Deux braconniers d’éléphants arrêtés et deux autres tués dans le bassin du Congo

Mercredi, Mars 23, 2011
Bruxelles, Belgique
Selon nos sources au Tchad, les forces gouvernementales auraient appréhendé des contrebandiers d’ivoire responsables de la mort d’au moins 20 éléphants au cours du mois dernier dans la bassin du Congo.  Comme indiqué par IFAW (Fonds international pour la protection des animaux – www.ifaw.org) le mois dernier, la recrudescence du braconnage continue d’échapper à tout contrôle. Le groupe de braconniers tchadiens, qui est aussi lié à l’abattage, l’année dernière, de 7 éléphants dans le parc national de Zakouma, a été appréhendé dimanche soir. Deux d’entre eux ont été arrêtés tandis que deux autres ont été tués.

La nature très lucrative du commerce illégal de l’ivoire induit de forts enjeux à la fois pour les braconniers et pour les rangers qui protègent les éléphants. Il est difficile d’établir le coût en terme de vies humaines et d’éléphants abattus, mais il ne fait aucun doute que cela se chiffre en milliers d’éléphants et que de nombreux contrebandiers, rangers et riverains innocents meurent chaque année du braconnage.

Lors de l’arrestation des braconniers, la Brigade tchadienne de la protection de l’environnement et de la lutte anti-braconnage a confisqué des armes de guerre de type AK47, des chevaux et 15 défenses d’éléphants.

“Les éléphants sont en danger,” déclare Céline Sissler-Bienvenu, experte en lutte anti-braconnage d’IFAW. “L’Union Européenne doit s’impliquer davantage et aider financièrement les pays de l’aire de répartition dans leur lutte pour protéger les éléphants  des braconniers qui sont impitoyables et bien organisés.”

La population d’éléphants au Tchad est soumise à une pression sévère. En  2010, il ne restait que 2 500 éléphants au Tchad, soit un diminution de 37,5% en seulement 4 ans, bien loin des 4000 éléphants dénombrés en 2006.

“On ne peut pas dire avec certitude quelle était la destination de cet ivoire mais l’ONG locale SOS Eléphants du Tchad sur le terrain indique que les acheteurs les plus probables de l’ivoire pourraient être les membres de la communauté chinoise qui travaillent pour une société pétrolière proche,” poursuit Céline Sissler-Bienvenu. “IFAW fait tout ce qui est en son pouvoir pour réduire la demande en Asie à travers des campagnes de sensibilisation de la population et des enquêtes de terrain, et renforce la capacité des patrouilles de lutte anti-braconnage en Afrique pour combattre ce commerce cruel et morbide. Nous avons besoin du soutien politique et financier de l’Union Européenne si nous voulons mettre fin à ce massacre et à l’impact terrible qu’il a sur les communautés des pays de l’aire de répartition de l’éléphant.”

SOS Eléphants au Tchad, l’ONG locale va déposer plainte auprès du Procureur de N'djamena et se constituer partie civile contre les braconniers.

Bien qu’il soit difficile d’évaluer la valeur exacte de l’ivoire au marché noir, de récents rapports indiquent qu’il peut être vendu en Chine jusqu’à 1 700$ le kilo [i]. En partant de l’hypothèse conservatrice qu’une défense pèse 10kg par pièce, les 15 défenses saisies représentent une valeur  marchande de 255 000$.

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