Adjugés… vendus : les défenses de 10 000 éléphants sous le feu des enchères?

Lundi, Juin 9, 2008
Washington, D.C., États-unis
Pour la première fois en près de 10 ans, une vente internationale d'ivoire provenant d'éléphants d'Afrique, espèce menacée, a été autorisée par le secrétariat de la CITES (Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction). Près de 108 tonnes d'ivoire, dont la mise en vente par quatre pays d’Afrique australe été en partie approuvée sous conditions en 2002, ont été contrôlées et vérifiées par le Secrétariat de la CITES. Ce stock représente la mort de plus de 10.000 éléphants d'Afrique.
Une partie non négligeable de ces stocks d'ivoire devant être exportés du Botswana, de Namibie, d'Afrique du Sud et du Zimbabwe, provient de l'abattage sélectif, défini comme un moyen de contrôler les populations d'éléphants, ainsi que des morts naturelles.
 
Les nouveaux documents qui vont être soumis à la 57ème session du Comité Permanent (CP) de la CITES révèlent que le Secrétariat a donné son aval aux ventes, et qu'il soutient également l'approbation de la Chine comme importateur de ces stocks. Cependant, le verdict final appartient au CP en réunion plénière.
 
Pour l'instant, le Japon est le seul pays qui soit approuvé par la CITES en tant que partenaire commercial pour ces stocks d’ivoire, alors que la candidature de la Chine doit être examinée lors du CP57 de la CITES le mois prochain. "La Chine est la plus grande destination pour l'ivoire illicite et l'accepter comme importateur pour ces stocks légaux ne fera que soutenir le braconnage endémique auxquels sont confrontés les pays d'Afrique actuellement," affirme Michael Wamithi, Directeur du Programme global sur les éléphants d'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux – www.ifaw.org) et ancien directeur du KWS (Kenya Wildlife Service).
 
"Nous espérons que le Comité Permanent mettra un frein à ces ventes, qui incitent sans aucun doute à une poursuite des massacres perpétrés sur cette espèce extrêmement intelligente et d'une importance primordiale," poursuit M.Wamithi, qui parle de la probabilité que les braconniers essaient de blanchir leurs stocks illicites sur les marchés asiatiques, déjà florissants.
 
"En outre, chaque jour, les gardes mettent leur vie en danger pour défendre les éléphants et autres animaux sauvages. Les pays pauvres d'Afrique n'ont pas les ressources nécessaires pour supporter le braconnage d'ivoire au niveau constaté aujourd'hui. On estime à 20.000 le nombre d'éléphants massacrés chaque année à cause de leurs défenses. L'effusion de sang s'étend aux vies humaines. D'innombrables rangers sont tués dans le cadre de leur travail. Combien de vies doivent-elles encore être perdues pour que l'on réalise l'épouvantable réalité et l'ampleur du commerce d'ivoire d'éléphant ?
 
En 1989, l’éléphant d'Afrique a été inscrit à l’Annexe I de la CITES, qui interdit effectivement tout commerce international des éléphants et de leurs produits dérivés, notamment l'ivoire, mais cette disposition a été révisée en 1997 et certaines populations ont été déclassées en Annexe II, qui permet le commerce avec autorisation spéciale de la CITES.
 
Il y a un an, une suspension de neuf ans du commerce de l'ivoire d'éléphant a été approuvée lors de la 14ème Conférence des Parties de la CITES, prenant effet une fois que les ventes des stocks d'ivoire seront terminées.

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