ont besoin, puis on les amène dans un centre de réhabilitation.

Avec les cétacés, c’est une tout autre histoire. Pour espérer sauver un dauphin, une baleine ou un marsouin trouvé vivant sur le rivage, il faut lui prodiguer des soins immédiats. Une fois sur place, l’équipe spécialisée de l’IFAW commence par évaluer l’état de santé de l’animal en faisant appel à différents procédés : observations comportementales, examen physique, analyse sanguine et autres techniques vétérinaires. Toutefois, comme il n’y a pas de centre de réhabilitation des cétacés à proximité, l’éventail des solutions possibles est parfois restreint. Pendant que l’animal est échoué, nous prodiguons des soins de base pour lui offrir le meilleur niveau de confort possible et ainsi augmenter ses chances de survie. Lorsque les échouages ont lieu dans la baie de Cape Cod, comme c’est souvent le cas, il est habituellement préférable de ne pas remettre les animaux à l’eau à cet endroit. En effet, en pareil cas, les animaux ont souvent tendance à s’échouer de nouveau, pour les mêmes raisons (notamment les fluctuations des marées et les côtes au tracé complexe). Nous transportons alors les dauphins, les baleines et les marsouins en bonne santé de l’autre côté du cap pour les remettre en mer en dehors de la baie.

Le but de notre travail est de remettre à l’eau le plus d’animaux possible dans un délai de quelques heures seulement. Cependant, pour effectuer une remise à l’eau rapide, l’animal doit évidemment être en bonne santé. Lorsqu’un animal a besoin de soins médicaux prolongés, nous le transportons dans un centre de réhabilitation local si des places sont disponibles. Nous souhaitons toujours que les animaux puissent se rétablir suffisamment pour reprendre la vie sauvage. Mais nous savons aussi que cela n’est malheureusement pas toujours possible. C’est la triste réalité. Dans certains cas, la solution la plus bienveillante, c’est d’euthanasier l’animal. Nous comprenons que la nature est souvent hors de notre contrôle et nous nous efforçons alors de minimiser les souffrances de l’animal et de lui offrir une mort dans le respect et la compassion.

Lors des échouages d’animaux, morts ou vivants, nous répertorions les plus de données possible sur l’événement et sur les animaux eux-mêmes. L’IFAW est un chef de file en matière de recherche et de sauvetage des mammifères marins échoués; à chaque échouage, nous essayons de bien comprendre ce qui s’est passé afin d’en apprendre toujours un peu plus sur ce phénomène. Nous incorporons ensuite nos nouvelles connaissances à nos protocoles de réponse, dans l’espoir d’augmenter constamment le taux de survie des animaux échoués.