Translocation historique d'éléphants de forêt en Côte d'Ivoire - 4 éléphants sauvés et la sérénité retrouvée pour toute une ville

Un quatrième éléphant est relaché dans le parc national  d'Azagny
Vendredi, Janvier 31, 2014
Reims, France

IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) a mis fin mardi à une mission que l'on peut qualifier d'éléphantesque et inédite : 4 éléphants de forêt ont été déplacés du 19 au 25 janvier de Daloa, 3ème ville de la Côte d'ivoire, vers le parc national d'Azagny situé à plus de 400 km au sud du pays. Cette opération constitue l'alternative humaine trouvée à un conflit qui opposait les éléphants, poussés hors de leur habitat d'origine, le parc national de la Marahoué, aux communautés rurales de Daloa.

Le premier éléphant a quitté Daloa le 20 janvier et est arrivé le lendemain à la mi-journée à l'issue d'un périple de plus de treize heures. Deux convois ont suivi pour acheminer au total quatre éléphants, les deux derniers ayant été relâchés le 25 janvier. Au cours de l'opération, deux pachydermes ont malheureusement succombé, l'un d'un arrêt cardiaque, l'autre d'une noyade alors qu'il était sous anesthésique, des risques inhérents à ce type d'opération.

L'équipe d'une dizaine de personnes dépêchée par IFAW a été confrontée à de nombreux défis parmi lesquels celui de pister et localiser les animaux dans une végétation dense n'offrant que peu de visibilité et rendant par conséquent leur approche très risquée pour l'équipe de capture. A cet égard notamment, ce déplacement d'éléphants de forêt dans un contexte de conflit humains/éléphants constitue une première historique.

Les éléphants de Daloa ont été relâchés dans une zone protégée dont la sécurisation a été renforcée par les autorités. Ils ont rejoint une population existante d'éléphants de forêt d'une dizaine d'individus. Le Parc national d'Azagny, constitué d'une forêt primaire et de marécages, présente un écosystème favorable à l'accueil des pachydermes. Ses frontières naturelles limitent les risques d'incursions humaines et sa proximité avec Abidjan permettra le développement écotouristique du parc.

 Un éléphant a été équipé d'un collier de localisation GPS et télémétrique qui permettra de suivre l'adaptation du groupe auquel il appartient pendant 24 mois.

 "Au regard des difficultés rencontrées au cours de cette opération, nous considérons chaque éléphant relâché dans le Parc d'Azagny comme une victoire à part entière. La solution humaine apportée a eu un double impact : contribuer à la sauvegarde d'une espèce en grand danger et ramener la sérénité au sein des communautés rurales de Daloa dont les champs étaient régulièrement dévastés par les éléphants ces trois dernières années" a déclaré Céline Sissler-Bienvenu, Directrice d'IFAW France et Afrique francophone lors du point presse tenu au Ministère des Eaux et Forêts à Abidjan mardi. "Les populations ont fait preuve d'une patience exemplaire et leur appui pour réaliser cette opération a été crucial."

 La Côte d'ivoire héberge parmi les derniers éléphants de forêt d'Afrique de l'Ouest, une sous-espèce en danger d'extinction. Pour cette raison, chaque individu est précieux pour la survie de cette population. 

 IFAW a répondu à l'appel du gouvernement ivoirien et tient à saluer un choix éthique : déplacer ces éléphants les a sauvés d'une mort assurée.

 Le Colonel GOUESSE Aïdara Lanciné, Directeur de Cabinet du Ministre des Eaux et Forêts, a remercié à plusieurs reprises l'équipe d'IFAW pour l'expertise dont elle a fait preuve au cours de l'opération de translocation.

 « La translocation d'éléphants reste toutefois un ultime recours. Les conflits entre hommes et éléphants peuvent le plus souvent, et parfois facilement, être anticipés et prévenus. » insiste en conclusion Céline Sissler Bienvenu. « Il suffit de protéger réellement les habitats de ces animaux. » 

 Cette translocation a reçu le soutien d'A'Salfo, leader du groupe ivoirien Magic System, qui a appelé chacun « à se mobiliser pour sauver une espèce emblématique du continent africain mais aussi l'emblème de la Côte d'Ivoire ».

 Les éléphants d'Afrique sont dans une situation critique, victimes de la perte de leur habitat mais aussi du braconnage : 30 000 à 50 000 éléphants sont massacrés chaque année pour leur ivoire. Plus de 41 tonnes d'ivoire d'éléphant illégal ont été saisies en 2013, la plus grande quantité enregistrée au cours des 25 dernières années. Sur ce total, 18 saisies excédaient les 800 kilos.

Note aux rédacteurs :

Des photos et vidéos de la mission sont disponibles après enregistrement, sur www.ifawimages.com - Contact : Julie Landry, jlandry@ifaw.org, 03 26 48 64 79.

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Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
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Peter Pueschel, Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
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