GLOSSAIRE ET DÉCLARATION DE PRINCIPES

4 Avril 2013

PRÉAMBULE

Afin de concrétiser la vision d'IFAW d'un monde dans lequel les animaux sont respectés et protégés, nous appliquons certains principes clés à nos projets de terrain et à notre travail de sensibilisation pour obtenir une meilleure prise en compte du bien-être animal sur les plans politique, légal et sociétal :

•    Les animaux doivent être reconnus comme des êtres sensibles dotés d’une valeur intrinsèque.
•    Les politiques menées doivent être basées sur des données scientifiques fiables et favoriser un traitement éthique des animaux.
•    Les décisions de conservation doivent être guidées par des principes de durabilité écologique, de durabilité biologique, de traitement éthique des animaux et par le principe de précaution.

DÉFINITIONS CLÉS

Animal

Bien-être animal

Durabilité biologique

Conservation

Durabilité écologique

Euthanasie

Valeur intrinsèque

Principe de précaution

Utilisation durable de la nature (y compris des animaux)

Animaux sauvages et domestiques

Animal

Définit tout membre du règne Animalia, et notamment les organismes multicellulaires à la forme bien définie et à la croissance généralement limitée, capables de se déplacer volontairement, de se procurer eux-mêmes de la nourriture et de la digérer de manière interne, et dotés de systèmes sensoriel et nerveux leur permettant de réagir rapidement aux stimuli.
Pour les besoins de ce glossaire, l’usage du mot « animal » fait référence aux animaux vertébrés largement reconnus comme étant des êtres sensibles.

Bien-être animal

La bonne santé physique et mentale des animaux.

Durabilité biologique

La faculté d’une population d’organismes vivants à préserver durablement ses capacités reproductrices, ses fonctions, sa biodiversité et sa productivité de manière à maintenir des niveaux d'abondance définis par des critères communément acceptés tels que la taille de la population non exploitée.

Conservation

Protéger du gaspillage, de la détérioration ou de la destruction quelque chose qui ne peut être rétabli, à l’image d’un écosystème, d’un habitat ou d’une espèce.

Durabilité écologique

La faculté d’un écosystème à préserver durablement ses processus, ses fonctions, sa biodiversité et sa productivité écologiques, souvent mesurés à l’aide d’indicateurs portant sur la diversité biologique globale et sur le potentiel de développement de certaines espèces indicatrices, parmi lesquelles des espèces clés.

Euthanasie

L’étymologie du mot « euthanasie » veut dire « mort douce » ou « bonne mort ». L’euthanasie se définit comme un processus de mort rapide présentant un minimum de contraintes pour l’animal ainsi qu’un niveau de stress et de douleur aussi peu élevé que possible.

Valeur intrinsèque

La valeur inhérente de quelque chose, indépendamment de sa valeur (ou utilité) pour qui ou quoi que ce soit.

Principe de précaution

Un principe scientifique qui prescrit la prudence ou le recours à des actions conservatrices en cas d’incertitude scientifique ou de manque de données. Il vise à réduire ou à éloigner les menaces pesant sur le bien-être des humains, des animaux ou de l’environnement en attendant la diffusion de nouvelles informations scientifiques sur lesquelles s'appuyer.  

Utilisation durable de la nature (y compris des animaux)

L’utilisation de la nature et des animaux par les humains pour quelque but que ce soit, d’une manière qui ne cause et n'encourage aucune diminution ni dégradation.

Animaux sauvages et domestiques

Animal domestique - animal élevé de manière sélective par les humains depuis plusieurs générations, que ce soit pour sa compagnie, sa viande, ses fibres ou son travail.

Animal de compagnie domestiqué - animal domestiqué gardé par les humains au sein ou à proximité de leur domicile pour sa compagnie, son aspect esthétique ou son rôle de soutien émotionnel et/ou physique.

Animal de compagnie - animal domestiqué qui a été socialisé et est capable de nouer des liens forts avec les êtres humains. Il n’est ainsi pas mis en cage ou confiné dans espace restreint (un chien ou un chat par exemple).

Domestication - processus grâce auquel les animaux sont génétiquement transformés par le biais d’un élevage sélectif afin de répondre à un besoin humain particulier. 

Animal errant - animal domestique vivant à l’état sauvage et souvent trop faiblement socialisé ou trop craintif des êtres humains pour être placé dans un foyer traditionnel ou dans une pension sans compromettre son bien-être ou celui des humains.

Animal exotique - animal appartenant à une espèce non endémique de l’espace géographique où il vit ou est conservé.

Animal de compagnie exotique - animal n'ayant pas encore été complètement domestiqué et appartenant à une espèce non endémique de la zone géographique où il est conservé mais néanmoins gardé en captivité par les humains pour sa compagnie, son aspect esthétique ou son rôle de soutien émotionnel et/ou physique

Animal de ferme - animal domestiqué généralement associé à la production d’aliments ou de fibres. Cette catégorie comprend notamment les mammifères ongulés domestiques et les oiseaux de basse-cour.

Animal envahissant - animaux non endémiques qui ont étendu ou déplacé leur aire de répartition, qui se sont échappés d’un écosystème ou qui ont été introduits dans un autre.

Animal de spectacle - animal entraîné à effectuer une tâche dont le but principal est de divertir les humains ou de faire passer un message.

Nuisible - organisme dont les caractéristiques sont jugées dangereuses ou non désirables pour les humains.

Sensibilité - capacité à ressentir et à percevoir les choses.

Sensible - doué d’un pouvoir de perception.

Apprivoisement - l’apprivoisement d’un animal sauvage modifie son comportement mais pas ses caractéristiques génétiques. L’apprivoisement est très différent de la domestication. Les animaux sauvages qui ont été apprivoisés mais non domestiqués ne perdent pas leurs caractéristiques sauvages. Les animaux domestiques s’apprivoisent facilement.

Animal sauvage - animal non domestiqué conservant ses caractéristiques sauvages. Voir la définition d’un animal domestique.

Animal de compagnie sauvage - animal n'ayant pas encore été complètement domestiqué mais étant néanmoins conservé en captivité par les humains pour sa compagnie, son aspect esthétique ou son rôle de soutien émotionnel et/ou physique.

Animal de travail - animal domestiqué ou sauvage, apprivoisé et entraîné à effectuer une tâche destinée à aider les humains.

DÉCLARATION DE PRINCIPES

1.1     Durabilité écologique

La durabilité écologique est vitale pour le bien-être de la vie sur Terre. Elle doit être le premier et le principal objectif de la conservation.

1.2    Évaluer la protection des animaux sous la responsabilité directe des humains

Les êtres humains ont le devoir de subvenir aux besoins des animaux placés sous leur responsabilité. Une attention particulière doit être portée aux nombreux éléments qui contribuent à la qualité de vie de l’animal, parmi lesquels ceux connus sous le nom des « cinq libertés » :
1) Ne pas souffrir de faim et de soif
2) Ne pas souffrir de contraintes physiques
3) Être indemne de douleurs, de blessures et de maladies
4) Avoir la liberté d’exprimer des comportements normaux
5) Être protégé de la peur et de la détresse

1.3    Évaluer la protection des animaux sauvages en liberté

Les êtres humains perturbent la vie des animaux sauvages de nombreuses manières. Nous avons la responsabilité d’assurer la réduction, la prévention ou l’élimination des dangers qui pourraient résulter de nos activités.

Pour évaluer la protection des animaux sauvages en liberté, plusieurs outils de mesure peuvent être utilisés afin de déterminer l’état d’un individu ou d’une population sur une échelle allant de « protection optimale » à « protection médiocre ». Dans le cas d’un individu, ces outils sont les suivants :
•    espérance de vie ;
•    capacité à croître et à se reproduire ;
•    body condition physique (y compris la présence/l'absence de blessure ou maladie) ;
•    statut physiologique ;
•    comportement.
Dans le cas d’une population, les outils traditionnels de mesure sont les suivants :
•    niveau actuel d’abondance (souvent dicté par une norme, comme la taille de la population inexploitée ou le potentiel de développement – voir le Marine Mammal Protection Act des États-Unis par exemple) ;
•    évolution du niveau d’abondance (en hausse, à la baisse, stable) ;
•    état de santé des individus au sein de la population ;
•    âge de maturité pour la première reproduction ;
•    taux de reproduction (élevé ou faible) ;
•    taux de mortalité naturelle ou de survie.

 
1.4    Utilisation durable des animaux

Les êtres humains ont la responsabilité de respecter la valeur intrinsèque des animaux et d’assurer la coexistence durable des espèces humaines et animales.
Le traitement cruel et inhumain des animaux sous couvert d’utilisation durable est inacceptable. Revendiquer une utilisation durable ne justifie en aucun cas de pouvoir infliger douleur et souffrance.

1.5    Durabilité biologique

Les populations d’organismes vivants ne doivent pas être exploitées de telle manière que leur nombre et leur santé atteignent des niveaux à partir desquels il leur sera impossible de se rétablir.

1.6     Valeur intrinsèque

La valeur intrinsèque se définit comme la valeur inhérente de quelque chose, indépendamment de sa valeur (ou de son utilité) pour qui ou quoi que ce soit. La valeur intrinsèque est une qualité que l'on possède en propre et qui ne peut être interchangée. Un animal dispose d’une valeur intrinsèque car c’est un être [génétiquement] unique et il ne peut pas être remplacé par un autre animal. Une espèce dispose d’une valeur intrinsèque pour la même raison : aucune autre espèce ne peut lui être substituée et toute extinction est définitive.

1.7     Sensibilité

La qualité de vie des animaux vivants et la souffrance qu'ils endurent est une question de morale. Les animaux sont des êtres sensibles et, en tant que tels, leur bien-être doit être rigoureusement pris en compte dans l’élaboration et la mise en place des politiques les concernant.

1.8     Contrôle des nuisibles

Le traitement cruel et inhumain des animaux sous couvert de contrôle des nuisibles est inacceptable. Qualifier un animal de nuisible ne justifie en aucun cas un traitement barbare.

Animaux de compagnie

2.1    Avoir un animal de compagnie

Un animal de compagnie doit bénéficier des ressources, des conditions environnementales et des interactions sociales nécessaires à la satisfaction de ses besoins physiques et émotionnels.

2.2    Reproduction responsable

Les personnes qui autorisent les animaux domestiques à se reproduire ont la responsabilité de s’assurer de la bonne santé des animaux reproducteurs et de leur progéniture. Les croisements sauvage-domestique tels que les chiens-loups doivent être interdits.

2.3    Mutilations

Couper les oreilles, écourter les queues, dévocaliser, arracher les griffes d’un chat ou les crocs d’un chien sont autant d'actes qui ne doivent pas être réalisés pour satisfaire des intérêts esthétiques, des fins éducatives ou toute autre raison non vétérinaire.

2.4     Euthanasie

Lorsqu’il apparaît clair que la qualité de vie d’un animal est ou sera probablement compromise de manière inacceptable et qu’il est impossible d’empêcher cet état de fait ou d'y remédier, l’euthanasie peut être effectuée dans l'intérêt de l’animal.  

2.5     Abattage

L'abattage de chats et de chiens n’est pas une méthode acceptable de contrôle des populations d'animaux de compagnie et ne peut plus être envisagé comme une solution.

Animaux sauvages

3.1     Animaux sauvages en captivité (généralités)

Les animaux sauvages ne peuvent pas être gardés en captivité, à moins que les conditions de bien-être de ces animaux soient remplies et qu’il existe une justification éthique basée sur la recherche, la conservation et/ou le bien-être de l’animal. Certaines espèces ne peuvent voir leurs besoins satisfaits en captivité en raison des conditions sociales et environnementales complexes dont elles ont besoin.

3.2     Animaux sauvages de compagnie

Les animaux sauvages s’épanouissent en liberté et ne doivent pas servir d’animaux de compagnie.

3.3     Chasse des animaux sauvages

La justification éthique de la chasse des animaux sauvages doit être évaluée au cas par cas. Les animaux sauvages ne doivent pas être chassés dès qu'une problématique liée à l’éthique ou à la conservation se pose.

3.4     Chasse aux trophées

Les animaux ne doivent pas faire l’objet de chasse aux trophées, même lorsqu’ils sont consommés après avoir été tués.

3.5     Chasse commerciale

La chasse inhumaine et immorale d’animaux sauvages à des fins commerciales, y compris pour leur viande, leur fourrure, leurs vertus médicinales, leur aspect décoratif ou leur huile, doit être interdite.

3.6     Chasse d’espèces menacées

Les espèces menacées ne doivent pas être chassées.

3.7    Chasse de subsistance

Les chasses à fins de subsistance doivent reposer sur des bases écologiquement durables. En outre, toutes les précautions doivent être prises afin de minimiser la douleur et la souffrance des animaux chassés.  

3.8     Chasse commerciale à la baleine et au phoque

La chasse commerciale à la baleine (y compris la chasse dite « scientifique ») et au phoque doit être interdite en raison de sa nature cruelle et inutile et de la menace sérieuse qu’elle fait peser sur la survie de ces espèces.

3.9     Abattage d’animaux

Dans les cas où la réduction de populations d’animaux est envisagée et justifiée par des bases scientifiques et éthiques, il est préférable d’employer des moyens autres que l’abattage des animaux ou leur mise en captivité, et ce pour des raisons notamment économiques, éthiques, scientifiques et éducatives. Si des mesures d’abattage sont jugées absolument indispensables et que toutes les autres solutions ont été étudiées, elles doivent être exécutées de manière à limiter la souffrance des animaux. Tout doit être mis en œuvre pour éviter le recours à de telles mesures et, lorsqu'elles sont employées, la nécessité de l’intervention et son efficacité doivent être justifiées.

Animaux destinés à la consommation

4.1    Élevage industriel
L’élevage industriel – réalisé sur des installations à grande échelle utilisant des systèmes de confinement à haut facteur de densité – compromet fortement le bien-être des animaux et pollue l’environnement. L’achat de viande issue d’animaux élevés localement et humainement chez des producteurs aux méthodes durables et la réduction de la consommation de viande permettent d'en limiter les effets délétères sur les animaux et l’environnement.

4.2     Traitement des animaux d’élevage  

Les animaux d’élevage (y compris les poissons) qui sont élevés et tués pour leur viande ont le droit d’être protégés de l'adversité et de la douleur au cours de leur vie. Tout doit être fait pour répondre à leurs besoins physiques et émotionnels, en accord avec les cinq droits précisés ci-dessus.

 
4.3     Consommation d'animaux sauvages

La chasse d’animaux sauvages à des fins de consommation doit être effectuée de manière humaine et écologiquement durable.

Les animaux sauvages sont une importante source de protéines pour de nombreuses populations indigènes. Cependant, le développement de nouveaux marchés ainsi que la hausse du commerce d’animaux sauvages destinés à la consommation humaine engendre des pratiques qui ne sont ni humaines, ni durables.

Animaux et science

5.1     Expériences sur les animaux

L’utilisation d’animaux dans le cadre de recherches scientifiques doit être réduite au minimum et des alternatives doivent être développés en s'appuyant sur les principes des « trois R » : Raffiner (Refine en anglais) les procédures afin d’éliminer la souffrance, Réduire (Reduce) le nombre d’animaux utilisés et Remplacer (Replace) les expérimentations animales par d’autres méthodes lorsqu'elles existent. Les animaux ne doivent pas être utilisés pour les tests de produits cosmétiques ou pour la conception de produits d’entretien et de jardinage.
 
5.2     Animaux sauvages dans les préparations médicinales

Les animaux sauvages ainsi que leurs parties et dérivés ne doivent pas être utilisés dans les préparations médicinales. Des extraits de plantes efficaces, abondantes et non menacées et des substituts synthétiques doivent être privilégiés.