Massacre de l’éléphant Satao au Kenya : réagissons !

Satao, l’éléphant mâle emblématique du parc national de Tsavo East au Kenya, a été massacré par des braconniers. Image : Mark Deeble et Victoria Stone, www.markdeeble.wordpress.com

Il y a environ deux semaines, Satao, l’éléphant mâle emblématique de la réserve de Tsavo, a été abattu par des braconniers. Cette mort tragique illustre toute la détresse des éléphants du Kenya et du reste du continent africain, décimés jour après jour pour satisfaire l’avidité obscène et effrénée des acheteurs d’ivoire.

Avec une population en déclin constant, les éléphants pourvus de longues défenses ne passent pas inaperçus à Tsavo. Il n’est donc pas surprenant qu’ils suscitent à la fois émerveillement et inquiétude aux rangers qui peinent à assurer leur sécurité et celle des autres éléphants. Ils sont aussi très appréciés des guides touristiques, qui ne manquent pas de les montrer aux visiteurs du parc lorsque l’occasion, souvent rare, se présente à eux.

En marque d’affection, les éléphants reçoivent de petits noms attribués selon leurs traits distinctifs, physiques ou comportementaux. Mais, tout comme les Hommes, certains éléphants nous marquent plus que d’autres.

Les rangers du parc national de Tsavo East et tous ceux qui ont eu la chance de connaître Satao ont probablement été très affectés par sa mort. 

À Tsavo, l’extinction progressive des éléphants à longues défenses s’explique par leur histoire entachée de sang : dans les années 70 et 80, ces pachydermes étaient systématiquement abattus par les braconniers, si bien qu’en dix ans à peine, la population est passée de 40 000 à environ 5 000 individus !

Tandis que je pleure en silence la perte de cet éléphant exceptionnel, je ne peux m’empêcher de craindre un retour aux massacres des années 70 et 80. Depuis plus de deux décennies, les éléphants de Tsavo connaissent une paix relative. Mais la mort de Satao nous rappelle que les rares éléphants à longues défenses encore en vie, tout comme les autres membres de l’espèce, ne sont pas à l’abri du danger, ni à Tsavo, ni ailleurs.

Cet événement, aussi tragique soit-il, doit servir de signal d’alarme pour les Kényans, pour les défenseurs des droits des animaux et pour tous les habitants de la planète. Avec plus de 35 000 éléphants tués chaque année, la triste perspective d’une extinction de l’espèce sous nos propres yeux ne relève plus de l’imaginaire.

Déployons-nous vraiment tous les efforts possibles pour stopper le massacre des éléphants ? Est-il déjà trop tard pour réagir ? Je suis personnellement convaincu qu’il est encore temps de se mobiliser ! Avant tout, mettons un terme à la vente d’ivoire, dont la valeur sur le marché condamne les éléphants à une mort certaine.

L’extinction des éléphants est imminente, il est grand temps d’agir ensemble au niveau local et sur la scène internationale pour sauver leur espèce avant qu’il ne soit trop tard.

Et je ne parle pas d’organiser une autre conférence pour débattre de la détresse des éléphants dont nous avons déjà tous conscience ; il nous faut désormais apporter une aide concrète à ceux qui risquent leur vie pour protéger ces animaux sur le terrain. Vous pouvez me croire, les rangers auraient bien besoin d’un petit coup de pouce.

Les membres d’IFAW œuvrent pour protéger les éléphants par le biais d’initiatives anti-braconnage sur le terrain dans des régions comme Tsavo.

IFAW et ses partenaires se mobilisent également au Kenya pour inciter les magistrats, les procureurs et l’ensemble du système judiciaire à renforcer les procédures pénales et à s’assurer que tout individu reconnu coupable de crime contre la vie sauvage purge sa peine de prison. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle loi plus sévère adoptée au Kenya et vise à faciliter sa mise en application.

Nous intervenons dans les pays de l’aire de répartition des éléphants et dans les pays consommateurs d’ivoire, principalement en Asie, afin de trouver des solutions pour mettre fin au trafic et à la demande en produits dérivés de l’ivoire.

Rejoignez-nous dans notre combat.

Cette soif d’ivoire est responsable de la mort tragique de Satao.

-James Isiche
 

Faites un don pour aider les équipes d’IFAW à lutter contre le braconnage.

Pour lire le récit de la mort de Satao conté par Mark Deeble, réalisateur de films sur la vie sauvage, suivez ce lien (en anglais) : http://markdeeble.wordpress.com
 

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Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
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Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
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