Une semaine sanglante: 22 éléphants braconnés au Tchad et des saisies d'ivoire au Portugal et en Inde

Lundi, Juin 20, 2011
Reims, France
La semaine dernière a été sanglante pour les éléphants dont 22 ont été braconnés pour leur ivoire au Tchad, exacerbé par des saisies d'ivoire illégal au Portugal et en Inde.

Les éléphants ont été abattus par des braconniers qui sillonnaient la région sud ouest du Tchad à dos de chameau, le long de la frontière avec le Cameroun, entre le lundi 13 juin et le vendredi 17 juin. L'armée tchadienne n'a pas pu empêcher ce massacre.

Ces abattages portent à au moins 170 le nombre d'éléphants braconnés pour leur ivoire dans cette région de ce pays d'Afrique centrale sur les 12 derniers mois. On estime à 40% la diminution de la population d'éléphants du Tchad, laquelle s'est effondrée de 4 000 individus en 2006 à environ 2 500 lors du dernier recensement réalisé en 2010. Ce sont leurs défenses en ivoire qui motivent les braconniers.

 

Dans le même temps, au Portugal, des enquêteurs ont saisi 300 pièces d'ivoire illégal importées avec d'autres, parmi lesquelles des bibelots en bois et en corail en provenance du Mozambique en Afrique australe. En Inde, ce sont 2 hommes qui ont été arrêtés alors qu'ils essayaient de vendre deux défenses d'éléphant.

Céline Sissler-Bienvenu, d'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux - www.ifaw.org) précise que des bandes armées et organisées de braconniers traversent régulièrement la frontière sud du Tchad (qu'il partage avec le Cameroun, le Soudan et la République d'Afrique Centrale) en quête d'éléphants.

 

"L'ivoire transite via Afrique de l'Ouest et/ou l'Afrique centrale à destination des marchés d'Asie et d'Europe, et la plupart du temps, l'argent issu de ce trafic permet l'achat d'armes pour alimenter les conflits régionaux tels que ceux observés dans la région du Darfour, au Soudan et en République centrafricaine," déclare Sissler-Bienvenu.

La bataille contre le braconnage se livre en ce moment au Tchad, un des pays les plus pauvres et les plus corrompus du monde et dont la majorité des habitants vit dans la pauvreté.

Céline Sissler-Bienvenu rappelle que la seule réponse possible qui permettra de mettre fin au massacre sanglant des éléphants du Tchad comme des autres d'éléphants d'Afrique, consiste à réduire la demande pour l'ivoire, spécialement en Chine, et à garantir que les forces de l'ordre dans les pays de l'aire de répartition reçoivent la formation et les équipements nécessaires pour contrer les bandes de braconniers professionnels.

"Depuis 2009, IFAW dispense des formations d'appui à la lutte anti-braconnage, évalue l'action sur le terrain et soutient les rangers et les responsables dans les pays africains qui font face à ce défi difficile de mettre fin au commerce cruel et sanglant qu'est le commerce illégal de l'ivoire," a ajouté Céline Sissler-Bienvenu.

"Ce dont ces pays ont désormais besoin, c'est de l'engagement de la communauté internationale pour soutenir financièrement des personnels entrainés, hautement qualifiés et motivés pour qu'ils puissent remplir leur mission de protection des éléphants."

Compte tenu des conditions de sécurité sur place, IFAW n'a pas pu organiser de formation à la lutte anti-braconnage au Tchad à ce jour. Dès que la situation le permettra, IFAW se mettra en relation avec le gouvernement Tchadien pour l'aider à traiter le problème du braconnage.

A la fin du mois de mars dernier, les douanes thaïlandaises ont saisi plus de 2 tonnes de défenses d'éléphant faisant de cette prise la plus grande saisie de ces dernières années - 247 défenses, d'une valeur estimée à 3,5 millions de dollars, cachées dans un chargement de poisson congelé en provenance du Kenya. Des analyses ADN sont en cours pour déterminer la provenance de l'ivoire.

 

Note aux rédacteurs:

La Chine et le Japon ont acheté 108 tonnes d'ivoire lors d'une vente unique en novembre 2008 au Botswana, à l'Afrique du Sud, à la Namibie et au Zimbabwe. Ces ventes légales fournissent toute la couverture nécessaire à l'expansion du commerce illégal de l'ivoire. IFAW dirige des projets d'appui à la lutte anti-braconnage pour protéger les éléphants là où ils vivent.

C'est pourquoi, outre le travail réalisé pour améliorer les politiques et en sus du soutien apporté  aux rangers et aux patrouilles de lutte contre le braconnage dans les parcs nationaux de Tsavo (Kenya) et de Liwonde (Malawi) entre autres, IFAW a développé un programme d'appui à la lutte anti-braconnage dispensé par une équipe d'experts.

Nous nous concentrons sur les pays d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest soumis à une forte pression de braconnage contre laquelle ces Etats souhaitent lutter. Notre équipe d'experts en évaluation du braconnage entreprend d'abord une évaluation des besoins en matière de lutte contre le braconnage dans un lieu spécifique pour identifier les contraintes locales et les besoins en équipement. Avant d'envoyer son équipe sur le terrain, IFAW négocie un accord avec le gouvernement qui définit les termes de l'intervention d'IFAW et lui délivre son autorisation.

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