Le Tchad dévoile son plan de protection des éléphants à New York, 4 questions/réponses

Dans ce bref entretien avec Céline Sissler-Bienvenu, directrice France et Afrique francophone , Paul Todd, directeur de la Planification des politiques et programmes internationaux d'IFAW nous parle de la situation au Tchad en quatre questions/réponses.

Le président du Tchad, Idriss Deby Itno, a envoyé une invitation à New York cette semaine.PT : Les éléphants du Tchad ont été durement touchés par le braconnage ces dernières années, en particulier dans le parc national de Zakouma. Quelle est la situation sur le terrain, actuellement ?

CSB : C'est difficile à savoir avec certitude. Actuellement, il y a une région où un grand nombre d'éléphants se sont regroupés, mais elle se situe hors des territoires protégés.

Le gouvernement y a déployé des soldats pour assurer une certaine protection aux éléphants et les surveiller, donc il existe un minimum de vigilance et ils sont en sécurité pour le moment. 

Le parc national de Zakouma est également sous contrôle, car l'APN (réseau African Parks Network) y est présent. Mais, comme on l'a déjà constaté, la situation peut évoluer rapidement. 

PT : Que savons-nous des braconniers ? Sont-ils de la région, ou viennent-ils d'autres pays ?

CSB : Cela dépend vraiment de la période de braconnage et de la région. Nous savons que le massacre d'éléphants le plus récent a été perpétré par des braconniers soudanais affiliés aux Janjawids, mais des incidents antérieurs avaient été principalement causés par des braconniers tchadiens.

En général, nous pensons que les braconniers soudanais et tchadiens se mélangent, mais nous avons besoin d'en savoir plus sur ces personnes, qui elles sont et comment elles opèrent. Nous avons aussi besoin de plus d'informations sur ceux qui les soutiennent et sur les grands réseaux de trafic d'ivoire avec lesquels ils travaillent, dans le pays et à l'étranger. 

PT : IFAW a déjà appelé le Tchad, le Cameroun, la RCA et d'autres gouvernements à coopérer pour stopper le braconnage saisonnier dans toute l'Afrique centrale. Qu'a fait le Tchad, et que reste-t-il à faire pour protéger les éléphants dans ce pays ?

CSB : Le gouvernement tchadien a vraiment intensifié ses efforts et le président Idriss Deby Itno prend la tête des actions en Afrique centrale. Récemment, le gouvernement a annoncé une politique de tolérance zéro vis-à-vis du braconnage et du trafic d'espèces sauvages, et il s'est lancé à la poursuite des braconniers.

Nous espérons que cette volonté politique accrue se traduira par une hausse des ressources et des moyens sur le terrain. Nous attendons toujours de voir les changements s'ancrer plus profondément dans des régions telles que le parc national de Sena Oura, à la frontière camerounaise, et dans d'autres secteurs où vivent des éléphants.

Les rangers de ces régions ont besoin de soutien et d'équipements. L'an dernier, les gouvernements du Tchad, du Cameroun et de la RCA (République centrafricaine) se sont réunis et ont rédigé un projet de protocole qui permettrait des opérations transnationales de lutte contre le braconnage, mais ce protocole n'a pas encore été signé et mis en œuvre.

Ils doivent passer à l'étape suivante, car les patrouilles mixtes capables de se déplacer d'un pays à l'autre sont le seul moyen de poursuivre les braconniers et de les empêcher de tuer des éléphants. 

PT : Aujourd'hui, le président Idriss Deby Itno va annoncer à New York le lancement d'un nouveau plan national de protection des éléphants. Pourquoi est-ce important, et que peut-on faire dans le monde, pour aider ?

CSB : Les gens du monde entier doivent savoir ce qui arrive aux éléphants et à d'autres espèces animales au Tchad et dans le reste de l'Afrique centrale, c'est pourquoi cette annonce faite aux Nations Unies est une bonne chose. Il est impossible de savoir où l'ivoire des éléphants tués au Tchad va se retrouver : on ne devrait jamais acheter d'ivoire, quel que soit notre pays.

Surtout, les gouvernements du Tchad et d'autres pays ont besoin de moyens accrus et de soutien pour faire cesser le braconnage et le trafic de l'ivoire, et c'est là que les sympathisants d'IFAW peuvent intervenir. Nous contribuons à fournir ces moyens au Tchad et à d'autres pays, mais nous ne pourrions pas le faire sans leur générosité renouvelée envers notre travail.

Paul Todd

Pour plus d’informations sur les efforts d'IFAW pour protéger les éléphants et autres espèces sauvages contre les criminels, rendez-vous sur la page Internet de notre campagne.

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Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone
Directrice France et Afrique francophone
Dr. Cynthia Moss, IFAW Elephant Expert
IFAW Experte éléphants
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Directrice régionale Asie
James Isiche, Directeur régional Afrique de l’Est
Directeur régional Afrique de l’Est
Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
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Peter Pueschel, Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW