Les baleines bleues affluent dans les couloirs de navigation à proximité du Sri Lanka

En suivant la trace de ces baleines, nous pourrons déterminer s’il est possible de déplacer le couloir de navigation plus au large afin de réduire les risques de collisions entre les navires et cette espèce menacée.Quelques semaines seulement après le début de nos recherches au large du sud du Sri Lanka, nous avons déjà observé plus de 40 baleines bleues.

En mer, dans le bateau de la Raja and the Whales, une entreprise locale spécialisée dans l’observation des baleines, il nous arrive souvent de croiser un immense porte-conteneurs et, l’instant d’après, le jet d’eau caractéristique d’une baleine bleue.

Avant de commencer notre mission de surveillance, nous savions que la zone de navigation des bateaux chevauchait celle de l’habitat des baleines, mais ce n’est qu’une fois sur place que nous avons pleinement pris conscience de l’espace que les hommes et ces mammifères se partagent.

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Pour nous, l’observation de ces imposants cétacés est évidemment source de joie et d’émotion. Nous avons la chance de les voir remonter à la surface pour respirer puis de nouveau plonger dans les eaux profondes d’un coup de leur magnifique nageoire caudale, le tout avec cette élégance qui les caractérise.

Cependant, nous nous inquiétons également beaucoup pour ces baleines, car elles vivent tout près de navires géants qui risquent de les blesser à tout moment, sans même le savoir ni avoir le temps de modifier leur trajectoire.

En suivant la trace de ces baleines, nous pourrons déterminer s’il est possible de déplacer le couloir de navigation plus au large afin de réduire le risque de collisions entre les navires et cette espèce menacée. Actuellement, le couloir s’étend à proximité du littoral et environ 150 navires l’empruntent chaque jour.

Notre champ d’observation couvre les zones côtières, où affluent actuellement les baleines et les navires, ainsi que les zones en mer. Pour le moment, les navires ne circulent guère au large mais, si nos recherches prouvent qu’aucune baleine ou presque ne s’y trouve, ils pourraient être amenés à y naviguer.

Jusqu’ici, les résultats des observations que nous avons pu conduire dans les couloirs de navigation ou près des côtes sont déjà très convaincants, bien que non officiels pour l’instant.

La nageoire caudale d’une baleine bleue a été aperçue par l’équipe de recherche d’IFAW basée au Sri Lanka. c. IFAW

Nous avons vu des photos accablantes de baleines bleues gravement blessées par les collisions. Certains de ces mammifères meurent quasiment sur le coup, tandis que d’autres souffrent de lésions irréversibles. Toutefois, depuis que nous sommes ici, nous n’avons pas encore été confrontés à de telles situations.

La Raja and the Whales connaît la région et ses baleines comme sa poche. Il était donc le partenaire idéal pour mener à bien notre projet et, au cours des longues journées de surveillance que nous passons en mer, nous avons tout le temps nécessaire pour réfléchir à la meilleure façon d’aborder le problème.

Nos recherches se poursuivront jusqu’au mois d’avril. Depuis le début de notre expédition, les vents ont été particulièrement forts – ce qui est inhabituel à cette période de l’année. Notre travail en pâtit et se révèle plus difficile que prévu, notamment dans les zones d’observation les plus exposées.

Nous espérons que le temps sera plus clément à l’avenir et sommes impatients de pouvoir rassembler plus de données. Ce travail crucial nous permettra de trouver une solution pour sauver les baleines bleues des collisions avec les navires dans la région.

Susannah Calderan

Pour en savoir plus sur le travail d’IFAW pour protéger les baleines et leur habitat rendez-vous sur notre page de campagne.

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