Une organisation pionnière dédiée aux koalas

A 8 heures un dimanche matin, me voilà assise à l’avant d’un van utilisé pour le sauvetage des koalas – une journée printanière habituelle pour les membres de l’organisation Friends of the Koala (FOK). Deux résidents de la région Northern Rivers, en Nouvelle-Galles du Sud, ont signalé un koala en détresse. Ce genre d’appel est malheureusement commun à cette période de l’année et, depuis le 1er juillet, le centre a déjà porté secours à 77 koalas.

Situé à Lismore, en Nouvelle-Galles du Sud, le centre Friends of the Koala est une organisation pionnière dédiée depuis plus de trente ans au sauvetage, à la réhabilitation et à la remise en liberté des koalas. Durant les deux semaines qu’a duré mon volontariat à FOK, j’ai eu la chance incroyable de prendre part à chacune de ces étapes clé.

Lors de mon premier dimanche avec FOK, nous découvrons un jeune koala mâle coincé dans un palmier, entouré d’un enclos pour vaches et de trois chiens de berger. Après avoir réussi à maintenir les chiens sous contrôle, nous pouvons sans encombre porter secours au koala apeuré et nous le ramenons au centre de soins. Sous observation, il sera nourri chaque jour de feuilles fraîches d’eucalyptus et sera soigné si nécessaire.

Avant mon séjour en Australie, j’ignorais à quel point cette espèce emblématique est menacée. Souvent, les koalas sont blessés lors d’accidents de voitures, sont attaqués par des chiens ou parfois même des vaches. Je comprends alors que tous ces facteurs se résument à une menace principale : la destruction de l’habitat des koalas, et cela n’est malheureusement pas nouveau. La Nouvelle-Galles du Sud a récemment modifié ses textes de loi, rendant plus facile de déforester pour construire des aménagements urbains ou des surfaces agricoles. En conséquence, les koalas doivent parcourir de plus longues distances pour trouver à manger. Ainsi, les volontaires à FOK procurent non seulement des soins quotidiens aux koalas, mais ils militent aussi pour une meilleure protection des koalas et de leurs habitats. Un parfait exemple de leur travail en tant qu’activistes est la campagne menée par FOK pendant 10 ans pour tenter de dévier le segment 10 de l’autoroute Pacifique, dans l’objectif de sauver les 200 koalas vivant dans la région appelés les Ballina 200.

Comme si cela ne suffisait pas que les koalas manquent d’arbres dans lesquels se nourrir et dormir, une autre conséquence de la réduction de leur habitat est la propagation croissante de maladies, parmi lesquelles la chlamydia. Notamment, un koala présent en ce moment à FOK est Indy, un mâle à moitié aveugle. Il a souffert d’une forme aiguë de conjonctivite, qui est l’un des symptômes de la chlamydia et qui l’a rendu aveugle. Cependant, il y a toujours espoir de le remettre en liberté une fois que son traitement est terminé. A FOK, chaque koala est emmené chez le vétérinaire et est rigoureusement surveillé chaque jour, ce qui permet de relâcher des animaux en parfaite santé dans la nature. 

Un des moments phare de mon expérience en tant que volontaire, que je n’oublierai jamais, était de remettre en liberté Elsie, une maman portant son petit dans sa poche. Les bébés koalas (appelés ‘joeys’) passent en moyenne six mois dans la poche de leur mère, ce qui signifie que lorsqu’un orphelin est secouru par FOK, des « mamans humaines » doivent prendre le relai. C’est un véritable travail à temps plein, puisque les bébés koalas doivent être nourris à intervalles réguliers pendant toute la journée et même la nuit !

La particularité de FOK est que l’organisation est gérée uniquement par des volontaires, qui consacrent leur temps à défendre les droits des koalas auprès du Conseil régional, à éduquer le public en se rendant dans les écoles des environs ainsi qu’à lever des fonds leur permettant de prendre soins des koalas chaque jour. J’ai été véritablement impressionnée par le dévouement et la passion de tous les volontaires que j’ai eu la chance de rencontrer, qui donnent de leur temps et s’efforcent de prendre en charge la ligne téléphonique d’urgence 24h/24 et 7j/7.

De plus, j’ai appris à FOK que protéger les koalas en réalité poursuit un objectif plus large : la protection de toute la biodiversité de la région des Northern Rivers. En effet, les initiatives et actions prises pour conserver les koalas, comprenant par exemple la protection de leur habitat et des mesures contrôlant le trafic routier, sont utiles à d’autres espèces. La survie même des koalas est aujourd’hui si précaire que les mots de Susannah Keogh, la coordinatrice du centre de soins à FOK, résonnent encore en moi : « Si l’Australie ne peut pas sauver ses koalas, pouvons-nous sauver toute autre espèce ? »

--LB

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