Lumière sur le parc d’Amboseli : à un tournant de son histoire, la communauté Massaï a besoin de votre aide

Face à un monde qui change à toute allure, la communauté Massaï du Parc d’Am Face à un monde qui change à toute allure, la communauté Massaï d’Amboseli se trouve à la croisée des chemins: doit-elle s’adapter pour survivre ou ignorer le changement au risque de disparaître.

Les communautés Massaï étaient traditionnellement des bergers nomades. Ils survivaient exclusivement grâce à leurs troupeaux de moutons et de chèvres en se déplaçant régulièrement pour trouver de nouveaux espaces où faire paître leurs troupeaux. Il y avait de la place pour tous, y compris pour la faune sauvage.

Ils avaient appris à vivre avec la faune sauvage et ne chassaient qu’exceptionnellement, pour se défendre ou pour alimenter l’étoffe héroïque des guerriers Massaï, peu nombreux toutefois, aux yeux de leurs pairs en chassant le lion à l’aide de lances longues de près de deux mètres.

Depuis les années 1980, la population et la taille des troupeaux ont augmenté au fil des décennies et l’exploitation de la terre a évolué, avec l’introduction de l’agriculture notamment.

La faune sauvage a alors vu son habitat se réduire comme peau de chagrin, dans un contexte de fragmentation accrue des terres de l’écosystème d’Amboseli.

Sont apparus par conséquent une dégradation des terres, une détérioration de l’habitat, la dégradation de l’état de santé du bétail, très vulnérable face aux sécheresses et aux maladies et enfin, un appauvrissement radical de la communauté Massaï, qui doit désormais compter sur les deniers publics et les dons pour faire face aux périodes de sécheresse.

C’est un changement radical.

Aucune exploitation du parc Amboseli n’a été épargnée.

La communauté Massaï reconnaît désormais la faune comme partie intégrante de son héritage. Elle s’organise pour protéger ce patrimoine qui en retour devrait générer des revenus grâce aux activités touristiques.

Située dans la zone sud de Kajiado qui occupe 147 779 hectares, et riche de 11 475 membres officiellement recensés, la communauté de l’Olgulului-Ololorashi Group Ranch (OOGR) constitue une priorité pour l’action d’IFAW.

L’OOGR est le moteur de l’écosystème d’Amboseli, vaste de 5 700 km² et délimité par six exploitations collectives. Le parc d’Amboseli, taillé dans cet espace il y a environ 40 ans, abrite aujourd’hui 90 % de l’écosystème global.

L’écosystème d’Amboseli constitue une ressource vitale non seulement pour le parc mais aussi pour le développement et le déplacement des espèces qui y vivent. Ainsi cet espace protégé peut se régénérer pendant les périodes de pluie et créer des réserves alimentaires.

Consciente de ce phénomène, la communauté de l’Olgulului-Ololarashi a mis en œuvre un programme de conservation et de développement. Celui-ci organise le territoire de manière à aménager des corridors pour la faune sauvage et un espace de conservation de la faune sauvage.

L’objectif du projet est de faire des activités économiques liées à la faune sauvage une nouvelle source de revenus.

Au-delà du programme de développement, l’OOGR a mis en place une unité de protection de la faune sauvage qui vise à mettre un terme à l’escalade des conflits entre les hommes et les animaux et à créer un climat de sécurité pour les animaux, les membres de la communauté et les touristes.

Cette initiative démontre que la communauté Massaï reconnaît la faune sauvage comme partie intégrante de son patrimoine qu’elle s’engage à la protéger tout en développant des activités touristiques qui lui permettront de générer des revenus.

Alors que les Massaï s’engagent dans cette voie, il est nécessaire que leurs éclaireurs bénéficient d’une formation adaptée afin d’améliorer la gestion et la sécurité des ressources naturelles à l’échelle locale.

Les Massaï reconnaissent la faune sauvage comme une ressource naturelle qui, lorsqu’elle est bien traitée, possède une valeur ajoutée capable d’accroître leur bien-être socio-économique.

C’est dans ce contexte que des anciens de la communauté Massaï ont affirmé au mois de juillet, lors d’une rencontre au siège du Kenya Wildlife Service dans le Parc d’Amboseli :

« Pendant les périodes de sécheresse, notre peuple meurt de faim. Nous devons mettre à profit cette ressource que Dieu nous a confiée mais il faut que l’on nous montre comment faire. Les membres de la communauté Massaï ne sont pas des commerçants. Ce sont des bergers et ils ne connaissent rien au tourisme. Nous avons envie d’apprendre et d’acquérir les compétences nécessaires qui nous permettront de vivre du tourisme. »

De fait, si l’agriculture et l’élevage du bétail demandent un investissement humain considérable, la faune sauvage, elle, n’a besoin que d’espace et de sécurité pour prospérer.

Les membres de la communauté de l’OOGR ont décidé de s’engager dans la voie du changement et de protéger les éléphants comme ils protègent leurs propres troupeaux. Ils lancent aujourd'hui un appel pour former et équiper leurs éclaireurs afin qu’ils acquièrent les connaissances et l’autorité nécessaires pour protéger ce patrimoine mondial comme il se doit.

Le Fonds international pour la protection des animaux est prêt à soutenir activement ce projet. Pour cela, nous avons besoin de votre aide.

--BT

 

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Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
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