Rencontre avec Joyce Banda, présidente du Malawi : heureux hasard ou coup du destin ?

Rachel Mazombwe-Zulu, ministre du Tourisme, de la Faune sauvage et de la Culture du Malawi, inaugurant la ferme piscicole communautaire de Chikolongo, à proximité du parc national de Liwonde. c. IFAW/Riccardo GangaleIl y a quelques jours de cela, je vous parlais de l’inauguration du projet d’IFAW portant sur un nouveau modèle de ferme piscicole et sur la protection des habitats des éléphants au Malawi.

Je suis avec ferveur l’évolution de ce projet, impatient d’en voir les effets sur les habitats des éléphants et des rhinocéros du pays. Les premières étapes sont plus qu’encourageantes et devraient à terme révolutionner le rapport entre la vie économique des communautés humaines et la protection des animaux.

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Comme il me tient particulièrement à cœur, je mets tout en œuvre pour porter ce projet devant des projecteurs. J’ai donc sollicité la présidente du Malawi, Joyce Banda, pour qu’elle m’accorde un entretien afin de lui démontrer l’intérêt de notre projet pour l’ensemble de la région.

Je comptais lui demander de soutenir publiquement les causes que nous défendons et de nous aider à identifier des sources de revenus pour les grandes communautés vivant près des parcs nationaux tout en impliquant les habitants dans la protection des animaux.

L’objectif d’IFAW est de soutenir les communautés dont l’économie s’appuie sur l’exploitation de la faune sauvage en leur proposant des modèles économiques qui refusent en bloc le commerce de trophées de chasse importés, de défenses d’éléphants et de cornes de rhinocéros, à l’origine de nombreux massacres dans la région.

Les agendas présidentiels étant pour le moins remplis, je n’ai malheureusement pas réussi à décrocher mon entretien. Je savais toutefois que la présidente devait se rendre quelques jours plus tard à New York pour assister à la Clinton Global Initiative, et gardais bon espoir de pouvoir la rencontrer là-bas.

Une fois la remarquable cérémonie d’inauguration de la ferme de Chickolongo achevée, j’ai donc entamé le long voyage qui m’attendait pour rentrer chez moi en embarquant dans un avion à destination de Johannesburg, en Afrique du Sud.

Qu’elle ne fut pas ma surprise de retrouver à bord la Présidente Banda ! J’ai donc finalement pu lui exposer notre projet au parc national de Liwonde, et lui ai expliqué comment le Malawi pouvait déployer ce nouveau modèle économique pour ses communautés. Je lui ai ensuite demandé de se positionner en faveur de la défense des éléphants lors de la réunion de la Clinton Global Initiative.

Si j’avais eu plus de temps pour lui parler, je n’aurais pas manqué de souligner les nombreuses initiatives qui ont été entreprises dans son pays, et notamment :

  • la coopérative d’IFAW regroupant des femmes qui s’emploient à confectionner les uniformes des rangers, dont le travail consiste à protéger les éléphants et les rhinocéros de Liwonde ;
  • l’expansion du champ d’action de la coopérative au-delà des frontières du parc ;
  • la construction des abris des rangers patrouillant sur le terrain grâce au soutien d’IFAW et à l’appui des villageois, qui ont fabriqué eux-mêmes les briques des abris. Les rangers patrouillent constamment pour porter secours aux animaux pris dans les pièges cruels des braconniers ;
  • La coopération entre des membres bénévoles des Corps de la Paix et les villageois pour identifier et retirer les espèces d’arbres envahissantes dans la forêt afin alimenter les fours à briques, tout en gardant les espèces indigènes intactes pour les animaux ;
  • L’installation de champs de culture autour de la ferme piscicole, et notamment de piments rouges, qui ne seront pas piétinés par les pachydermes et constitueront une source de revenus bienvenue pour les habitants ;
  • la mobilisation des villageois dans la construction de la ferme piscicole et de son système d’irrigation. Aujourd’hui, les villageois gèrent intégralement la ferme.

J’ai tout de même réussi à lui glisser que notre projet endiguerait les conflits entre hommes et espèces sauvages, réduisant par là-même le nombre de victimes. La présidente nous a exprimé sa profonde gratitude…

Fruit du hasard ou du destin, l’important est que j’aie pu rencontrer en personne la présidente du Malawi.

C’est donc le cœur rempli d’espoir pour l’avenir que j’ai vu notre avion décoller, confiant que la mission d’IFAW porterait ses fruits.

Azzedine Downes

Si vous voulez en savoir plus sur nos programmes de protection des éléphants d’Afrique, rendez-vous sur la page Internet dédiée à notre campagne.

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