Appel à l’interdiction de l’élevage en captivité : une enquête révèle les « dessous » sordides de cette industrie

Mardi, Novembre 15, 2005
Le Cap, Afrique du Sud
Une enquête sur "l’élevage en captivité" des grands prédateurs révèle le côté "noir" de l'industrie de la faune sauvage en Afrique du Sud. Cette enquête a suscité un appel en faveur d'une interdiction immédiate de cette activité.
Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW - www.ifaw.org) vient de publier les conclusions et les preuves filmées, sous forme documentaire, de cette enquête sur l'élevage en captivité des grands prédateurs en Afrique du Sud.

"Nos preuves démontrent que l'élevage en captivité des grands prédateurs est une industrie qui encourage, soutient et favorise les abus vis-à-vis de la faune sauvage," a déclaré Helen Dagut, Directrice des Campagnes d'IFAW pour l'Afrique du Sud.

"Si l'élevage en captivité, en dehors de celui à des fins de conservation, était interdit, nous verrions rapidement la fin des safaris, qualifiés de chasse organisée  et le commerce de la faune sauvage de manière indiscriminée. L'élevage en captivité fournit des proies à l'industrie de la chasse organisée, mais également pour le commerce local et international d'animaux sauvages."

La chasse organisée est une pratique consistant à chasser (essentiellement le lion) dans un espace clos, trop petit pour que l'animal ait la possibilité de s'échapper, ou encore à chasser des animaux drogués ou sous sédation ou des animaux habitués à l'homme.

IFAW affirme que ses recherches sur l'élevage en captivité et son analyse juridique de la réglementation sur l'élevage et la chasse des grands prédateurs montrent que ce secteur est pratiquement libre d'agir en toute impunité du fait de réglementations nationales et provinciales inadéquates et que les autorités manquent de capacité - ou de volonté - dans l'application de la loi.

"Notre enquête confidentielle nous a conduit à des installations d'élevage en captivité dans toute l'Afrique du Sud, et il est indéniable que  la plupart d'entre elles n'observaient même pas les règles les plus élémentaires de protection animale.

"De grands prédateurs, comme le lion, sont maintenus dans des enclos étroits qui sont totalement inadéquats pour leurs besoins," a ajouté H.Dagut. "Les animaux ayant une grande valeur commerciale sont nourris alors que d'autres sont abandonnés, mourant de faim."

L'enquête d'IFAW montre que les lions constituent la majorité des animaux élevés en captivité, mais que le nombre de guépards et de chiens sauvages élevés et vendus ou achetés augmente. Un grand nombre de grands prédateurs exotiques, tels que les tigres, les jaguars, les pumas et les loups, ont été filmés dans des installations d'élevage, dont certaines sont destinées à des croisements avec des espèces indigènes, ainsi qu'à des manipulations de la reproduction génétique pour obtenir des couleurs rares, tels que la panthère noire et le lion blanc. 

En octobre, le gouvernement sud-africain s'est vu remettre un rapport d'experts sur la chasse professionnelle et la chasse de loisir, destiné à donner des informations sur la façon dont le secteur de la chasse en Afrique du Sud sera réglementé dans l'avenir, ce qui doit être décidé début 2006.
"L'enquête d'IFAW et son évaluation juridique, ainsi que nos recommandations sont, en partie, conformes à ce rapport, mais nous sommes convaincus que les points suivants sont le minimum acceptable si nous devons contenir les abus inhérents à l'élevage en captivité et aux secteurs qu'il soutient, par exemple la chasse organisée.

IFAW demande :

  • l'interdiction totale de l'élevage en captivité des grands prédateurs, autrement qu'à des fins de conservation strictement définies et réglementées ;
  •  
  • la réglementation stricte des manipulations génétiques sur des espèces et l'importation, l'exportation et le déplacement des espèces étrangères.
  • qu'il soit accordé plus d'importance aux aspects de la conservation et la protection animale liés à l'élevage et à la chasse des grands prédateurs, et moins à leur valeur à des fins purement commerciale.
  • une amélioration des moyens nationaux et provinciaux et de l'application de la loi en ce qui concerne la gestion des grands prédateurs ;
  • la révision de la législation provinciale sur la faune sauvage pour lui appliquer un régime réglementaire cohérent et applicable ;
  • l'interdiction de la chasse organisée, de la chasse d'animaux qui viennent d'être relâchés, et autres modes de chasse inhumains, notamment l'utilisation de lampes et d'appâts, ainsi que la vénerie.

* la totalité du rapport et des fichiers pdf relatifs à l'enquête d'IFAW sur l'élevage en captivité des grands prédateurs en Afrique du Sud, ainsi que l'analyse du cadre juridique, peuvent être téléchargés sur le site www.ifaw.org

Fin

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