Permettre aux éléphants d'Amboseli de définir leurs besoins d'espace au sein de l'environnement

Le vaste paysage de savane du parc national d'Amboseli au Kenya abrite près de 1 400 éléphants.Le cadre n'aurait pas pu être plus approprié. Le vaste paysage de savane du parc national d'Amboseli au Kenya abrite près de 1 400 éléphants. Mais, loin de rester enracinés au même endroit, les éléphants se déplacent sur des kilomètres et des kilomètres, de la Tanzanie au sud jusqu'à Tsavo à l'est, traversant au passage les terres des communautés, ce qui ne leur vaut pas toujours le premier prix de la popularité.

Voyez-vous, tout est question d'espace !

Le 23 mai 2013, nous étions tous réunis pour célébrer la signature d'un protocole d'accord de cinq ans entre le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) et la School of Field Studies (SFS) basée à Amboseli. La cérémonie haute en couleurs officialisait le lancement d'un projet visant à demander aux éléphants l'espace dont ils ont besoin.

Des éléphants munis d'un collier GPS de localisation par satellite – six en ont été équipés en début d'année, et 12 de plus le seront d'ici mars 2014 – fourniront en temps réel des informations à la fois temporelles et spatiales sur leurs déplacements au cours des trois prochaines années.

J'ai donné le ton d'entrée de jeu en déclarant que l'espace était le coeur du problème à Amboseli ; que l'on pourrait mieux partager cet espace pour servir à la fois les intérêts de conservation et ceux des humains, afin de maintenir l'intégrité d'un paysage célèbre dans le monde entier et actuellement menacé par la fragmentation, l'empiètement, la perte et la dégradation de l'habitat provoqués par l'homme.

Le professeur Moses Makonjio Okello, directeur principal du SFS Center for Wildlife Management Studies au Kenya et en Tanzanie, et responsable scientifique du projet, a explicité les principales questions de l'étude qu'il posera aux éléphants : « Combien de territoires avez-vous dans cet environnement ?

Quel itinéraire privilégiez-vous entre ces différents territoires et pourquoi ? Quelles sont les menaces auxquelles vous êtes confrontés sur ces territoires stratégiques et sur les routes que vous empruntez ? Combien de familles (sous-populations) vivent sur ces territoires ?

Comment les humains peuvent-ils vous aider ? Et pour finir, comment pouvez-vous aider les humains avec l'écotourisme, afin de contribuer également à leurs moyens de subsistance ? »

Et pour mettre l'accent sur la dernière question, Daniel Leturesh, Président de l'Olgulului-Ololarashi Group Ranch, un élevage collectif très étendu de la communauté Massaï qui entoure le parc d'Amboseli, a observé que partager les revenus et les avantages, que ce soit entre le gouvernement et la communauté, entre les entrepreneurs privés ou avec les ONG, est la clé pour sécuriser l'« espace » dont il est question.

Paul Ntiati, vice-gouverneur du comté de Kajiado dont fait partie Amboseli, a retenu l'attention de l'auditoire en déclarant : « Attendons de voir ce que les éléphants nous diront, et nous appliquerons alors leurs recommandations (celles des éléphants) ».

L'invité d'honneur de l'évènement, le professeur Geoffrey Wahungu, directeur général de l'Autorité nationale de gestion de l'environnement (NEMA) du Kenya, a insisté sur le fait que les acteurs d'Amboseli avaient l'opportunité de présenter Amboseli comme un modèle en matière de conservation et de développement. Il leur a également demandé d'être les premiers au Kenya à fournir un plan de gestion du sous-comté, en instaurant le Plan de gestion de l'écosystème d'Amboseli (AEMP), pour lequel il avait imposé un moratoire d'un an en février 2013, suspendant ainsi tout nouveau développement contraire au plan.

Il a révélé qu'il allait s'intéresser vivement à l'écosystème d'Amboseli car il avait travaillé dans la région par le passé, et que pour lui, « il s'agit plus d'une quête personnelle que d'un projet institutionnel ».

Pour conclure la réunion, le directeur régional d'IFAW, James Isiche, a annoncé qu'IFAW allouait une subvention de 35 000 dollars US pour l'instauration de l'AEMP, en rappelant à l'auditoire que « les changements sont inévitables, nous devons donc les prévoir et les gérer, sans cela, ils nous imposeront leurs contraintes ». L'AEMP est un outil proactif pour gérer les changements au sein de l'écosystème et du paysage.

Le troisième partenaire de cette étude sur les éléphants est le Kenya Wildlife Service (KWS), représenté par Ann Kahihia, directrice adjointe, et par le Dr Shadrack Ngene, coordonnateur du programme sur les éléphants. Ils ont déclaré que l'initiative conjointe de la SFS, d'IFAW et du KWS s'inscrit dans la stratégie globale du Kenya à propos des éléphants, et ont salué la NEMA pour le moratoire et l'opportunité d'instaurer l'AEMP.

La réunion a été l'occasion pour tous les acteurs pouvant jouer un rôle dans l'écosystème – le gouvernement national à travers le KWS et la NEMA, le gouvernement du comté à travers le vice-gouverneur, les propriétaires terriens à travers le Président et coordonnateur de l'Amboseli Ecosystem Trust, unité qui supervisera la mise en œuvre de l'AEMP, et le secteur privé représenté par IFAW – de renouveler leur engagement à faire d'Amboseli un habitat sûr et viable pour les éléphants en adoptant des politiques qui amélioreront le bien-être des animaux et des hommes.

Des moments forts attendent Amboseli, ses éléphants et les communautés qui partagent ce précieux espace avec eux.

Steve Njumbi

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