Le trafic de l’ivoire frappe de nombreux pays d’Afrique

Mardi, Janvier 29, 2008
Nairobi, Kenya
Plusieurs contrebandiers d'ivoire arrêtés, un réseau de braconniers démantelé, et des centaines de kilos d'ivoire saisis. Actuellement, c’est une semaine normale sur les marchés de l’ivoire d’éléphants.
Michael Wamithi, Responsable du Programme global pour les éléphants d'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux – www.ifaw.org) a réagi : "La décision prise en juin dernier par la Conférence des Parties de la CITES [Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction], afin d’approuver la suspension du commerce de l'ivoire pour une période de neuf ans, ne suffit pas. La demande des consommateurs ne cesse de croître et le commerce intérieur est incontrôlable. Tant que cela ne sera pas résolu, nous ne verrons pas la fin de ce massacre d’éléphants."
 
Le 20 janvier, les autorités namibiennes ont saisi 13 défenses d’éléphants, pour un total de 200 kg d’ivoire, représentant la mort de sept pachydermes. Trois suspects ont été arrêtés et sont en attente d’inculpation. Plus à l’Est, au Zimbabwe, la police a arrêté 11 braconniers soupçonnés d’avoir tué 15 éléphants en deux semaines dans le parc national Hwange. De même, au Cameroun, la CRTV (Cameroun Radio Television) signale qu’un réseau de braconniers a été démantelé dans le Sud du pays, entrainant la confiscation de 20 défenses.
 
"Nous devons tenir compte de l’ampleur de cette question. Le problème ne concerne pas simplement l'Afrique, des incidents précédents ont indiqué que la Chine est la destination la plus courante de l'ivoire illégal. Cet aspect du problème doit être pris en compte et résolu. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les empêcher d'obtenir les stocks d'ivoire en souffrance," indique M.Wamithi en parlant des menaces de vente des immenses réserves existantes. Le Comité Permanent de la CITES se réunira en juillet 2008 afin de décider si la Chine doit être acceptée en tant que partenaire commercial. La candidature du Japon a déjà été approuvée.
 
"Le commerce rampant qui prévaut en Asie tient une grande part dans la persistance de la violence," affirme résolument M.Wamithi. "C'est une inéquation évidente ; la richesse de la Chine et du Japon contraste avec la pauvreté des nations africaines. Les pays où vivent les éléphants manquent indubitablement des ressources nécessaires pour se protéger contre la demande des consommateurs, et il est de notre devoir d'intervenir et de réduire ces inégalités. La première étape est de rejeter la Chine comme partenaire commercial."
 
On a peine à croire à la lumière des événements récents qu'au cours de l'été dernier, une décision a été prise afin d'instaurer une ""période de repos" de neuf ans, durant laquelle aucune nouvelle proposition commerciale ne serait autorisée (après la réalisation de la vente des stocks existants). Les événements récents ont démontré que cela n'avait en aucun cas arrêté le massacre des éléphants.
 
Il y a quelques mois à peine, en octobre 2007, 93,9 kg d'ivoire d'éléphants ont été confisqués en Zambie. Quelques jours plus tard, 22 défenses ont été saisies au Zimbabwe. Au cours de la même semaine, en Colombie Britannique, un homme a été poursuivi pour avoir importé illégalement 30.000 articles en ivoire d'éléphant d'Afrique. Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux cas d'interception d’ivoire illégal. Les autorités douanières estiment que seuls 10% des produits de contrebande sont pris en transit.
 
En 2005 et 2006, IFAW a mené des enquêtes sur la réglementation du commerce de l'ivoire en Chine. Ces rapports ont conclu que les mécanismes de contrôle du commerce domestique en Chine sont loin d'être adéquats et qu'il est impossible de s'assurer que la poursuite du commerce de l'ivoire ne nuira pas aux populations des éléphants d'Afrique et d'Asie.

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