Éléphants en danger : 25 pays africains tirent la sonnette d’alarme

Vendredi, Septembre 7, 2012
Ouagadougou, Burkina Faso

Une coalition de 25 États africains connue sous le nom de Coalition pour l’Éléphant d’Afrique (CEA) s’est réunie la semaine dernière à Ouagadougou, au Burkina Faso, en vue d’identifier les mesures à prendre de toute urgence pour protéger les éléphants d’Afrique des menaces grandissantes qui pèsent sur nombre d’entre eux, réunion à

laquelle le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW – www.ifaw.org) a participé.

Les délégués de la CEA s’inquiètent spécialement de l’ampleur que prennent le braconnage et le trafic d’ivoire. En effet, si l’année 2011 a été la plus funeste jamais recensée, l’année 2012 pourrait être pire. Si l’on en croit un rapport récent soumis aux Parties de la CITES (la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), le braconnage connaît actuellement un pic jamais atteint au cours des vingt dernières années.

« Le niveau de braconnage en Afrique et ailleurs est actuellement stupéfiant », prévient Azzedine Downes, Directeur Général Adjoint des opérations. « IFAW salue les efforts de l'AEC, car il faudra que toutes les ONG et tous les gouvernements travaillent ensemble pour y mettre un terme. »

Les membres de la Coalition pour l’Éléphant d’Afrique se donnent pour mission d’offrir à ces magnifiques animaux un avenir plus sûr à long terme et appellent de leurs vœux un soutien international à tous les niveaux. Ils encouragent les pays développés et tout un chacun à apporter dès aujourd’hui leur contribution au Fonds pour l’Eléphant d’Afrique.

« Les membres de la Coalition pour l’Éléphant d’Afrique considèrent cet animal comme une merveille de la Nature. C’est pour nous une fierté et un honneur d’avoir dans nos pays ces animaux remarquables. Malheureusement, ils disparaissent rapidement dans de nombreuses régions et nous devons agir maintenant », déclare Ibrahim Lankoande, Président de la réunion de la Coalition pour l’Éléphant d’Afrique et Directeur général du Département des Forêts et de la Faune sauvage du Burkina Faso.

Les délégués à la réunion ont dressé un triste constat sur la situation des éléphants dans leur pays respectif :

  • 25 éléphants abattus en 3 jours en République Démocratique du Congo en mars 2012
  • Un éléphant abattu toutes les quelques minutes en République du Congo
  • 30 éléphants braconnés dans la Réserve d’éléphants de Babila en Éthiopie au cours des 12 derniers mois
  • 250 éléphants braconnés au Kenya cette année jusqu’à présent
  • Un nombre d’éléphants dans le Parc National de Zakouma au Tchad passé de 4000 en 2006 à 1000 aujourd’hui.

« En 1970, mon pays abritait 70 000 éléphants. Désormais, en raison du braconnage et plus particulièrement de son caractère transfrontalier, nos agents chargés de la protection de la faune sauvage se battent pour protéger les quelque 200 pachydermes survivants », explique Jean Baptiste Mamang-Kanga, Directeur de la Faune et des Aires Protégées en République centrafricaine. « Il s’agit d’une véritable situation de crise et j’appelle la communauté internationale à venir en aide aux États de l’aire de répartition. »

Les experts présents à la réunion, ouverte par le Ministre de l’Environnement et du Développement durable du Burkina Faso, le Pr. Jean Koulidiati, ont convenu qu’il était primordial de réduire la demande manifestement insatiable en ivoire de contrebande des pays tels que la Chine. « Les éléphants ne sont pas les seules victimes : nos rangers présents sur le terrain perdent eux aussi la vie en essayant de protéger ces animaux d’une criminalité organisée, armée et sans pitié », affirme Patrick Omondi, Directeur adjoint du Kenya Wildlife Service, avant d’ajouter que « la mort de ces héros de l’ombre ne sera pas vaine. »

En 2010, l’ensemble des 38 États africains de l’aire de répartition a adopté le Plan d’action pour l’éléphant d’Afrique, détaillant par ordre de priorité les mesures à mettre en œuvre pour contrer les principales menaces pesant sur les éléphants.

« Nos pays doivent mettre en place le Plan d’action pour l’éléphant d’Afrique dans les plus brefs délais », insiste le Nigérian Fidelis Odiakaose Omeni. « Le Nigéria siège au comité de pilotage du Fonds pour l’éléphant d’Afrique, lequel permet de financer le Plan d’action. Nous espérons que la communauté internationale mesure la gravité et l’urgence de cette crise, et qu’elle apportera sa contribution au Fonds pour l’éléphant d’Afrique. Avec son soutien, nous pourrons empêcher la disparition des éléphants dans une grande partie de leur aire de répartition. »

« Les éléphants sont en passe d’être rayés de la carte dans certaines régions si le braconnage se poursuit au même rythme », prévient Céline Sissler-Bienvenu, Directrice IFAW France et Afrique francophone. « Vingt-cinq pays de l’aire de répartition de l’éléphant tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. C’est un événement historique qui témoigne de la gravité de la menace à laquelle sont confrontés les éléphants. Le monde n’a pas le droit de fermer les yeux. »

Note de la rédaction :

1. La Coalition pour l’Éléphant d’Afrique regroupe les 26 pays suivants : le Bénin, le Burkina Faso, la République centrafricaine, la République fédérale islamique des Comores, la République du Congo, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, l’Éthiopie, l’Érythrée, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Liberia, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, le Sierra Leone, le Sud-Soudan, le Tchad et le Togo.

2. Formée en 2007, la Coalition pour l’Éléphant d’Afrique a tenu sa première réunion à Bamako, au Mali, en 2008. Le Mali et le Kenya ont respectivement présidé et co-présidé la CEA entre 2008 et 2012. En 2012, Ibrahim Lakaonda (Burkina Faso) et Patrick Omondi (Kenya) ont été nommés nouveau président et président suppléant.

À propos d’IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux)

Fondé en 1969, IFAW sauve les animaux en détresse tout autour du globe. Grâce à des projets dans plus de 40 pays, IFAW vient en aide à tout animal le nécessitant, œuvre pour prévenir la cruauté envers les animaux et plaide pour la protection des animaux sauvages et de leurs habitats. Pour plus d’informations, visitez notre site web : www.ifaw.org. Suivez-nous sur Facebook et Twitter.

Post a comment

Contact presse

Céline Sissler-Bienvenu (IFAW France et Afrique francophone)
Contact phone:
+333 26 48 29 20
Contact portable :
+336 17 56 10 74
Contact email:
Pierre Kafando - Directeur de la Faune et des Chasses du Burkina Faso - Président de la Coalition pour l’Éléphant d’Afrique
Contact phone:
+226 70 22 49 23
Contact email:
Patrick Omondi - Directeur adjoint du département Conservation et gestion des espèces du Kenya Wildlife Service - Président suppléant de la Coalition pour l’Éléphant d’Afrique
Contact phone:
+254 72 27 91 718
Contact email:

Nos experts

Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone
Directrice France et Afrique francophone
Dr. Cynthia Moss, IFAW Elephant Expert
IFAW Experte éléphants
Grace Ge Gabriel, Asia Regional Director
Directrice régionale Asie
James Isiche, Directeur régional Afrique de l’Est
Directeur régional Afrique de l’Est
Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
Peter Pueschel, Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW