Les groupes de protection animale : pour une interdiction permanente de l’importation d’oiseaux sauvages

Jeudi, Octobre 27, 2005
LONDRES
La Commission Européenne a pris la décision d’interdire temporairement toute importation d’oiseaux sauvages vivants en Europe, mesure qui a été bien accueillie par les groupes de protection et de sauvegarde des animaux. Cette décision répond à des demandes émanant des ministres anglais et allemands après qu’un perroquet importé au Royaume-Uni ait été reconnu porteur de la grippe aviaire. « Il s’agit d’un premier pas important » a déclaré le Dr. James Gilardi, Directeur du World Parrot Trust. « Cependant, les soucis en matière de santé humaine et de protection exigent que cette interdiction soit permanente. »
L’année dernière, plus de 230 groupes de protection et de sauvegarde des animaux ont instamment demandé à la Commission Européenne de diminuer de moitié les importations d’oiseaux sauvages. L’Union Européenne importe 1,76 millions d’oiseaux tous les ans, soit plus de 90% du marché mondial. « Bien que l’interdiction faite aujourd’hui soit temporaire, le risque de maladies transmises par les animaux sauvages reste présent » a déclaré Carroll Muffett, Directrice de la Protection Internationale à Defenders of Wildlife. « Dans le monde dans lequel nous vivons, cela n’a pas de sens d'importer des oiseaux sauvages comme animaux de compagnie. Le risque est trop important. »

L’interdiction est également cruciale pour la survie des perroquets et des oiseaux chanteurs à l’état sauvage. Bien que certaines espèces de perroquets soient protégées, selon l’Annexe I de la Convention sur le Commerce International d’Espèces en voie d’extinction (CITES) qui interdit le commerce international de ces espèces, beaucoup d’autres oiseaux continuent à être importés malgré les études scientifiques qui montrent que ce commerce n’est pas viable. Mais le nombre d’oiseaux qui atteignent les côtes européennes ne représentent qu’une petite partie de ceux qui sont attrapés ; 40 à 70% de tous les oiseaux sauvages capturés meurent avant de pouvoir être exportés.

Les défenseurs de l’environnement se sont opposés aux revendications selon lesquelles une interdiction pourrait faire sombrer ce commerce. En fait, une étude scientifique largement citée a révélé que l’interdiction du commerce légal est la manière la plus sûre de réduire le commerce illégal. L’expérience américaine concernant l’interdiction des oiseaux a démontré que ces mesures simples et claires («  oiseaux non admis » ) sont les mesures de contrôle les plus efficaces, et ce pour trois raisons : premièrement, une interdiction pure et simple est bien plus facile à mettre en œuvre pour le personnel aux frontières qu’un plan de réglementation complexe ; deuxièmement, lorsqu’une interdiction s’étend à tous les oiseaux, elle est plus efficace car il est alors impossible de mal identifier une espèce interdite et de la considérer comme une importation autorisée ; et enfin, des lois claires découragent les éventuels trafiquants. On a estimé que l’interdiction américaine a permis de sauver plus de 8,5 millions d’oiseaux depuis sa mise en vigueur en 1992.

« Aujourd’hui l’interdiction temporaire d’importer des oiseaux sauvages a été provoquée par la crainte de pandémie de la grippe aviaire, mais il est clair qu’une interdiction permanente servirait mieux des objectifs plus larges en matière de santé humaine et de protection » a déclaré Madame Muffett.

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