CITES : Bonne nouvelle pour la lutte contre le commerce illicite sur Internet , mauvaise nouvelle pour les requins

La Haye, Pays-Bas
Les mesures destinées à lutter contre l'escalade du commerce illicite sur Internet ont été adoptées à une immense majorité des Parties à la Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction (CITES). La décision d'organiser un atelier de travail afin de lutter contre ce commerce anonyme et pour l'instant incontrôlé a été prise quelques jours à peine après qu'eBay ait annoncé avoir adopté une nouvelle politique globale qui interdit tout commerce transfrontalier de l'ivoire d'éléphant.
Une enquête réalisée par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW - www.ifaw.org) en février dernier a révélé comment le commerce endémique de l’ivoire d'éléphant se déroule, particulièrement par l’intermédiaire du réseau mondial de sites d'enchères eBay, et permet aux consommateurs de littéralement enchérir pour l'extinction des plus grands mammifères terrestres au monde. CEEWEB (www.ceeweb.org), un réseau d'organisations environnementales d'Europe centrale et de l'Est partenaire d'IFAW, a publié cette semaine les conclusions d'une autre étude révélant que la valeur du trafic d'animaux sauvages sur Internet a déjà dépassé celui du commerce illicite dans les magasins dans sept pays de cette région.
 
"Le défi lancé par le commerce d'animaux sauvages sur l'Internet a été reconnu par de nombreuses agences internationales chargées de l'application de la réglementation, par les états, les ONG et le grand public comme étant un problème important," a déclaré Peter Pueschel, Responsable Mondial du Programme d'IFAW sur le commerce de la faune sauvage. "La décision prise aujourd'hui est le premier pas qui conduira les gouvernements, les organisations non gouvernementales (ONG) et les particuliers du monde entier à s'engager de manière constructive sur cette question."
 
Lors d'un autre débat de la CITES, les Parties ont porté un mauvais coup aux requins aujourd'hui, en rejetant des propositions visant à inscrire le requin-taupe commun (porbeagle) et l'aiguillat commun à l'Annexe II de la CITES, alors que ces deux espèces sont menacées par la croissance dangereuse de leur consommation. Leur inscription à l'Annexe II aurait fourni à ces deux espèces de requins une protection juridique internationale. 
  
Le requin-taupe commun et l'aiguillat commun sont deux espèces en forte baisse du fait de leur surconsommation. En Grande-Bretagne, l'aiguillat commun sert à la confection des célèbres "fish-and-chips", en Allemagne il est utilisé comme "Schillerlocken" et en France il est fumé et coupé en filets. Les steaks de requin-taupe commun sont consommés en Europe, alors que les ailerons sont au menu en quantités de plus en plus inquiétantes en Chine et en Extrême-Orient depuis que les classes moyennes en pleine croissance consomment la soupe d'aileron de requin comme le symbole de leur nouvelle position financière.

"Cela n'a aucun goût," commente Samuel Lee, Assistant Spécial d'IFAW basé à Hong Kong. "Les gens en mangent car son prix élevé leur donne une apparence de réussite."
 
Le requin-taupe commun et l'aiguillat commun se reproduisent très lentement, parviennent lentement à l'âge adulte, et leur nombre décline rapidement du fait de l'absence de gestion de la pêche.

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