Une recherche d’INTERPOL révèle l’existence du trafic d'espèces sauvages sur le Darknet

Le Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation a découvert 21 annonces pour des produits issus de la faune sauvage, dont 15 proposant des produits à base de corne de rhinocéros comme ceux-ci.Un rapport d'INTERPOL montre que certains des criminels qui s'attaquent à la faune sauvage se tournent vers le Darknet pour essayer de vendre leurs produits issus de rhinocéros, d'éléphants ou de tigres.

Le Complexe mondial INTERPOL pour l’innovation a découvert 21 annonces de vente pour des produits issus de la faune sauvage, 15 proposant des produits à base de corne de rhinocéros, 8 pour de l'ivoire et 3 présentant des parties de tigre sur le Darknet, un réseau internet alternatif à l'accessibilité réduite qui est surtout utilisé pour de l'échange de fichiers illégaux. Les recherches se sont déroulées entre décembre 2016 et avril 2017 et sont remontées jusqu'à 2015.

De nombreuses espèces menacées n'étant pas prises en compte lors de cette étude, les chiffres sont sans doute bien plus importants que ceux annoncés dans le rapport.

Cette étude a été financée par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), le Département d'État des États-Unis et la African Wildlife Foundation (AWF).

Depuis 2004, IFAW s'est évertué à empêcher les trafiquants d'utiliser le plus grand marché international, Internet, pour tirer profit de la mort et de la souffrance de certaines des espèces emblématiques les plus menacées. Sur cette période, nous avons pu montrer que des dizaines de milliers d'animaux en danger et les produits qui en sont dérivés sont quotidiennement échangés sur des sites de vente en ligne. Nous avons également signalé la menace imminente d'une migration de ce commerce sur les réseaux sociaux où l'identification et la répression sont plus complexes.

Tout en insistant sur cette menace, nous avons proposé des stratégies qui se sont avérées efficaces pour faire fermer ces marchés.

Suite à nos campagnes, de plus en plus de sociétés spécialisées dans la vente en ligne interdisent désormais le commerce d'espèces menacées sur leurs sites. Plus récemment, sept sociétés, dont eBay, Etsy, Gumtree, Microsoft, Pinterest, Tencent et Yahoo!, ont adopté, en août 2016, le cadre politique standardisé proposé par TRAFFIC, WWF et IFAW.

Dans l'intervalle, de nombreuses opérations de répression de la cybercriminalité liée à la faune sauvage ont eu lieu, notamment l'Opération Thunderbird, une opération d'envergure mondiale, qui s'est déroulée sur une période de trois semaines entre janvier et février 2017 et au sein de laquelle les enquêtes sur les plateformes de vente en ligne et les réseaux sociaux se sont montrées primordiales.

En parallèle, de nombreux décideurs se sont attaqués de front à ce problème. Il a été question du trafic en ligne des espèces sauvages lors de la plus grande tribune sur la protection internationale, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Lors de la dernière Conférence des Parties à la CITES en septembre 2016, les 183 signataires de la convention ont adopté une nouvelle décision visant à modifier les législations, à établir des modèles de bonnes pratiques, à développer des principes de répression et à s'engager avec les sociétés en ligne. Les gouvernements français, tchèques et chinois ont en plus ajouté des dispositions à leur législation sur la faune sauvage afin de répondre aux menaces du trafic illégal en ligne, avec le Royaume-Uni à leur suite.

Bien que nous soyons satisfaits de ces évolutions, nous savons que la bataille est loin d'être gagnée. Afin de fermer de manière efficace les sites de vente en ligne qui sont utilisés par les cybercriminels peu scrupuleux, nous nous devons de savoir précisément où ils agissent. L'étude d'INTERPOL sur le Darknet nous fournit énormément de pièces du puzzle. Elle nous montre que ces sites clandestins peuvent être une menace pour la faune sauvage, nécessitant de la vigilance dans la répression.

Cela nous montre également que les mesures prises ensemble par les autorités et les sociétés en ligne n'ont pas suffi à chasser complètement les trafiquants des plateformes légales ou du Darknet. Nous devons faire face sur tous les fronts virtuels et empêcher que les sites de vente en ligne, les plateformes de réseaux sociaux et le Darknet deviennent un havre de paix pour la cybercriminalité liée aux espèces sauvages.

Tania McCrea-Steele

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