Les ONG exclues des discussions sur l'avenir du commerce d'ivoire

Jeudi, Août 18, 2011
Genève, Suisse
Les organisations de la société civile ont été exclues des pourparlers concernant l'avenir du commerce d'ivoire, lors de la 61ème session du comité permanent de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) qui s'est tenue hier.

Au nom de pays asiatiques restés anonymes, le Koweït a demandé que tous les représentants de la société civile quittent la pièce pour que les débats continuent à huis-clos.

Les questions à l'ordre du jour portaient sur un mécanisme de décision concernant l'ivoire, la gestion et la protection des éléphants, ainsi que le braconnage et le commerce illégal d'ivoire. Ce mécanisme est destiné à faciliter la vente internationale d'ivoire.

Le Kenya et le Royaume-Uni ont contesté ces expulsions pour des raisons de transparence, mais aussi parce que ce sont souvent les organisations non gouvernementales qui en savent le plus à propos des dangers qui menacent les éléphants et qui sont les plus compétentes dans ce domaine.

« Les ONG travaillent partout où se trouvent les éléphants pour essayer de les sauver du braconnage et de limiter la perte de leur habitat, a déclaré Peter Pueschel, directeur de programme d'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux - www.ifaw.org), à qui l'on a demandé de quitter la session. Nous connaissons les menaces auxquelles ils sont confrontés, nous travaillons avec plusieurs États pour mettre un terme à ces menaces, mais dans l'immédiat rien n'est plus inquiétant qu'une réunion secrète, à huis-clos, où la demande en ivoire est au centre des débats. »

En tant qu'organisation intergouvernementale, la Commission européenne a elle aussi été invitée à quitter la session. Mais elle ne l'a finalement pas fait, à la demande du gouvernement britannique.

Le résultat du vote pour déterminer si les ONG devaient partir ou non a été de sept voix contre six, avec trois abstentions.

La prétendue raison justifiant cette réunion à huis-clos serait que des documents de nature sensible devaient être examinés. Cependant tous les documents étudiés avaient déjà été publiés sur le site de la CITES, notamment un compte-rendu de l'ETIS (Système d'information sur le commerce de produits dérivés d'éléphants) dans lequel il était clairement indiqué que les saisies d'ivoire illégal avaient augmenté de façon significative en 2009 et en 2010, à la suite d'une vente légale d'ivoire à la Chine et au Japon en 2008.

« Toute discussion portant sur un mécanisme de décision concernant l'ivoire nous éloigne du vrai débat qui porte sur la façon de sauver les éléphants. Nous avons observé un lien incontestable entre les ventes d'ivoire autorisées à titre exceptionnel et les ventes illégales. Nous avons tenté l'expérience, mais cela ne s'est pas avéré concluant. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de déterminer la façon de renforcer et de maintenir un embargo international sur l'ivoire », a expliqué Pueschel.

Après le déjeuner, la Norvège a fait un point d'ordre pour expliquer qu'elle avait un problème de langue et ne comprenait pas le vote pour inclure ou exclure les ONG. Ainsi un nouveau vote a eu lieu. Le Botswana, le Koweït et la Dominique ont voté pour maintenir les discussions fermées alors que huit pays ont voté pour les ouvrir aux ONG: l'Egypte, RDC, la Norvège, l'Ukraine, la Bulgarie, le Royaume Uni, les Etats-Unis, l'Australie. 5 pays se sont abstenus: l'Ouganda, l'Iran, le Japon, la Colombie et le Costa Rica.

Après un vote positif en faveur de la transparence et de l'ouverture, les ONG ont été admises à nouveau dans la réunion et ont participé aux discussions de l'après-midi sur le commerce de l'ivoire.

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