Sondage : pression sur le gouvernement alors que les citoyens canadiens expriment leur opposition au commerce international des ours polaires

 © IFAW/N. Ovsyanikov
Jeudi, Janvier 31, 2013
OTTAWA, Ontario

85 pour cent des sondés souhaitent voir les ours polaires figurer à l'Annexe I de la CITES et 72 pour cent d'entre eux désapprouvent l'intention du gouvernement canadien de s'opposer à l'interdiction du commerce international des ours polaires

Un nouveau sondage réalisé par Environics à la demande de la Humane Society International et du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW - www.ifaw.org) montre qu'une grande majorité de Canadiens soutient la proposition d'interdire le commerce international des parties d'ours polaire en faisant passer cet animal en Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Le Canada est aujourd'hui le dernier pays du monde à autoriser l'abattage et la vente sur le marché mondial de ses ours polaires. Si l'on compare les résultats de ce sondage à ceux d'une enquête analogue menée par Environics en 2010, on constate que la proportion de Canadiens favorables à un passage de l'ours polaire en Annexe I est passée de 82 à 85 pour cent.

L'annonce de ces résultats intervient à l'heure où se prépare la 16ème session de la Conférence des Parties (CdP16), qui se tiendra du 3 au 14 mars 2013 et au cours de laquelle les délégués canadiens ainsi que leurs cosignataires voteront pour ou contre un éventuel passage de l'ours polaire en Annexe I. Cette proposition formulée par les États-Unis est soutenue par la Russie, deux pays abritant également des populations d'ours polaires. Richard Benyon, Ministre britannique du Département de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (DEFRA), a par ailleurs récemment confirmé que le Royaume-Uni se ralliait à cette proposition. Le gouvernement canadien, quant à lui, s'y oppose et s'emploie depuis un certain temps à saper les efforts de la communauté internationale visant à garantir une protection maximale aux ours polaires. Pourtant, la proportion de Canadiens opposés au projet de leur gouvernement de rejeter cette proposition a significativement augmenté, passant de 61 à 72 pour cent.

« À l'heure où le DEFRA s'engage à soutenir les efforts visant à interdire le commerce international de produits dérivés de l'ours polaire, ce nouveau sondage montre que les Canadiens sont eux-mêmes conscients que le massacre des ours polaires pour les trophées, la confection de tapis ou d'autres colifichets représente un danger supplémentaire pour ces animaux déjà confrontés à la menace du changement climatique, et que cette pratique est à la fois inhumaine et écologiquement injustifiable », déclare Mark Jones, Directeur exécutif de la HSI au Royaume-Uni. « Nous exhortons le gouvernement canadien à écouter la communauté scientifique internationale et l'immense majorité de ses propres citoyens, désireux de garantir une protection maximale aux ours polaires. »

« Les États membres de l'UE doivent s'en remettre à la science et écouter leurs citoyens : les deux plaident incontestablement en faveur d'un arrêt du commerce international des produits dérivés de l'ours polaire », fait valoir Sonja Van Tichelen, Directrice régionale Union européenne d'IFAW. « L'UE dispose de 27 voix à la CITES et peut donc faire pencher la balance du bon côté, en prenant le chemin de la conservation et en garantissant la survie de l'ours polaire. »

Le commerce international des parties d'ours polaires entraîne chaque année la mort de 441 ours blancs en moyenne au Canada.

Un sondage téléphonique a été réalisé entre le 2 et le 11 janvier 2013 auprès d'un échantillon de 2 007 adultes âgés de 18 ans et plus sélectionnés au hasard à travers le Canada. Cette enquête présente une marge d'erreur d'échantillonnage de plus ou moins 2,2 points de pourcentage et un niveau de confiance de 95 pour cent.

Note aux rédacteurs :

  • Le Canada est le seul pays qui autorise la chasse à l'ours polaire à des fins exclusivement commerciales et sportives (Peacock et al. (2011)). Chaque année, quelque 600 ours polaires sont chassés au Canada (Peacock et al. (2011)) et les parties de 441 d'entre eux en moyenne alimentent le commerce international. Cette chasse et son ampleur sont préjudiciables à certaines populations d'ours polaires.
  • Les ours polaires du Canada se répartissent en 13 populations gérées de manière distincte. Selon le groupe de spécialistes des ours polaires (PBSG) de l'UICN, qui rassemble les plus grands scientifiques du monde en la matière, plus de la moitié de ces populations subit un déclin. Seulement trois d'entre elles sont stables, et deux sont inclassables du fait de l'absence de données les concernant. Seule une population, qui ne représente toutefois que 2 pour cent des ours polaires du Canada, croît, en raison principalement de la réduction des quotas rendue nécessaire par les excès de la chasse.
  • Groupe de spécialistes des ours polaires (PBSG) de la CSE de l'UICN : http://pbsg.npolar.no/en/status/status-table.html.
  • En tuant en si grand nombre ses ours polaires, le Canada va à l'encontre des principes de développement durable et provoque le déclin de plus de la moitié des populations d'ours polaires du pays. L'existence de quotas de chasse pour une espèce en voie de disparition est par définition contraire à ces mêmes principes. En outre, le Canada reconnaît tuer 3,75 pour cent de ses ours chaque année, sachant que le taux de croissance maximal des ours polaires oscille entre 4 et 6 pour cent par an. Même chez une population au développement normal, un quota de chasse de 3,75 pour cent ralentirait, voire stopperait ce développement.
  •  Les quotas de chasse à l'ours polaire au Canada sont fixés par les conseils de gestion de la faune à l'échelle provinciale et territoriale. Si ces conseils tiennent compte de l'avis des scientifiques, les quotas qu'ils fixent ne sont en rien limités par ces avis.
  • Juste après le changement climatique qui représente la principale menace à laquelle sont confrontés les ours polaires, le commerce international de leurs parties constitue la deuxième menace la plus grave pour cette espèce et cause la mort de 441 ours par an en moyenne. La biologie de la conservation repose sur le principe fondamental selon lequel une population animale en proie au dérèglement climatique et à la détérioration de son habitat ne peut survivre que si l'importance d'autres facteurs pénalisants diminue.
  •  Entre 2007 et 2012, le nombre de peaux d'ours polaires vendues aux enchères a enregistré une hausse de 375 pour cent, et c'est probablement à cet accroissement que l'on doit l'augmentation à des niveaux intenables des quotas de chasse, et donc du nombre d'ours tués.

 

Cliquez ici pour consulter le sondage Environics

Pour toute information complémentaire, consultez la note d'information, le mémo et le rapport.

 

 

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