Plusieurs tonnes d'ivoire saisies à Zanzibar

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Jeudi, Novembre 14, 2013
Le Cap, Afrique du Sud

Plusieurs tonnes d'ivoire d'éléphant ont été découvertes mardi dernier dans un conteneur sur l'île de Zanzibar.

D'après les autorités, la marchandise avait été dissimulée dans des sacs de coquillages de 50 kilos chacun. Le volume total découvert n'a pas été dévoilé, mais se chiffrerait en tonnes aux dires de la police locale. Deux personnes, un transitaire et un homme d'affaires, auraient été arrêtées.

Cette saisie s'inscrit dans le cadre d'une vaste opération menée par les autorités tanzaniennes (Zanzibar est un archipel semi-autonome appartenant à la Tanzanie) visant à endiguer l'essor rapide du braconnage et du trafic d'ivoire dans le pays.

La semaine dernière, la police tanzanienne a ainsi arrêté trois hommes d'affaires chinois en possession de 706 pièces d'ivoire. Quelques jours plus tôt, pas moins de 89 défenses étaient découvertes dans le coffre d'une voiture arrêtée à un barrage routier.

« Nous tenons à saluer le travail des autorités tanzaniennes et la fermeté dont elles font preuve face au braconnage et au trafic d'ivoire », déclare James Isiche, Directeur régional Afrique de l'Est d'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux).

« Nous nous réjouissons de voir les gouvernements régionaux redoubler d'efforts pour lutter contre la criminalité faunique. Heureuse en apparence, cette nouvelle laisse néanmoins entrevoir l'ampleur du phénomène : entre 30 000 et 50 000 éléphants sont tués chaque année pour leur ivoire. Si nous voulons sauver l'espèce, nous devons nous attaquer à chacun des maillons de la chaîne du trafic de l'ivoire, des braconniers aux consommateurs en passant par les trafiquants. »

« La criminalité faunique figure au rang des crimes internationaux les plus graves, les plus dangereux et les plus dommageables qui soient, au même titre que le trafic d'êtres humains, d'armes ou de stupéfiants », poursuit M. Isiche. L'annonce de cette nouvelle saisie majeure en Tanzanie coïncide avec la destruction, aux États-Unis, de six tonnes d'ivoire confisqué. Ce stock d'ivoire, qui comprend aussi bien des défenses entières que des bibelots et des bijoux, constitue la majeure partie du stock américain.

« Cette décision hautement symbolique reflète la détermination des États-Unis à mettre un terme au trafic de faune sauvage. Le gouvernement américain a décidé d'envoyer un message clair aux braconniers et aux trafiquants et prouve par là même sa volonté de faire cesser ces activités cruelles et illégales », explique Grace Ge Gabriel, Directrice régionale Asie d'IFAW.

« IFAW soutient sans réserve les gouvernements qui décident de détruire leurs stocks d'ivoire. Cette décision symbolique nous rappelle le calvaire enduré par les dizaines de milliers d'éléphants victimes du trafic. Mieux, elle permet de réduire le volume d'ivoire en circulation en le rendant inutilisable : les massacres d'éléphants ne cesseront que lorsque la demande disparaîtra », ajoute Mme Ge Gabriel.

Au cours de la CoP15 (Doha, Qatar, mars 2010) et de la CoP 16 (Bangkok, Thaïlande, mars 2013) de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), les Parties (pays membres) ont été encouragées à réaliser des tests ADN pour chaque saisie d'ivoire de grande ampleur.

« Le constat de la CITES est sans appel : les saisies importantes d'ivoire sont toutes liées à des syndicats du crime organisé responsables du braconnage des éléphants et du trafic d'ivoire. La CITES estime que des enquêtes scientifiques doivent être conduites sur les cargaisons d'ivoire confisquées pour soutenir les efforts d'application de la loi à l'échelle internationale et identifier les routes empruntées par les trafiquants, une vision que partage aussi IFAW. »

« La CITES doit maintenir sa pression sur les Parties pour qu'elles appliquent ses directives », conclut Mme Ge Gabriel.

La majeure partie de l'ivoire illégal est destinée à l'Asie, et en particulier à la Chine, où cet « or blanc » tant convoité a connu une augmentation considérable de sa valeur en tant que véhicule d'investissement. La disponibilité limitée de l'ivoire légal acheté par la Chine lors de la vente de stocks de certains pays d'Afrique australe en 2008 a, quant à elle, alimenté la demande, encourageant ainsi le commerce illicite de l'ivoire et le braconnage des éléphants pour répondre à la demande du marché.

Dans le cadre d'une initiative internationale visant à renforcer les capacités de lutte contre ce trafic, IFAW forme les forces de l'ordre à la prévention du trafic d'espèces de faune sauvage dans de nombreux pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Océanie et des Caraïbes. IFAW a récemment signé un mémorandum d'entente avec INTERPOL, le premier jamais signé avec une ONG par le Programme d'INTERPOL sur la criminalité environnementale. IFAW et INTERPOL ont collaboré sur de nombreux projets depuis 2005, et notamment l'année dernière, lors de la plus grande opération de lutte contre le trafic d'ivoire jamais menée à l'échelle internationale.

Note aux rédacteurs

Le rapport La nature du crime, sur la menace que le commerce illicite d'espèces sauvages fait peser sur la sécurité nationale et mondiale, est disponible en cliquant ici.

L'infographie La nature du crime est disponible en cliquant ici.

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Directeur régional Afrique de l’Est
Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
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Peter Pueschel, Directeur Accords internationaux sur l'environnement
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Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
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