IFAW contre la politique d’abattage pour réguler la population des éléphants dans le parc Krüger

Mercredi, Novembre 23, 2005
Le Cap, Afrique du Sud
Conserver ou abattre pour réguler ? En résumé, voilà la question à laquelle sera confronté le gouvernement sud-africain au cours des semaines à venir alors que se rapproche le moment de prendre une décision concernant l'avenir des populations d'éléphants du Parc national Kruger (KNP).
Lundi, lorsqu'ils rencontreront Marthinus Van Schalkwyk, ministre à la tête du Département des Affaires environnementales et du Tourisme (DEAT), un certain nombre de scientifiques et d'associations de protection animale locales et internationales présenteront leur point de vue sur les raisons pour lesquelles l'abattage de régulation n'est pas une réelle option comme outil de gestion afin de limiter le nombre d'éléphants dans le KNP.

Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW - www.ifaw.org) et d'autres groupes pèseront dans la balance face à SANParks(les parcs nationaux sud-africains), qui a la responsabilité du KNP et qui demande que l'abattage de régulation soit utilisé comme méthode de contrôle de la population d'éléphants et qui propose de tuer des milliers d'éléphants pour en réduire le nombre.

"IFAW estime que l'abattage est une pratique cruelle, dépourvue d'éthique et non justifiée du point de vue scientifique, qui ne tient pas compte des implications du point de vue de la protection des éléphants dans son ensemble," a déclaré Jason Bell-Leask, Directeur du bureau sud-africain d'IFAW.

"Il est trop tôt pour penser à l'abattage et notre opinion – qui est également celle de nombreux éminents biologistes, spécialistes des éléphants, et d'autres groupes de protection animale – est que SANParks n'a tout simplement pas les bases scientifiques nécessaires pour appuyer sa demande d'abattage des éléphants," ajoute-t-il.

SNAParks assure que l'abattage des éléphants du KNP est nécessaire parce que la population a des conséquences négatives sur la biodiversité du parc. Actuellement, le nombre d'éléphants dans le parc atteint 12.500. L'abattage de régulation dans le KNP a été suspendu en 1995, essentiellement à cause des pressions exercées au niveau local et international.

D'autres préoccupations vis-à-vis de l'urgence de l'appel de SANParks en faveur de l'abattage sont évoquées dans le document d'IFAW, The Debate on Elephant Culling in South Africa – an Overview (le débat sur l'abattage des éléphants en Afrique du Sud - Vue d'ensemble) qui sera disponible (en langue anglaise) à la fin de la semaine.

IFAW et d'autres organismes estiment que d'autres options s'offrent à SANParks pour la gestion des éléphants, mais qu'elles n'ont pas été suffisamment explorées.

"Parmi ces options figure la création de "mégaparks", c'est-à-dire de parcs transfrontaliers qui permettent une plus grande migration des groupes d'éléphants entre les parcs et les états d'Afrique australe, ainsi que l'utilisation d'immuno-contraception dans certaines zones du parc", déclare J.Bell-Leask.

"Jusqu'ici, SANParks n'a pas examiné ces options suffisamment attentivement et ne tient pas compte d'une levée de boucliers des leaders d'opinion, selon lesquels il serait nécessaire d'effectuer beaucoup plus de recherches sur les populations d'éléphants du KNP avant de pouvoir prendre une décision en toute connaissance de cause sur l'abattage."

J.Bell-Leask a prévenu qu'une décision d'abattage des éléphants provoquerait un déluge de protestations locales et internationales, qui nuirait fortement à l'engagement de l'Afrique du Sud vis-à-vis de la gestion de la faune sauvage.

"Le KNP attire 1,3 millions de touristes par an. La réputation de l'Afrique du Sud en tant que gardien de la faune sauvage ne peut que souffrir de la reprise du massacre.

"Il n'est pas trop tard pour que SNParks réexamine son point de vue et tienne compte de l'avis de nombreuses personnes faisant autorité, qui déclarent que ses prises de décision devraient exclusivement reposer sur de solides bases scientifiques et écologiques.

"Nous demanderons instamment au Ministre d'accepter la réalité de points de vue divergents et de  la nécessité d'approfondir les recherches avant d'appuyer sur la gâchette," a-t-il ajouté.

"Dans le cas contraire, la décision de recourir à l'abattage de régulation sera considérée comme politique et non basée sur de solides principes écologiques."

* la totalité du rapport et des fichiers pdf relatifs au rapport d'IFAW The Debate on Elephant Culling in South Africa – an Overview peuvent être téléchargés sur le site www.ifaw.org

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