Un singe vervet accusé de sorcellerie brûlé vif en Afrique du Sud

Mercredi, Juin 8, 2011
Le Cap, Afrique du Sud
La semaine dernière, un singe vervet soupçonné de sorcellerie a été brûlé vif à Johannesburg, en Afrique du Sud. À la suite de cet événement, plusieurs organisations de défense du bien-être animal ont appelé les autorités à s'intéresser davantage au sort des animaux sauvages persécutés pour leur lien supposé avec la sorcellerie ou recherchés pour la médecine traditionnelle.

La mort du singe, qui faisait hier la une des journaux et des sites d'actualités sud-africains, a suscité l'indignation des lecteurs et attiré l'attention des médias du monde entier.

Cora Bailey, fondatrice du Community Led Animal Welfare (CLAW) et spécialiste des animaux de compagnie auprès d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux – www.ifaw.org), a été appelée par un riverain inquiet pour porter secours au singe après que la police n'a pas donné suite aux demandes de ce dernier.

« Malheureusement, lorsque nous sommes arrivés, le singe avait déjà été délogé de l'arbre, battu et mutilé à grands renfort de fourches et de machettes, puis brûlé vif par la foule devant un groupe de jeunes enfants. Les bourreaux ont indiqués être persuadés que le singe était un sorcier » a déclaré Cora Bailey.

Cette dernière s'est alors employée à calmer les habitants et à leur expliquer que le singe était inoffensif, avançant qu'il devait probablement errer dans la ville en raison de la destruction progressive de son habitat, ou d'un isolement du reste de son groupe.

Elle leur a également expliqué combien ces formes de violence pouvaient affecter le développement psychologique des jeunes, et devenir le terreau de la violence et de la criminalité. Son message a été entendu par les habitants qui, le calme revenu, ont tour à tour exprimé des regrets et promis d’éviter les cruautés envers les animaux à l’avenir.

« Malheureusement, les événements de la semaine dernière ne sont pas un cas isolé. Le jour-même où nous avons été appelés pour nous occuper de ce singe, nous avons reçu deux autres appels nous informant que d’autres singes vervets avaient été aperçus. Nous n'avons pas réussi à les trouver mais il faut espérer qu’ils aient tous les deux réussi à s'échapper et qu'ils n'aient pas connu le même sort que le premier, a précisé Cora Bailey. En janvier dernier, l'intervention de CLAW avait permis de sauver de justesse la vie d'un autre vervet, retrouvé dans un arbre dans une cour d'école, et qui aurait également été tué par la foule si la solide grille de l'école ne l’en avait pas empêché ».

Les singes vervets – à l'instar des hiboux, des caméléons, des grenouilles, des serpents ou encore des babouins – font partie des nombreuses espèces animales qui, accusées de sorcellerie, sont violemment persécutées lorsqu'elles sont trouvées près des villages. D'autres animaux, tels que la tortue et le vautour, sont capturés et parfois tués pour les vertus médicinales qui sont attribuées à leurs parties.

« Il faut que les dirigeants et nos gardiens de la faune sauvage s'adressent au grand public pour faire cesser ces superstitions obsolètes et pour dire aux habitants que l'utilisation d'animaux sauvages dans la médecine traditionnelle n'a plus sa place dans nos sociétés modernes » a déclaré Mme Bailey.

« Il faut également prendre conscience de la cruauté des traitements infligés à ces animaux. Plusieurs études prouvent que les enfants témoins d'actes cruels envers les animaux seront plus enclins, une fois adultes, à avoir des comportements violents vis-à-vis de leurs semblables. L'Afrique du Sud est déjà durement touchée par le fléau de la criminalité et des violences généralisées à l'encontre des femmes et des enfants. Il est donc de notre devoir d'insuffler à la société des valeurs de bienveillance et de compassion. »

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Christina Pretorius (IFAW Afrique du Sud)
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